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Shakespeare

Le pays imaginaire.
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Œuvres

Shakespeare
Salut toute la communauté de scribay. Je vous livre les deux premiers chapitres de mon premier livre publié récemment chez Edilivre. Vous pourrez vous le procurer sur le site au cas où il vous intéresse.
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Shakespeare



Chapitre 1              Cela faisait trois mois déjà que Pluie d'Etoiles parcourait le pays à la recherche de la reine. Trois mois depuis que Maitre Minuit leur avait annoncé la triste nouvelle: " La Reine Lune n'est plus. Le Maitre des Cauchemars a eu raison d'elle." Des mots terribles, annonciateurs de mauvais temps, sortis de la bouche d’une entité nimbée de mystère, dans la plus parfaite constance. Ce qui ne laissait guère de place au doute. Pourtant à ce jour,  parmi toutes les Nocturnes, seule Pluie d'Etoile continuait à croire que leur reine bien aimée était toujours en vie.
               Cette pensée la hantait. "Si elle avait été vraiment morte, la lune aurait déja choisi la nouvelle Reine Lune... pensa-t-elle". Une déduction que les autres ne partageaient pas. Elles avaient pris pour acquis la sombre révélation...n’était-ce par crainte ou par confiance aveugle. Pour elles, le refus catégorique de Pluie d’étoiles n’était rien d’autre qu’un déni passager. La mort était plus difficile pour elle à accepter...On la savait très proche de la reine.

               Elle volait très haut dans le  ciel. Assez pour se dérober aux regards des humains.
               "Ma  Reine, où te caches-tu? Se demanda-t-elle. De là où tu es, envoie-nous un signe que tu vas bien. Les autres s'évertuent à chercher cet élu dont tu avait prédit  la venue, mais c'est à leurs risques et périls. Notre nombre n'a cessé de décliner. Nous avons besoin de toi et non de cet humain. Nous ne pouvons faire confiance  aux humains..."

              Loin de l’admettre, elle était partagée entre l’incertitude et une peur sourde qui s’installaient petit à petit en elle. Peut-être que sa récente élévation au rang de Princesse de la lune en attendant la nouvelle reine en était pour beaucoup. Jusque là elle n’avait pas pris ce rôle à coeur croyant qu’elle en était indigne. Elle s’était plus investie dans la quête de réponse sur la disparition de la Gardienne du monde des rêves que sur la protection des nombreuses nocturnes égarées dans le monde des hommes. Par moment un sentiment de culpabilité l’envahissait mais elle se redressait, s’armait de courage et continuait ses recherches, convaincue que c’était la route à suivre pour tout résoudre.
              Le paysage défilait tout en bas devant ses yeux, éloigné de sa conscience. Elle avait laissé Port-au-Prince depuis maintenant une bonne dizaine de minutes et survolait à présent la plaine de l'Arcahaie plantée de bananiers. Elle pouvait sentir la douce odeur de leurs fleurs. Son esprit s'apaisait. La voute étoilée était suspendue, immobile au dessus de sa tête. Quelques nuages gris sombres s' attroupaient ça et là. Seule la lune manquait au rendez-vous. La nuit était calme. 

               Pluie d'Etoiles se laissa bercer par une brise fraiche qui la frola. Elle se sentait reposée. Pour une fois, elle voulait réellement vider son esprit encombré de soucis. Des images surgirent du passé. Une époque où elle vivait dans le monde des rêves, libre et entourée de merveilles. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle se retourna dans les airs, faisant face au ciel.  Elle déploya ses bras fins, fit de grands mouvements comme ceux d'une rame battant des eaux invisibles. Elle flottait, être gracieux dans sa robe de nocturne légère, imbibée d' une douce lumière argentée. Elle n’atteindra pas sa destination finale avant une bonne demie heure. Autant en profiter pour se reposer un peu.
               Mais tout à coup son esprit se troubla. Elle se sentait défaillir. Ou plutot qu'on la tirait vers le bas. Elle ouvrit les yeux et fit volte-face. Elle ne révait pas. Ce n’était pas qu’une simple impression. Elle perdait dangereusement de l'altitude. Elle fit un effort pour se redresser mais en vain. Son corps était comme ligoté. Elle continua pourtant à se debattre refusant de s' avouer vaincue. Au final, elle dut se rendre à l'évidence qu'il n'y avait plus rien à faire. Impuissante, elle voyait le sol, balayé de reliefs effrayants, se rapprocher. Elle piquait laissant une trainée lumineuse dans son sillage. A partir d’une certaine distance, ces yeux gris argentés distinguèrent un grand jardin et une maison et par la suite une silhouette. 
               " Oh non! Se dit-elle, tout mais pas ça. Comment ai- je pu baisser ma garde? Je volais pourtant en haute altitude bien à l'abri des regards indiscrets! Pourquoi ca m'arrive maintenant?"
                Elle ne sentait plus la douce brise du soir mais les multiples gifles du vent sifflant sur son visage comme pour la punir d'avoir été si sotte.






