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Luciole

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œuvres
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"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Luciole

Le temps se rafraîchit cependant que je sors de chez moi vêtu d’un simple pardessus. Je bougonne un peu, de mauvaise foi. Quel bienfait peut-il y avoir à sortir de son nid douillet ? Un plaid et un bon livre peuvent souvent se substituer à la meilleure des compagnies. De même qu’un bon lit ne saurait souffrir de rival. Néanmoins, lorsque j’arrive chez elle, j’éprouve cette plénitude incompréhensible que ne sauraient me procurer tous les accessoires du monde. Il suffit d’un bon mot, d’un geste ou d’un coup d’oeil complice pour que nos rires emplissent la petite pièce mal chauffée d’une ardeur nouvelle. Je bois ses paroles, elles noient mes déboires ; elle n’a pas toujours besoin de s’expliquer pour que je la comprenne. Quand la nuit tombe, que les navires essuient une tempête et que les phares ne fonctionnent plus, il faut bien deux illuminés pour tenir la barre ! Mon chez-moi était en fait d’une monotonie glaciale… Je n’étais qu’un oiseau prisonnier des glaces, un oiselet se languissant de cette geôle et dont le seul réconfort était d’éviter les intempéries. Je mets du temps avant de capter la chaleur d’autrui ; pardonnez-moi, ce n’est que la conséquence d’un long séjour à l’ombre. Je ne sais quand elle vient, je ne pourrais dire quand elle s’en ira. Mais ce sentiment discret, presque pudique qui ressemble à un « quelque chose en plus », et dont on ne relève l’existence qu’après coup, me rappelle que je suis en compagnie d’une amie inestimable dont j’aime la ritournelle.
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Luciole

Elle flânait au milieu des fumées blanchâtres du minable établissement, une cigarette à la main - une Philip Morris qui plus est. Elle paraissait émettre une lueur angélique dans ce havre des âmes ténébreuses, si l'on omettait le brin de malice tapi au fond de ses yeux. Certes, une robe rappelant la neige immaculée était peut-être inadaptée pour ce genre de milieu, mais qu'importe ! Tous les regards convergent vers l'élégance, et elle voulait en être l'allégorie. Autour de ce halo feutré, nombre de poignées de main s'échangeaient rapidement et encore plus de billets voyageaient de poche en poche. Tout allait pour le mieux. Elle regarda dans un recoin à gauche, non loin d'elle ; certaines femmes abordaient les clients trop éméchés pour comprendre la nature de la prestation. Après tout, tant qu'elles lui payaient leur dû... Mais elles la dégoûtaient profondément, leur vue provoquant chez elle une profonde aversion frôlant une jalousie inexpliquée. Peut-être que le style qu'elle présentait, des plus maniérés, commençait à devenir lassant, et qu'une soif de liberté sauvage brûlait au fond de son ventre. Qui sait... C'est l'élégance que l'on regarde, mais c'est la passion déchaînée qu'on admire ! Mais cette profession, source de passion ? Elle évoquait pour elle les fantasmes bien masculins à l'égard du plus vieux métier du monde, rien de plus. "Eh ! Je divague. Ces filles n'ont rien pour elles, si ce n'est l'outil de leur gagne-pain."
Un saoulard la bouscula soudain, l'arrachant à ses rêveries. Frappée au thorax, la dame en blanc se mit à suffoquer tandis que l'homme (du moins, ce qu'il en restait) haussa le ton, prononçant un dialecte incompréhensible mais certainement hostile. Pris d'une rage aux allures meurtrières, il se rua sur elle, la plaquant au sol, et leva une main menaçante. Horrifiée par les yeux injectés de sang qui la fixaient, elle détourna son regard apeuré et attendit un coup qui ne vint jamais. Un bruit étouffé, et le corps de l'épave enragée s'affaissa sur le côté. La victime rouvrit les yeux pour les écarquiller ; une de ces créatures de piètre vertu lui tendait la main, souriante. Elle l'aida à se relever, l'épousseta avant de prononcer dans ce qui fut un langage approximatif : "pas touche à la patronne".
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Luciole

Comme tous les jeudis, café en main
J'écoute ces mots qui ne veulent rien dire
Derrière la fenêtre les oiseaux s'amusent bien
J'aimerais m'allonger sur un nuage et dormir

Dites-moi messieurs les oiseaux,
Savez-vous quand le vent tourne ?
Sous le soleil, rien de nouveau
Je voudrais des ailes, que quelqu'un me détourne

Le temps passe, mes paupières sont lourdes
Je pense à un premier tattoo
Mais entre mes synapses, dialogue de sourdes
Alors ce sera mon clavier sur la joue

Oh, dites-moi très chers moineaux
Reste-t-il une place sur l'un de vos perchoirs ?
Je me sens si seul, des maux criés à demi-mot :
Sous le ciel bleu je dessine des soleils noirs
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

Pour éviter de trop parler j'imagine. Pour penser à autre chose, pour rendre beau ce qui ne l'est pas, pour faire étinceler l'insignifiant. Je mentirai si j'affirmais savoir précisément ce qui me pousse à le faire. Le mystère rend la chose belle, alors je le laisserai en l'état.
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