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Laÿana Tsiambanilaza

Depuis toujours, je me sens guidée par l'écriture. Je me suis souvent penchée, dans diverses langues, à comprends la magie de celle-ci. Je trouve que c'est le meilleur voyage que nous puissions connaître à travers toutes les personnes que nous croisons et avec qui nous conversons.

Cependant, je n'ai jamais osé coucher sur le papier cette vie qui est en moi. Je ne compte pas devenir une auteure reconnue, peu importe le talent de l'écrit que j'ai et que j'aurai. Je désire simplement partager et découvrir ce monde qui est commun, qui nous fait tant rêver et voyager là où peu de gens osent s'aventurer.

Alors, écrivons et partageons.

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œuvres
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défis réussis
12
"J'aime" reçus

Œuvres

Laÿana Tsiambanilaza

* Dans l'histoire ci-dessous, vous tomberez sur des mots séparés d'un trait d'union, cela est fait exprès pour marquer le trouble du langage de Christelle lié à son AVC. Bonne lecture à tous! :) *

– Ex-cu-sez m-oi, sau-ri-ez vous me dire où se trou-ve la rue du Bré-sil?
– Je suis vraiment désolée, je ne sais pas où cela se trouve.
– Je suis vr-aim-ent perd-ue, j'ai be-soin d'ai-de.
Assise sur un banc à l'arrêt de Gaulle, j'écoutais vaguement cette conversation qui n'a pas duré très longtemps. Je lisais un livre sur les civilisations celtiques, il était 19h30 lorsque les faits se sont produits. J'attendais le tram B, qui devait arriver dans 7 minutes. La femme qui demandait son chemin, s'arrêta à deux pas de moi en disant:
– Mais à qui vais-je dem-andé ce-la? dit-elle à haute voix.
Je la sentais perdue, déboussolée comme si elle venait de vivre un choc. Quelque chose dans sa voix trahissait son émotion intérieure. Je ressentais de la tristesse et beaucoup de solitude. Je décida de la laisser venir à moi, j'aime quand les autres viennent me demander de l'aide. M'imposer ne ferait que la faire fuir et sans doute mal. J'ignore dans quelle situation exacte elle se trouvait cependant, la femme ne voulait de mal à personne. Beaucoup autour de moi s'en écartaient et souhaitaient ne pas être sollicité par elle. Qu'avait-elle de si repoussant pour ne pas pouvoir être aidée. Je ne pus m'empêcher de rencontrer ses yeux, d'un bleu clair rayonnant d'un gris drôlement apaisant, qui étaient en contradiction totale avec le timbre de sa voix. Son visage rappelait celui d'une très belle jeune femme qu'elle fut autrefois, dans ses traits on pouvait encore y déceler des traces de cette beauté. Son nez était aquilin, petit, une fine bouche dessinait ce visage et de hautes pommettes saillantes rehaussaient ce regard intense en émotions. Ses cheveux étaient défaits, sa veste bleue légèrement abîmée, le personne devait avoir un âge aux alentours de 60 ou 70 ans. Sa peau trahissait son âge, ce qui rendait difficile de deviner le nombre de printemps qu'elle avait réellement. Elle portait un pantalon brun, un sweater bleu marine et des baskets rouges. Un sac se trouvait dans sa main gauche et un mouchoir dans l'autre.
– S'il vous pl-aît, pou-vez vous me dire où se trou-ve la rue du Bré-sil? Je me suis per-due. On m'a dit que c'ét-ait à côté du thé-âtre d'Orl-éans, me dit-elle en me regardant droit dans les yeux.
– Bonsoir, lui dis-je posément.
– Bon-soir, répondit-elle presque apeurée.
– Je peux vous aider mais il me faudrait l'avis d'un conducteur de tram, il saurait me donner un itinéraire plus simple pour y aller en transport.
– Vous ê-tes genti-lle mad-ame, je vous rem-erc-ie pour votre ai-de.
– Je vous en prie c'est normal, asseyez-vous pendant que nous attendons le tram.
– Le tram est là, me répondit-elle avec un timbre joyeux.
