Suivez, soutenez et aidez vos auteurs favoris

Inscrivez-vous à Scribay et tissez des liens avec vos futurs compagnons d'écriture.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de null

Pasot

Marseille.

J'écris parce que j'aime bien voir ce qui sort de moi. Ces mots me représentent et pourtant ne m'appartiennent pas. Ils sont issues de l'inconscient collectif dont nous faisons tous partie, qu'on le croit ou pas. Ces histoires sont universelles, communes à chacun et pourtant si différentes par les canaux d'où elles s'expriment. l'univers est l'écrivain, nous sommes ses histoires. Tels des enfants, nous empruntons le chemin de nos parents. Nous les imitons et nous façonnons comme nous l'avons été. Ainsi soit l'auteur.

16
œuvres
4
défis réussis
27
"J'aime" reçus

Œuvres

Pasot
Effacer les erreurs passées. C'est la question que Sam se pose au volant de sa Peugeot alors qu'il se rend à un entretien important sous une pluie battante.
10
3
37
25
Pasot

— L'adresse que vous m'avez donné, c'est bien la rue où se trouve la fameuse boite de jeu virtuel CORTEX ?
— C'est bien ça, reprit Roger en essayant de parler fort malgré le volume de la radio.
— Vous croyez vraiment que ce logiciel est dangereux ? lança de nouveau le conducteur à son encontre.
Absorbait par un débat houleux entre un concepteur de jeux et un représentant d’une association de parents qui se plaignaient de l'emprise des jeux sur leurs enfants, Roger ne répondit pas sur le coup. Selon les dires du programmeur, la polémique avait déjà irrités certains investisseurs qui menaçaient déjà de se retirer si la boîte n'offrait pas plus de garanties.
Le chauffeur de taxi klaxonna à l’encontre d’un motard qui le collait de trop près.
— Regardez-moi ça. Et après, ils se plaignent que les automobilistes ne les respectent pas.
En le dépassant, le type sur sa bécane lui balança un doigt d’honneur. Le chauffeur lui rendit la pareille en exagérant grossièrement le sien.
— Vous savez, il paraît que ce game craint au niveau mise au point, reprit ce dernier en baissant le volume de sa radio.
— Ah bon ? demanda Roger, agacé. L'homme au volant au visage bouffi passait son temps à l’observer par le rétro intérieur comme s’il essayait de décrypter son profil à travers ses questions nazes. Avec ses cheveux gras plaqués à l’ancienne, il semblait sortir tout droit d’une revue people des années seventies.
Au travers du pare-brise, la route sembla s’étirer et se ralentir devant lui. L’effet disparut subtilement lorsque dernier reprit son monologue.
— Paraît que celui-ci serait géré par une sorte d’intelligence artificielle. Mon fils, qui est passionné de nouvelle technologie, s’est inscrit dernièrement à une liste des volontaires appelés à tester ce jeu dans les locaux de CORTEX. Je lui ai conseillé d’attendre les conclusions d'analyses sur les effets de logiciel d’immersion qui fait fantasmer tout le monde depuis l’annonce de sa sortie prochaine.
Le taxi se faufila brusquement entre deux voitures d'une file.
— Pourquoi lui ai-je dit cela, reprit ce dernier dans la foulée. Ben, il paraît que, d'après l'article d'un rédacteur d’une revue de gameurs qui aurait récemment interviewé un employé de la firme, les dangers sur la santé mentale de certains participants seraient bien réels.
— Je vous laisse deviner la réaction des dirigeants de CORTEX.
— Dites-le-moi, dit Roger en haussant les sourcils.
— À la vu de cet article, paniqués, ils auraient aussitôt démentis en précisant que l'homme qui s'était prêté à cet interview ne travaillait déjà plus pour eux depuis des mois pour faute grave et qu'il n'aurait donc pas pu assister aux premiers tests, car le jeu n'en était qu'au stade de développement.
— Ah, c'est sûr que ça craint ! Quels menteurs ces gens-là
— Pardon ! Le chauffeur le regarda, éberlué.
— Non, rien, je pensais tout haut. Continuez.
Les yeux dans le rétroviseur le scrutèrent avec étonnement puis revinrent sur la route.
— Malgré ce discrédit sur lui, le gars ne se serait pas laissé démonter en prouvant qu'il se trouvait encore dans des locaux lors des premiers symptômes d’hystérie grâce aux paiements de ses derniers salaires enregistrés à sa banque. Comme quoi, ils y en a qui ne savent vraiment pas faire le ménage. Et deviner quoi ? Sur l’article qui relate les faits, on peut y lire ces quelques mots de l'intéressé, "ceux-ci hurlaient que ce monde n'était pas réel". Qu’est-ce que vous en dites ?
Roger songea à cette boite avec laquelle il travaillait en indépendant en tant que… La nausée le reprit. Cette fois-ci, elle était accompagnée par un sentiment de décalage avec lui-même, comme un malaise, ce qui le fit paniquer. Il se pencha discrètement afin de ne rien laisser paraître, espérant que cela passe vite. Sa tête bascula soudain en avant sous l’effet d’un vertige effroyable. Il s’agrippa aux bords de son siège, se redressa lentement et respira un bon coup.
— Monsieur ! Vous allez bien ? Le chauffeur le regardait, l’air inquiet.
— Oui, ça va, répondit-il le plus normalement possible tout en essayant de reprendre le cours de ses pensées. Il était question de CORTEX… (de nouveau une absence, qui disparut aussitôt). Les médias ne parlent que de cette affaire ces derniers jours. Tout un foin pour quelques divulgations d’un employé qui cherche un peu de lumière.
Il pria intérieurement pour qu'on ne lui demande pas, cette fois-ci, de récupérer un pétage de plomb.
— Je pense que vous avais raison, répondit-il, espérant abréger la conversation. À la place de votre fils, j’attendrais les résultats de l’enquête, voir si celle-ci est conforme aux normes avant de miser ma santé mental.
Il ne se sentait toujours pas mieux et avait la désagréable sensation de percevoir l’intérieur du véhicule avec d’autres yeux que les siens.
Ils arrivaient à la hauteur d'un large panneau publicitaire amarré sur le haut d’un pylône électrique au bout d’un croisement. Celui-ci arborait à grand renfort d’effets numériques les produits de CORTEX, ainsi que la direction à suivre pour s’y rendre. Il remarqua l’enseigne pour la première fois alors qu'il était souvent passé par cette route. Sanders avait sans doute dû mettre la main au portefeuille afin d'obtenir l’autorisation d’afficher à cet endroit.
Le taxi la dépassa et se rangea, quelques mètres plus loin, en face de l’entrée de la firme de jeu.
— Combien la course ?
Le chauffeur se retourna, un grand sourire aux lèvres.
— Vingt-cinq euros pour vous, mon ami.
Roger le paya sans dire un mot. Il lui tardait de sortir de cette caisse avec ce bourru qui l’asticotait.
— Vous travaillez ici ? Le type aux cheveux gras pointa son index vers l’enseigne en face de la rue
— Si je bosse pour eux ? Ben, il faudrait croire que oui. Cela vous cause un problème ? dit-il sur ses gardes, n'ayant aucune envie de justifier ses activités à un parfait inconnu.
— Pas du tout ! lâcha le chauffeur avec un regard malicieux, c’est que... le débat à la radio, et notre conversation...
— Ben, comme vous voyez, la vie est faite de coïncidences. Roger sortit d’un bond du véhicule et le remercia.
— Demander à votre patron si c'est vrai !
Roger, alors qu’il se dirigeait déjà vers l’entrée, se raidit, surpris par le caractère étrange de la question. Il se retourna brusquement au moment ou le taxi s’élançait déjà dans la circulation. Il l’observa s’éloigner sans rien dire, les sourcils plissés, essayant de comprendre comment celui-ci s’y était pris pour démarrer aussi vite.





