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Michael Kuntz

Hello à toute la communauté,

J'ai 34 ans, je suis papa de deux petites filles et je travaille dans l'audiovisuel en tant que réalisateur de films. J'ai commencé l'écriture très tôt, sous ses formes les plus variées, histoires courtes, poèmes, textes en tout genre et bien sûr des scénarii de cinéma.

L'écriture est pour moi une nécessité, une thérapie essentielle à ma vie puisqu'elle me guérit de maux enfouis que j'ai parfois du mal à exprimer autrement que par l'écrit. Je tiens un journal de bord depuis de nombreuses années dans lequel j'ai retracé les grandes lignes de mon existence. Peut-être qu'un jour, je pourrai en extraire la substantifique moelle afin d'écrire mes mémoires.

En tout cas, pour le moment, ces écrits me servent à avancer dans la vie et me donnent une certaine matière à traiter car, sans cela, j'avoue sans honte être très fainéant dans l'entreprise d'écriture. J'ai de nombreuses idées, sous des formes écrites diverses mais j'ai la fâcheuse manie de commencer quelque chose sans l'achever.

J'ai quand même pu mener un projet d'écriture jusqu'à une maison d'édition. Le livre "Every Tourist buy some Skyr", publié en 2013 chez Bentzinger est un récit de voyage en Islande mêlant des textes et des aquarelles peintes par une illustratrice.

Un projet de deux années de travail dont je suis très fier. Dans cette dynamique, j'ai participé l'année suivante à un concours littéraire que j'ai remporté en compagnie de 10 autres auteurs parmi plus de 300 textes, et qui a vu naître l'édition d'un recueil de nouvelles sur la thématique des lettres d'amours. Depuis, j'écris sans prendre le temps nécessaire à l'éclosion d'une nouvelle oeuvre malgré ma motivation. J'espère trouver sur Scribay, le coaching nécessaire à la remise en route de ma machine à écrire intérieure un peu grippée.

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Œuvres

Michael Kuntz
Fragments de souvenirs éparpillés, le personnage central de l'histoire raconte sa douloureuse descente aux enfers après une rupture amoureuse, puis, sa remontée à la surface.
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Michael Kuntz