Que de monde sur ce quai! Les gens allaient et venaient sans prendre garde aux multiples bousculades que nous recevions elle et moi. Je tentais de me diriger vers la cabine de la conductrice et je ne pu y aller. Il y avait trop de personne dans le véhicule. Alors je suggérai ceci à la nouvelle compagne de voyage:
– Je vous prie de bien vouloir m'excuser, nous ne saurions avoir des renseignements. Il nous faudra marcher. Est-ce qu'avec votre jambe vous allez pouvoir marcher longtemps ?
– Oh oui, oui, je vi-ens avec vous!
Elle me prit le bras de sa main gauche et je fus, soudainement, envahi de sa tristesse. Les larmes me montaient aux yeux et je ne comprenais pas tout de suite ce qui se passait. Sa main était la tendresse d'une mère, qui a beaucoup souffert mais tant donné à ses enfants. Je ne réalisais pas encore que le récit que cette femme allait me faire changerait mon cœur. "Non! Il me faut garder mon sang froid, ce n'est pas à elle de m'aider!" me dis-je avec conviction pour cacher cette émotion profonde qui me troubla sur l’instant. Alors, nous nous dirigeâmes vers la place Rouge où est érigée la chère Jeanne d'Arc. Intriguée par sa démarche et pour entamer une discussion, je lui posai cette question:
– Que vous est-il arrivé? Comment se fait-il que vous boitez ainsi ?
– J'ai eu un A-AVC il y a quel-ques an-nées, m'avoua t-elle. C'est ce qui fait que j'ai di-ffi-cile - pa-rler av-ec les au-tres et que je s-uis mal com-prise.
– A quoi cela est dû ? C'est rare à votre âge, sans vouloir vous offensé, d'avoir un AVC sans raison, répondis-je inquiète et étonnée à la fois.
"C'est drôle comme ce petit bout de femme arrive à m'attendrir, il y a quelque chose en elle qui me parle fortement. Ce n'est pas parce qu'elle est à la rue qu'elle me touche. Il y a autre chose, mais quoi?" me demandai-je en attendant sa réponse.
Avec lenteur, elle m'avoua qu'elle avait fait des erreurs passées et que pour le moment, elle dormait chez deux amis qui buvaient beaucoup. Son espace de vie était réduit mais elle avait de quoi manger et de quoi dormir. Cependant, je senti sur elle une odeur d'urine que je ne perçu pas tout de suite. Je devinais, avec beaucoup de peine, qu'elle n'avait sans doute pas changé ses vêtements.
– A cause de leur fa-çon de vi-vre, je suis to-mbée dans l'al-cool très vi-te. J'ai eu beau-coup de pro-blè-mes qui n'ont pas fa-cilité ma vie.
Cela me rappelait des expériences que j'ai vécue aussi dans ces mêmes conditions, à savoir la solitude et la déprime. Je m'étais amouraché d'un homme qui ne m'aimait pas, qui était indifférent aux sentiments que je pouvais ressentir et se pensait plus intelligent que les autres. Ce fut dans ces moments-là que je ressentais sa douleur. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises.
– Avez-vous de la famille ici ? lui demandai-je timidement après un silence d'une petite minute.
– Mes enf-ants sont tous à Ang-ers, dit-elle avec tristesse. "Aïe! J'ai sans doute touché une corde sensible, quelque chose s'est passé avec eux. Je m'en veux de manquer autant de tact envers elle, je la sens fragile" me dis-je en mordillant ma lèvre supérieure.
– Savent-ils comment vous allez actuellement? Dans quelles conditions vivez-vous ?
– Non et j'en ai honte, dit-elle en ayant les larmes aux yeux. Vous savez, les en-fants c'est in-grats.
– Cela dépend de la manière dont vous leur avez apporté l'amour dans leur vie ainsi que le cadre de vie dont ils ont eu besoin.