3
6
3
41
Pasot

Assis sur le rail de sécurité, il observait avec attention chaque détail de l’objet qui se trouvait à demi enfoui dans un réseau de tiges vertes à quelques mètres de ses pieds. Celui-ci lui semblait familier. Deux ou trois mouches virevoltaient gaiement autour sans jamais se poser dessus. Quelques rares voitures passaient devant lui. Une brise légère animait ces herbes folles qui poussaient ici et là, entre la route et le vide. C’était un jour calme ou il y avait très peu de circulation.
En cette fin d’après-midi, beaucoup se rendront vers le promontoire pour contempler le coucher de soleil, songea-t-il en se souvenant que lui-même faisait de même en un temps reculé.
À quelle heure était-il arrivé ? Il ne se le rappelait plus. Une phrase lui vint à l’esprit : sur le champ à l’écart brille la clé des mondes. Luc médita sur son sens pendant qu’il se retournait vers les vagues silencieuses qui s’écrasaient sur l’escarpement rocheux, en contrebas. Il se leva et s’agenouilla dans l’étendue de paille et de jeunes pousses verdâtres luttant contre le bitume.
Les couleurs de l’objet l’intriguaient. Vacillant entre bordeaux et rouille, tantôt net, tantôt terne, la peinture semblait changer d’aspect par rapport à l’angle où il l’observait. L’une des figures étranges qui décoraient sa surface, semblable à une flèche, pointait en direction d’une fleur au bouton oranger couronnée de pétales jaunes qui se trouvait à ses côtés. Une aura lumineuse pulsait autour de celle-ci comme une sourde respiration.
« Pourquoi es-tu toujours pensif ? lui demande-t-elle.
— J’essaye de comprendre, répondit Luc.
— Me trouves-tu belle aujourd’hui ?
— Comme à la première fois.
— J’aime quand tu me regardes.
— Je sais.
— Je t’aime.
— Moi aussi.
Luc aime Gaëlle ! Luc aime Janice ! » chantonna la fleur.
Elles me manquent. Mais maintenant, il faut que je rentre, songea-t-il avec une pointe de tristesse dans le cœur.
1
0
0
20

Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

Pour mon propre plaisir et pour celui d'être lu.

Listes

Avec Laissez-nous rêver ! Réflexions autour du scénario et de la construction du récit, Le Projet Lucy Warren...
Avec Les portes de l'inperception., Cauchemar, Un monde sans auteur, L'antimanuel pour écrire un livre [Essai]...
Avec L'ennemi invisible, "Un monde meilleur", L'Univers des Possibles, Les survivants, Micronouvelles (Préludes et croquis), L'ORIGINE DE NOS PEURS. T1 : Esmelia...
0