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Pasot

Marseille.

J'écris parce que j'aime bien voir ce qui sort de moi. Ces mots me représentent et pourtant ne m'appartiennent pas. Ils sont issues de l'inconscient collectif dont nous faisons tous partie, qu'on le croit ou pas. Ces histoires sont universelles, communes à chacun et pourtant si différentes par les canaux d'où elles s'expriment. l'univers est l'écrivain, nous sommes ses histoires. Tels des enfants, nous empruntons le chemin de nos parents. Nous les imitons et nous façonnons comme nous l'avons été. Ainsi soit l'auteur.

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œuvres
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"J'aime" reçus

Œuvres

Pasot
Effacer les erreurs passées. C'est la question que Sam se pose au volant de sa Peugeot alors qu'il se rend à un entretien important sous une pluie battante.
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Pasot

— L'adresse que vous m'avez donné, c'est bien la rue où se trouve la fameuse boite de jeu virtuel CORTEX ?
— C'est bien ça, reprit Roger en essayant de parler plus fort que le volume de la radio.
— Vous croyez vraiment que ce logiciel est dangereux ? lança de nouveau le conducteur à son encontre.
Absorbait par le débat, il ne répondit pas. Le différend qui opposait un concepteur de jeux et un représentant d’une association de parents émaillait la discussion de cris de protestation des participants. Selon les dires du programmeur, la polémique avait déjà fait son effet sur certains investisseurs qui menaçaient déjà de se retirer si la boîte n'offrait pas plus de garanties.
Le chauffeur de taxi klaxonna à l’encontre d’un motard qui le collait de trop près.
— Regardez-moi ça. Et après, ils disent que les automobilistes ne les respectent pas.
En le dépassant, le type sur sa bécane lui balança un doigt d’honneur. Le chauffeur lui rendit la pareille en exagérant grossièrement son geste.
— Vous savez, il paraît que ce software n’est pas très au point, reprit ce dernier en baissant le volume de sa radio.
— Ah bon ? demanda Roger en s’efforçant de cacher son agacement. Le ton familier de l’homme au visage bouffi lui donnait l’impression, avec ses cheveux gras plaqués à l’ancienne, de sortir tout droit d’une revue people des années seventies. Ce type passait son temps à l’observer par le rétro intérieur comme s’il essayait de décrypter son profil à travers ses questions nazes dont il connaissait déjà les réponses.
Depuis l’autre côté de sa vitre, la route semblait s’étirer d’une étrange manière. L’effet disparut subtilement lorsque le chauffeur reprit son monologue.
— Paraît que celui-ci serait géré par une sorte d’intelligence artificielle. Mon fils, qui est passionné de nouvelle technologie, s’est inscrit dernièrement à une liste des volontaires appelés à tester le jeu dans leurs locaux. Je lui ai conseillé d’attendre les conclusions sur l’enquête en cour concernant les effets de ce fameux logiciel d’immersion que tout le monde rêve d’avoir depuis l’annonce de sa sortie dans les jours à venir.
Le taxi changea brusquement de file.
— Pourquoi lui ai-je dit cela ? reprit ce dernier dans la foulée. La raison est que, récemment, un employé de la firme a divulgué à un rédacteur d’une revue de gameurs un rapport alarmant sur de possibles retombées nocives de l’application sur la psyché d’une certaine catégorie de personnes sensibles. La boîte aurait aussitôt réagi en diffusant un communiqué précisant que l’homme qui les montrait du doigt avait été limogé des mois plus tôt par la direction pour faute grave alors que le jeu n’en était qu’au stade de développement. Malgré le discrédit sur lui, le gars ne s’est pas laissé démonter. Sa version à lui est qu’il se trouvait encore dans les labos de test lorsque certains volontaires, auxquels il avait été assigné, auraient manifesté des symptômes d’hystérie à leur retour de la zone virtuel. Et deviner quoi ? Sur l’article qui relate ses confessions, on peut y lire ces quelques mots : ceux-ci hurlaient qu’ils n’étaient pas de ce monde. Qu’est-ce que vous en dites ?
Roger songea à la société qui concevait le jeu et avec laquelle il travaillait en free-lance en tant que… La nausée le reprit. Cette fois-ci, elle était accompagnée par un sentiment de décalage avec lui-même, ce qui le fit paniquer. Était-il en train de faire un malaise ? Il se pencha discrètement afin de ne rien laisser paraître, en espérant que cela passe vite. Une absence de quelques secondes vida sa conscience, et sa tête bascula soudain en avant sous l’effet d’un vertige effroyable. Roger s’agrippa aux bords de son siège, se redressa lentement et respira un bon coup.
— Monsieur ! Vous allez bien ? Le chauffeur le regardait, l’air inquiet.
— Oui, ça va, répondit-il le plus normalement possible tout en essayant de reprendre le cours de ses pensées. Il était question de CORTEX… (de nouveau un trou de mémoire, qui disparut aussitôt). Les médias ne parlaient que de cette affaire ces derniers jours. Tout un foin pour quelques divulgations d’un employé peu scrupuleux cherchant à se mettre au-devant de la scène.
Il pria intérieurement pour qu’ils ne lui demandent pas de courir derrière un volontaire qui aurait perdu la tête..
— Je pense que vous avais raison, répondit-il en espérant abréger la conversation. À la place de votre fils, j’attendrais les résultats de l’enquête tout en vérifiant si celle-ci est faite dans les normes avant d’essayer leur jeu.
Il ne se sentait pas mieux et avait la désagréable sensation de percevoir l’intérieur du véhicule avec d’autres yeux que les siens.
Ils arrivaient à la hauteur d'un large panneau publicitaire amarré sur le haut d’un pylône électrique au bout d’un croisement. Celui-ci arborait à grand renfort d’effets numériques les produits de CORTEX, ainsi que la direction à suivre pour s’y rendre. Il remarqua l’enseigne pour la première fois alors qu'il était souvent passé par cette route. Sanders avait sans doute dû mettre la main au portefeuille afin d'obtenir l’autorisation d’afficher à cet endroit.
Le taxi la dépassa et se rangea, quelques mètres plus loin, en face de l’entrée de la firme de jeu.
— Combien la course ?
Le chauffeur se retourna, un grand sourire aux lèvres.
— Vingt-cinq euros pour vous, mon ami.
Roger le paya sans dire un mot. Il lui tardait de sortir de cette caisse avec ce bourru qui l’asticotait.
— Vous travaillez ici ? Le type aux cheveux gras pointa son index vers l’enseigne en face de la rue
— Si je bosse pour eux ? Ben, il faudrait croire que oui. Cela vous cause un problème ? dit-il sur ses gardes, n'ayant aucune envie de justifier ses activités à un parfait inconnu.
— Pas du tout ! lâcha le chauffeur avec un regard malicieux, c’est que... le débat à la radio, et notre conversation...
— Ben, comme vous voyez, la vie est faite de coïncidences. Roger sortit d’un bond du véhicule et le remercia.
— Demander à votre patron si c'est vrai !
Roger, alors qu’il se dirigeait déjà vers l’entrée, se raidit, surpris par le caractère étrange de la question. Il se retourna brusquement au moment ou le taxi s’élançait déjà dans la circulation. Il l’observa s’éloigner sans rien dire, les sourcils plissés, essayant de comprendre comment celui-ci s’y était pris pour démarrer aussi vite.





