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Mathieu Chauviere

Ecrivain public ça eut payé, mais ça ne paye plus ! Ecrivain voyageur, vagabond céleste... Ca ne paye pas plus, mais ça procure bien plus de liberté !

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Œuvres

Mathieu Chauviere
Recueil de nouvelles en auto-publication depuis le mois de juin format papier et e-book. Je le livre à la communauté Scribay en remerciements des nombreuses relectures et corrections qui ont participé à l'aboutissement du projet. Il y a un peu de vous dans ce livre... Merci.
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Mathieu Chauviere
Réflexions, Aphorismes et autres délires.
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Mathieu Chauviere



Il peut, à première vue, sembler absurde pour un « âne archiste » de prendre la plume pour traiter de politique, avec nonchalance et désinvolture. C’est sans doute que vous le confondez avec l’anarchiste. L’âne archiste (en deux mots, c’est essentiel) est un âne, certes, baudet un peu benêt. Mais jusqu’au-boutiste, d’où le suffixe "archiste", qui entérine cette forme d’extrémisme ! C’est un écorché vif. Il a, encrées au fond de lui, de profondes valeurs d’humanisme, bridées par l’insurrection intérieure permanente qui l’anime.
Qu’on lui prête des valeurs aussi noires et peu flatteuses que le laxisme, le pessimisme, le désintérêt, voire l’individualisme affiché, et il ira s’il le faut jusqu’à se compromettre pour les revendiquer. En comparaison de cet écorché vif, le je-m’en-foutiste est un paranoïaque chronique.
Toutes considérations idéologiques mises à part, L'âne archiste ne supporte pas l’autorité, l’injustice, l’intolérance, les abus de pouvoir quels qu’ils soient ainsi que les religions, souvent prétextes à des atrocités et à l’origine de presque toutes les guerres depuis la nuit des temps. Mais surtout, comble de l’inacceptable, l’âne archiste déteste la salade servie avec la tartiflette, symbole du déni, soupçon de verdure et de légèreté sans intérêt, métaphore vinaigrée désolante imageant cette société dépravée qui n’assume pas sa boulimie de surconsommation.
L’âne archisme est donc bel et bien une trouvaille néologique dont je ne suis pas peu fier et que je compte présenter à l’académie française d’ici peu. Peut-être avec un tiret entre les deux mots, je ne suis pas encore tout à fait sûr. Rien à voir, donc, avec un plagiat de la comtesse de Ségur ou un jeu de mots forcé pour un titre de chapitre accrocheur… Qu’on se le dise !
Bien… Les préceptes de ce mouvement Apolitique novateur ayant été développés ci-dessus, le lecteur est désormais en mesure de distinguer l’âne-archiste de l’anarchiste. Ce dernier, aussi militant que l’on puisse l’être, s’inscrit dans la droite lignée des soixante-huitards à leurs heures (leur mois) de gloire. Pour lui, la politique est une affaire très sérieuse : il s’informe, s’intéresse et s’insurge, car il a un idéal : un monde meilleur. (Contrairement à l’âne archiste, définitivement convaincu qu’il n’y a plus rien à tenter pour ce monde, en passe d’imploser à cause de la bêtise humaine.)
Certains anarchistes, les puristes, affirment qu’un monde peut fonctionner sans chef. Selon eux, toute décision, toute nouvelle loi concernant le peuple, doit être prise dans la concertation, par et pour le peuple, sans qu’un élu (dans le moins pire des cas, c’est-à-dire en démocratie), souvent corrompu et bedonnant, affalé sur son trône, ait à trancher. D’autres, plus modérés, ne voient pas l’anarchie comme une fin en soi, mais comme une phase révolutionnaire nécessaire pour renverser le système actuel, mafieux et répugnant, dont les réels décisionnaires sont les multinationales et les lobbys. Dans les deux cas, l’anarchiste aspire à instaurer une politique nouvelle, emplie d’humanisme et de partage. Que c’est beau… Notre doux rêveur y croit dur comme fer !
Mais un jour, au vu du déclin incessant et exponentiel de la société de consommation dans laquelle il vit, comme l’ont fait la plupart de ses prédécesseurs avant lui, l’anarchiste modéré mettra de l’eau dans son vin. (Pas le puriste, pour qui il est hors de question de souiller le pinard avec de la flotte !) La mort dans l’âme, il ira chercher sa carte d’électeur avec un petit pincement au cœur.
Le plus souvent, l’anarchiste modéré se tournera dans un premier temps vers l’extrême gauche, essayant de se convaincre que c’est le moins pire. Puis, une fois la pilule avalée, il se revendiquera citoyen, voire patriote, définitivement convaincu que l’anarchie n’est qu’un concept utopique et inapplicable.