Finalement, nous nous sommes retrouvé à l'avenue Jean Zay. Bras dessus dessous, nous continuons de parler de sa vie. Je ne lui parlais pas beaucoup de moi, je sentais en elle le besoin de parler et d'évacuer certaines tensions présentes en elle. Des gens que nous croisions nous regardaient très étrangement, comme si nous sortions elle et moi d'une histoire hors du commun. Pourtant, à mes yeux, cette situation était "normale" et humaine, c'est ce qui comptait. Une fois arrivés tout juste devant le théâtre, je me dis d'arrêter un couple afin de voir leur réaction concernant une petite question. Je voulais savoir jusqu'où je pouvais aller avec ma présence. A notre vue, la femme se serra plus fort contre son conjoint, comme si ma compagne de voyage et moi n'étions que de la poisse. Ses yeux se sont écarquillés et son teint était devenu très pâle. Il faut croire que les gens sont devenus de plus en plus froid envers leur prochain, remplir d'appréhensions et de haine pour la plupart.
– Bonsoir! Permettez-moi de vous arrêter un bref instant, je cherche juste cette rue : 4 Rue du Brésil. Pouvez-vous me l'indiquer s'il vous plaît?
– Nous ne sav..
– C'est juste la rue au prochain passage à piétons, près du carrefour qui se trouve juste ici, m'indiqua le jeune homme en coupant la parole à sa compagne.
– Je vous remercie, passez une excellente soirée, leur dis-je en allant chercher la femme qui était avec moi.
Je revins vers elle et lui indiquait la route à prendre. Je remarquais cependant un détail qui m'avait échappé: elle ne m'a jamais demandé de l'argent et m'a toujours parlé avec beaucoup de courtoisie. De temps à autre, elle me disait que j'étais mignonne hors il me semblais que ce n'était juste qu'un devoir de citoyen accompli: aider l'autre dans la difficulté. Une fois arrivée, je n'en revenais pas: elle vivait dans un refuge pour personnes sans abris. Intérieurement, je pris une sacrée claque. Mon univers allait changer et je l'ignorais jusqu'à ce qu'elle me dise ceci:
– Je suis une ma-nou-che , une fem-me du voy-a-ge. Je vous ai-me bi-en, j'ai-me-rais vous re-voir mais co-mment fai-re?
– Je reviendrai vous voir quand je saurai, il me saura plus facile de passer quand je ne travaille pas. – D'accord, répondit-elle à voix basse.
Elle franchit le pas de la porte, la tête haute malgré tout ce qu'elle m'a dit au début de la conversation et j'osais lui demander, comme dans dernier un élan ou l'espoir de trouver quelque chose:
– Quel est ton prénom?
– Christ-elle, co-mme le Christ. Et le tien?
– Laÿana, je suis ravie de t'avoir croisée seine et sauve cette nuit, lui dis-je le cœur serré.
Elle me sourit et parti dans sa chambre, accompagnée d'un gardien qui faisait l'accueil. C'est là, à cet instant précis que je réalisais tous les mots échangés, la force qu'elle y avait mis, l'intensité de son regard et de sa gestuelle n'y étaient pas là par hasard malgré son handicap dû à l'AVC. Je réalisais également la chance de l'avoir rencontrée, simplement, sans me demander pourquoi et comment une relation pareille pouvait exister. Je ne jouais plus aux probabilités que j'aurais pu employer pour mieux la cerner. J'étais vidée, pas à cause de la dure journée que j'ai eue mais dû aux événements que je venais de vivre. Pour ma part, je continuais ma route sur l'avenue Jean Zay jusque chez moi. En réalité, mon corps avait compris les subtilités du langage de cette Christelle, elle avait marqué mon esprit et m'avait fait ressentir son être sans forcément tout dire. Soudainement, je me mis à pleurer, les larmes ne pouvaient plus rester cachées au fond de ce palpitant qui avait vécu tant d'émotions. Mon corps et mon esprit la ressentait encore, je ne savais dire comment une femme sans "rien" d'apparence pouvait autant dégager d'elle en si peu de temps.
C'est dans ces moments-là qu'il est possible de voir l’étincelle en chacun de nous, de voir ce qui est invisible aux yeux mais visible au cœur car lui seul sait le chemin. Pour ma part, je ne me sentais nullement en danger avec cette personne et si je devais la recroiser exactement dans les mêmes conditions ou des différentes, je serai prête à l'aider de nouveau.
Événement vécu à l'arrêt de Gaulle, à 19h30 le 06 novembre 2021.
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Laÿana Tsiambanilaza