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Pasot

Assis sur le rail de sécurité, il observait avec attention chaque détail de l’objet qui se trouvait à demi enfoui dans un réseau de tiges vertes à quelques mètres de ses pieds. Celui-ci lui semblait familier. Deux ou trois mouches virevoltaient gaiement autour sans jamais se poser dessus. Quelques rares voitures passaient devant lui. Une brise légère animait ces herbes folles qui poussaient ici et là, entre la route et le vide. C’était un jour calme ou il y avait très peu de circulation.
En cette fin d’après-midi, beaucoup se rendront vers le promontoire pour contempler le coucher de soleil, songea-t-il en se souvenant que lui-même faisait de même en un temps reculé.
À quelle heure était-il arrivé ? Il ne se le rappelait plus. Une phrase lui vint à l’esprit : sur le champ à l’écart brille la clé des mondes. Luc médita sur son sens pendant qu’il se retournait vers les vagues silencieuses qui s’écrasaient sur l’escarpement rocheux, en contrebas. Il se leva et s’agenouilla dans l’étendue de paille et de jeunes pousses verdâtres luttant contre le bitume.
Les couleurs de l’objet l’intriguaient. Vacillant entre bordeaux et rouille, tantôt net, tantôt terne, la peinture semblait changer d’aspect par rapport à l’angle où il l’observait. L’une des figures étranges qui décoraient sa surface, semblable à une flèche, pointait en direction d’une fleur au bouton oranger couronnée de pétales jaunes qui se trouvait à ses côtés. Une aura lumineuse pulsait autour de celle-ci comme une sourde respiration.
« Pourquoi es-tu toujours pensif ? lui demande-t-elle.
— J’essaye de comprendre, répondit Luc.
— Me trouves-tu belle aujourd’hui ?
— Comme à la première fois.
— J’aime quand tu me regardes.
— Je sais.
— Je t’aime.
— Moi aussi.
Luc aime Gaëlle ! Luc aime Janice ! » chantonna la fleur.
Elles me manquent. Mais maintenant, il faut que je rentre, songea-t-il avec une pointe de tristesse dans le cœur.
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Pour mon propre plaisir et pour celui d'être lu.

Listes

Avec Laissez-nous rêver ! Réflexions autour du scénario et de la construction du récit, Le Projet Lucy Warren...
Avec Les portes de l'inperception., Cauchemar, Un monde sans auteur, L'antimanuel pour écrire un livre [Essai]...
Avec L'ennemi invisible, "Un monde meilleur", L'Univers des Possibles, Les survivants, Micronouvelles (Préludes et croquis), L'ORIGINE DE NOS PEURS. 1- Esmelia...
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