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Défi
Shakespeare

        Dans le silence d’une nuit faiblement éclairée par la lune, une ombre furtive, gracieuse sautait de toit en toit. Seule une paire d’yeux vert brillant en amande se détachait de cette masse sombre comme pour éclairer son chemin.
       « Cela m’apprendra à toujours remettre pour demain la tâche inhérente au moment présent. Nous les chats sommes connus pour notre paresse mais chez moi ce défaut atteint son paroxysme le plus ingrat. Et me voila à la merci de ces chasseuses » 
       Miou commençait à ressentir les affres de la fatigue. Il le savait, à ce rythme- là, il ne tiendrait pas trop longtemps. Son petit coeur de chat avait déjà dépassé les records de battements effrénés lors d’effort et de stress. Il avait compté sur sa robe noire pour fusionner avec les ombres de la nuit mais en vain. C’était comme s’il portait sur lui un détecteur qui indiquait sa position exacte à l’ennemi. Il pouvait toujours  s’en remettre à la robustesse de ses pattes et son agileté pour les tenir loin derrière mais pour combien de temps encore...
       « Cette fois-ci ces maudites mégères ont sorti le grand jeu, dit-il entre deux respirations. Et la maintenant j’ai le feu aux postérieurs. Que j’ai chaud ! Attendez un peu...Il ne régnait pas une certaine fraicheur tout à l’heure ? »
       Un simple coup d’oeil au dessus de ses épaules lui permit de réaliser l’impensable.
       «  Par Bastet, s’écria-t-il !!! »
Une énorme boule de feu lui fonçait droit dessus à une vitesse effrayante? Miou eut à peine le temps de bondir pour éviter l’impact. Il n’avait pas évalué sa trajectoire et la violence de l’explosion le projeta avec force accélerant sa chute vers le sol. Il atterit à la dernière seconde sur ses pattes. Toutefois il sentit une douleur affreuse lui traverser le corps. D’un coup, ses forces l’abandonnèrent  et il s’effondra sur le sol humide. Il ne ressentait plus le besoin de fuir. Un mur se dressait devant lui. L'air ambiant s' était chargé d'une odeur  soufrée étouffante. Il était dans une impasse tant qu'au propre qu'au figuré. Derrière lui, une silhouette féminine drapée d'une robe noire approchait d’un pas tranquille et rassurée.  Miou l'attendait au même titre que les appels de sa fin prochaine. L'obscure femme se plaça devant lui. Elle se baissa et d' une main releva soigneusement le menton du félin.
" Hmmm tu as mauvaise mine mon petit mangeur de chagrin, dit l'inconnue dont le visage était cachée sous une capuche.
- Malfini c’est indigne de toi dit le faible animal l'ayant reconnue du regard. Comment peux-tu nous faire ça à nous qui t’avons tout donné?
- Certes vous nous avez tout donné mais à quel fin? Pour être vos esclaves? Vous ne valez pas mieux que ceux qui abusaient de moi. Nous ne sommes pas vos chiens. Ce n’est que justice chat Mau
- C’est un privilège de protéger la vie, Malfini.
- Ou vois-tu la vie Chat sacré? Le monde n’a cessé de se dégrader. C’est la raison du plus fort qui prévaut. Depuis trop longtemps les humains nous chassent. Malheureusement les premières sorcières étaient faibles. Vos soi-disant principes les ont réduites à l'état de limace. Beaucoup ont péri sur le bucher. Vous nous avez donné ces dons pour vous défendre. Et nous, qui va nous protéger? 
Elle ne reçut que le silence pour seule réponse 
- Soit, reprit-elle, je vengerai toutes ces jeunes femmes innocentes et je montrerai à ces humains à qui ils ont véritablement affaire. Mais pour ça j'aurai besoin encore plus de pouvoir.
- Ne fait pas ça, Malfini riposta Miou d'une voix fatiguée. Une vie reçue est une bénédiction, la voler est contraire à toute règle et n’apporte que malédiction. Ne laisse pas la haine et les envies de vengeance noircir ton âme. Si nous vous avons appris à voler c'est pour que vous puissiez planer au dessus de vos passions comme le pétrel au dessus des tempêtes.
- Suffit, le coupa sèchement Malfini. L’heure de la renaissance des sorcières est arrivée. Ta neuvième vie m’appartient.


Au dessus de lui, un groupe de femmes en robe noire déchirée tournoyaient sur leur balai volant tels des vautours guétant la mort en plein désert. Des nuages s’amoncelaient voilant la lune. Le tonnerre gronda et des éclairs illuminaient le ciel nocturne.
        - Je t’ai deja tué une fois chat sacré, révéla la femme au sombre visage. Par ailleurs, j'ai eu vent des circonstances de tes anciennes morts. Oui je suis au courant que tu ne peux mourir deux fois de la même manière. Sur ce je te réserve une mort à la hauteur de ton rang chat Mau.
        Malfini brandit sa main droite en direction du ciel. Ses yeux témoignages d’une fureur sans nom étaient aussi noirs que les ténèbres grandissantes qui envahissaient l’espace. Un rire sinistre  s’éleva de sa gorge. Elle marmonna quelques mots inintelligibles et dirigea son index vers la masse féline étendue sur le sol. Un serpent de lumière vive jaillit du ciel et piqua vers elle dans un zigzag assourdissant. C’est la dernière chose que Miou vit avant de fermer les yeux.
Quand il les rouvrit, il retrouva Natasha, sa maitresse qui s' évertuait à le réveiller pour son bol de lait du soir.  Il s'étira paresseusement de tout son long et bailla à se fendre la gueule. Puis il se dirigea d'une démarche noble et gracieuse malgré son fort embonpoint vers son repas non sans jeter un regard assassin à sa maitresse. Celle-ci l'avait tiré d'un rêve excitant pour le ramener  à sa vie monotone de chat domestique. 
"Pas étonnant qu'elle me rappelle la sorcière que j'ai vu en songe, pensa-t-il buvant son lait."

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Je ressens le besoin intime de montrer aux gens ce que je vois, de leur peindre mon univers et dans la mesure du possible de les faire rêver.
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