« Je me souviens encore de notre première rencontre. C'était il y a plus de 5 ans. Et à la même période qu’aujourd’hui, précisément, nous fêtions ton anniversaire. J’ai passé ma soirée à fabriquer un papier cadeau ridicule, espérant qu'il te ferait rire. L'objectif fut atteint, je crois, plus encore que mes espérances les plus enfouies puisque dans mon souvenir, tu semblais plus emballée par le papier que par le cadeau. Cette année passée à tes côtés fut merveilleuse à tous les niveaux, j’y ai accumulé tant de beaux souvenirs. Ils sont à présent gravés dans ma mémoire pour l’éternité. »
J'avais eu l’envie de relire de vieilles lettres que je lui avait envoyées. Non parce que j'aimais lire, mais parce que depuis quelques semaines, je me sentais nostalgique. J'aimais me souvenir d'une époque pas si lointaine passée à l’étranger dans le cadre de mes études. J'étais reparti d’ici avec une valise de souvenirs, plus lourde que celle de mes vêtements et je parcourais depuis quelques heures une vieille boîte de laquelle j'extirpais d'anciennes enlevoppes contenant des lettres.
J'avais conservé le carbone qui servait de support au papier, et, pouvais ainsi parcourir le fil de mes échanges avec elle. A mesure que les minutes défilaient, je refaisais de ce passé lointain, un présent indélébile. Uns à uns, je relisais les écrits qui me faisaient me rapeller son visage et ses attitudes.
« Je suis assise à une grande table chez moi, face à une grande baie vitrée qui donne sur un ciel immense. Je suis nichée au-dessus de la cime des arbres. Le long fil de mon chargeur de pc est tendu au max. Y'a que comme ça qu'il fonctionne. C'est chiant, et il ne fonctionne que sur cette table. Mais j'ai mon bout de ciel pour m’évader, pour penser à toi, t’adresser mes songes les plus enfouis car, ceux-ci traversent les océans, à travers l’esprit ou, comme ici, enfermés dans une enveloppe. Puissent mes délicates et fugaces pensées trouver le chemin de ton cœur, ici, maintenant, pour toujours. »
Je retrouvais dans les lettres, à la fois le plaisir d’une époque et la délicate opération d’assemblage de mes souvenirs, de plus en plus confus et éreintés par le temps. De la lecture patiente de mes écrits sur le carbone et des lettres que j'avais conservées de ses réponses, je reconstituais mon passé, mot après mot, image après image, souvenir après souvenir. Ceux-ci, d’ailleurs, devenaient de plus en plus clairs.
« A toi, qui, loin des eaux profondes de l'Océan, doit être encore très occupée. Je n'ai pas eu de tes nouvelles depuis ta dernière lettre, mais, je me dis toujours que c'est bon signe. Que tu dois aller bien, que tu es sûrement encore en train de vaquer à tes nombreuses occupations qui te caractérisent si bien. J'essaye de te suivre à distance, mais tu es rare sur la toile. Assurément, tu fais ton chemin petit à petit, comme un petit oisillon quittant son nid. C'est bien, je suis heureux pour toi. J'espère que tout va bien et que les projets s'enchaînent. Tu le mérites tant. Ici le printemps arrive à petit pas, une nouvelle saison pleine de jolis bourgeons. Le cycle de la vie qui redémarre, c'est si beau à voir. J'aime déambuler dans les rues qui reprennent leurs couleurs laissées au repos pendant les longs mois d'hiver.
J'ai toujours ce sentiment lorsque je t'écris que le temps s'arrête, se fige, se suspend. Il n'en est rien, juste le temps qui défile à une vitesse éclair.
Du coup, les choses changent, les vies évoluent. Où en es-tu ? Que fais-tu depuis la dernière fois que l'on s'est écrit ? »
Je t’envoie, par l’esprit, mes pensées. En espérant qu'elles puissent te parvenir. Je t'embrasse. Ton ami. »
Depuis le matin, je relisais sans interruption, faisant des piles séparées des lettres que je lui avais envoyées de celles que j'avais reçues, soigneusement pliées dans leurs enveloppes. Je prenais soin de remettre chaque lettre à sa place une fois relue, pour les conserver encore, un siècle ou peut-être plus. Ma cave ne contenait que peu de trésors, beaucoup d’objets sans valeur, encombrants et inutiles mais le carton de lettres constituait la seule marchandise riche de souvenirs et d’une valeur sentimentale inestimable à mes yeux. Certaines étaient poussiéreuses, à peine lisibles, malgré qu’elles étaient bien protégées.
« Cher ami,
C'est que le temps est suspendu aussi, et c'est malin. Il n'y a pas une seconde qui passe qui puisse altérer notre temple dans ma tête et dans mon coeur. Quelque chose d'un temps qui passe, file, comme tu dis, comme un éclair. Mais il y en a un autre, sans contours, infini, dans lequel je me glisse lorsque je pense à toi et lorsque l'on se voit.
Tu me manques mon cher et tendre ami. Et cette dimension qui nous appartient, rien ne saurait en froisser l'impénétrable pureté.