Si vous regardez de près un oignon, vous découvrirez avec merveille que ce légume est simple. Simple diriez-vous ? Je n'en suis pas si sûre... Laissez-moi vous expliquer.
Un oignon, tout comme la Terre, a plusieurs couches. Et sous ses divers couches, se cachent des atomes, des pelures, des odeurs, des peaux transparentes, des rayures, ... De quoi nous faire pleurer de rire!
Si vous observez bien cet oignon, vous vous rendrez compte qu'il est tout aussi complexe de par sa forme et de par ses compositions chimiques, de par les textures et de par la richesse de ses couleurs. Cependant, nous ne voyons pas ce qui peut être petit.
Parfois, nous voulons l'infiniment grand, l'immensité d'un espace mais... ne recherchons-nous pas aussi l'origine de cet univers immense à travers l'image de cet oignon? Plus nous voulons éplucher l'oignon plus nous trouverons l'immensément petit... qui rejoint sans doute l'immensément grand.
Ainsi, nous avons trouvé l'origine de l'univers infini :).
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Laÿana Tsiambanilaza

La porte de sa cuisine s'ouvrit en grand. Un fracas venait de le surprendre, Isaac le grand chasseur de Lycan!
Il comprit dès lors dans quelle impasse celui-ci se trouvait: seul, une arme à poing sur la table encerclé de Lycan et le clair de Lune face à la fenêtre direction Est.
"Pas le choix faut y aller Issac, ton meilleur pote est sans doute dedans" se dit-il avec rage. "Mon pauvre ami, John, qu'as-tu donc fait ? Pourquoi as-tu céder à ce mal?"
En une fraction de seconde, une Lycane se rua sur le jeune homme telle une féline agile ayant la puissance de deux lions prêts au combat. Rien ne paraissait lui barrer la route.
- "Maudite bête, tu vas rejoindre tes ancêtres, dans le fin fond des Enfers!" hurla Isaac.
Il prit l'arme sur la table et tira entre les deux yeux de celle-ci. Une balle d'argent fila dans les airs, touchant le centre du cristallin droit de la Lycane allant jusqu'au cerveau de la bête. Cette dernière s'écroula près de lui, sans aucun spasme. La mort fut rapide.
Sans faire attention, un autre Lycan, plus grand et fort sauta sur Isaac et grogna devant lui. Isaac au sol, commença à se sentir en danger. Lorsque la bête avait sauté sur lui, l'arme lui avait échappé des mains. Prit au pège, le corps à corps était inévitable.
Sous les éclats de la Lune, le chasseur vit les dents brillantes de son assaillant. De la bave jaunâtre coulait de sa gueule et une expression de haine animait le regard sombre de cet animal. Celui-ci portait autour du cou un médaillon qui était très familier à Isaac. La première lettre du prénom de son meilleur ami, gravé dans de l'or et offert par sa mère lorsqu'il était petit.
Réalisant qui il était, Isaac ne put retenir ses larmes devant cette bête qui fut autrefois son ami de toujours. Alors il vociféra:
- "Jhon, je sais qui tu es mais je ne peux te tuer! Reprends tes esprits!"
Mais Jhon ne l'écoutait plus, l'humain qui était en lui était déjà très loin derrière lui, caché dans des tas de souveirs qui se volatilisent secondes après secondes. Ne tenant plus, Isaac prit son courage à deux mains, prit un pied de biche caché sous la table de cuisine et frappa le Lycan en pleine tête. La bête grimaça et hurla de douleur, se retournant vers le mur tandis qu'Isaac se rue sur son arme à poing et commença à tirer. Il manqua sa cible.
Soudainement, le temps s'arrête, Isaac touché au cou. Il ne saisissait pas ce qui lui arrivait, le temps semblait infini. Isaac ne savait plus qui il était, l'animal sauvage venait de lui attribuer une morsure mortelle: celle d'une nouvelle amitié lycane pour l'éternité...
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