Ma vie est bien en ce moment. Dure, chargée de défis qui semblent insurmontables, de découvertes, de rencontres avec l'autre, et puis soi, et encore l'autre et puis re-soi, un cube rubik à s’en faire trembler une veine sur la tempe. Bien sûr elle évolue. J'ai l'impression d'apprendre tout le temps et au final c'est pour me sentir, en fait, plus légère. Toujours plus légère et pourtant à chaque fois un peu plus chargée de trésors. Mes trésors sont des pépites de souvenirs d’une brillance aveuglante recouverte d’un poids en or.
La nuit était tombée et j'avais lu plus d’une centaine de lettres, parfois simplement effleuré certaines d’entre elles, trop ému par les souvenirs qui se précisaient, s’affinaient, à mesure de mes lectures. Je revivais chaque seconde, en me rappelant de ses vêtements, de l’odeur de son parfum, du cliquetis discret qui s’échappait de ses lèvres lorsqu’elle s’apprêtait à parler. Je constatais aussi qu’en avançant dans mes lectures, les lettres devenaient plus rares, parce que le temps avait façonné nos vies respectives loin l’une de l’autre. Nous savions que nous allions bien tous les deux et cela suffisait à notre bonheur.
« J'ai l'impression de te perdre, de plus en plus. Parce que si on dit que les paroles s'envolent et que les écrits restent, je sais aussi que les écrits ne remplaceront jamais les paroles. La distance qui confère à l'écrit est annonciatrice des pages qui se tournent. Comme Kafka écrivait à Milena, sa douce moitié, sans ne plus jamais la voir jusqu'à ce qu'il fût emporté par la maladie. Que reste-t-il de leur amour à part des lettres ?
Elles sont éternelles, mais ne finiront-elles pas un jour dans le feu ? Ne resteront alors que les cendres d'un amour plus réel mais jamais consommé. Le plaisir des lecteurs que nous sommes est intact mais comment Kafka et Milena ont-ils vécu leur amour platonique ? Dans le bonheur ? le regret ? On l'ignore. Le seul fait de douter laisse un grand vide.
Comme Kafka, nous sommes réfugiés dans nos châteaux respectifs. Prisonniers de nos vies même si nous tendons tous les deux à les aimer ainsi. Je me bats, comme toi, au quotidien pour tenter de rendre ma vie jolie, potentiellement la meilleure qui soit. Mais le combat est bien plus complexe, en réalité, il cache de nombreuses plaies que l'on ne parvient pas toujours à guérir. Il restera certaines cicatrices, comme celles de n'avoir pas saisi, peut-être, la chance d'être au quotidien celui qui partagerait le même trousseau de clé que toi. La même porte d'entrée pour deux vies qui s'opposaient et qui se sont réunies sous un même toit.
En tout cas, lorsque l'occasion se représentera de te voir, quel qu’en soit le prix ou la difficulté, je tendrai la main vers le ciel pour la saisir.
Et lorsque ce jour arrivera, alors, j'ajouterai un souvenir indélébile à ceux déjà nombreux qui se bousculent dans ma tête.
Des milliers de bisous, par tous les vents »
Je ne pouvais m’empêcher, avant de me saisir de la dernière enveloppe, d’esquisser un sourire adolescent. A cet instant, je le savais, les souvenirs avaient provoqué chez moi une nostalgie dévastatrice. Je ne pouvais à présent plus faire marche arrière.
« Mon ami, quel plaisir de te lire. Tu n'imagines pas comme cela m'apaise et m'emplit de joie. Pas un jour ne passe sans que, les souvenirs de nos discussions infinies, sur le balcon ou ailleurs ne puissent s’entrechoquer avec mon quotidien et mes espoirs d’un futur radieux. Hier n’est pas si loin, au contraire. Il est là, dans nos lettres, coulant de l’encre de nos plumes. C’est aussi ça le souvenir écrit, permettre qu’une page qui se tourne puisse s’ouvrir à nouveau, demain ou après-demain. Je ne t’ai jamais dit ce que je ressentais, car, tu es passé si vite dans ma vie. Tu étais là, à me tenir la main, me guider, m’aimer pour ce que je suis. Avec mes fêlures et mes doutes, mes problèmes d’existence et mes idées parfois sombres. Tu étais ma lumière et tu as filé, si vite, comme la lumière du soleil se retire lorsque la nuit arrive. Pourquoi n’ai-je pas pu te retenir ? J’ai pensé être plus forte que le temps qui passe. Alors, tu es loin mais il n’est pas trop tard pour te le dire. Je t’aime. Et si Kafka ne l’a jamais dit à sa Milena, je te le dis. Puisses-tu seulement le croire alors qu’un Océan nous sépare ». Ton amie.
A cet instant, je refermais le carton et les souvenirs qu'il contenait. Il était tard et j'allais me coucher.
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Questionnaire de Scribay

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Pour moi l'écriture est le moteur de ma vie, elle m'aide au quotidien à gérer mes angoisses, mes peurs, mes doutes et mes incertitudes.
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