Dès lors, il s’éloignera petit à petit du communisme, qui, quoi qu’on en dise, même si l’idée semble alléchante à la base, n’a engendré que des régimes totalitaires et dictatoriaux (On a vu ce que cela a donné en U.R.S.S, à Cuba, en Chine, en Corée du nord, etc…). Il se rapprochera alors petit à petit du socialisme, parti qui n’est aujourd'hui plus vraiment de gauche mais dont le fer de lance, à défaut d’avoir un réel programme, est de rassembler stratégiquement le plus grand nombre pour faire barrage à l’extrême droite.
Malgré ses nouvelles « convictions », l’ex-anar est demeuré ce qu’il a toujours été au fond de lui, parfois même inconsciemment. Le révolté d’antan sommeille, est en stand-by, mais il n’est pas mort ! Il se remémore parfois ses jeunes années avec un brin de nostalgie. Non pas dans l’isoloir ni devant l’urne, où il est fier de s’entendre décliner son identité suivie du fatidique « a voté » prononcés par la voie grave et solennelle du contrôleur des émargements.
Mais un jour ou l’autre, après une dure journée, affalé dans le canapé devant le 20 heures, dégustant quelques lampées d’un délicieux nectar des Highlands ramené de ses dernières vacances en Écosse, le révolutionnaire des temps jadis ressurgira brusquement devant le buzz du jour : Un ancien président, un député encore en fonction, voire un candidat à la prochaine présidentielle en pleine campagne, est soupçonné d’abus de biens sociaux, de détournements de fonds ou de quelque malversation !
Il se redresse brutalement, son visage se crispe, et il bout intérieurement. Les vaines et douteuses tentatives de justification du diplomate maladroit ne feront qu’amplifier cette animosité. D’autant que l’effronté n’a du sentiment de culpabilité qu’une vague notion abstraite, voire conceptuelle. Le voilà qui se lance dans un plaidoyer burlesque qui trahit l’évidence, assimilant au passage son auditoire à un troupeau de gueux abrutis, incapables de raisonner ! L’ex-anar, néo-gaucho, cracherait volontiers sur la télé, mais les enfants sont dans la pièce... Il laissera néanmoins un juron lui échapper en serrant le poing très fort sur son verre de scotch, s’imaginant qu’il tient la gorge de ce pourri entre ses doigts meurtriers ! C’est déjà beaucoup moins beau, et, désenchanté, il n’y croit plus du tout.
Il aura du mal à trouver le sommeil, ce soir. Les valeurs auxquelles il a voulu croire le dégoutent. La république, cette catin, offre ses charmes au premier véreux qui lui agite un bifton sous le nez. Il est à deux doigts de tout envoyer promener, mais… Non, plutôt trois doigts, voire une main, un bras ! Ce n’est pas si simple ! Les enfants, le monde qu’on va leur laisser, les traites de la maison à payer… Ce monde a changé. C’est fini la bande à Bono ! Plus personne n'y croit. Et par les temps qui courent, pas de pitié pour le terrorisme : un activiste révolutionnaire, pour peu qu’il soit un peu basané, aurait tôt fait d’être mis dans le même panier qu’un de ces putains de djihadistes. Et l’écologie ? Tout le monde s’en fout ? Sauver la planète ? N’importe quoi ! La respecter, la chérir, lui rendre ce qu’elle nous donne, d’accord… Mais penser la sauver serait prétentieux. Elle n’a pas besoin de nous. Elle était là bien avant nous, et nous n’y sommes invités que pour un bref passage. Les fourmis, les rats, et sûrement quelques espèces nous survivront, mais c’est de l’humain dont il est question, bordel !
Que de questions, de remises en question ! Tout se bouscule dans son esprit tourmenté. Il n’est plus sûr de rien. Sa femme dort depuis longtemps, lui tournant le dos, en chien de fusil. Lui gigote, tourne et retourne, d’une position à l’autre... Enfin, le Lexomil commence à faire effet. Il se blottit délicatement contre elle, en adoptant la position fœtale pour épouser au mieux celle de sa bien-aimée. Ainsi, les pores de leurs peaux respectives se connectent, les phéromones agissent... Prenant bien garde de ne pas la réveiller, il l’embrasse tendrement sur l’épaule, pose sa tête sur l’oreiller, puis fouille doucement dans la crinière châtain-ondulée pour venir, du bout du nez, lui caresser la nuque. Il l’enlace enfin délicatement par-dessous l’aisselle, pour venir d’une main virile, englober son sein nourricier. Le gémissement qu’elle émet alors en venant déposer sa main frêle sur la-sienne, comme pour lui dire de rester là, l’apaise. Certains soirs, ce même geste l’aurait excité, et, sentant son sexe se raidir, après avoir lentement titillé le téton, ses doigts auraient glissé en cascade le long du ventre de la belle pour enchaîner sur les préliminaires d’une levrette furieuse. Mais pas ce soir. Non, une fois n’est pas coutume, il n’a pas la tête à cela. Il se détend peu à peu, arrête de réfléchir, et finira par s’endormir.
Le lendemain matin, il avalera son café l’air morose, observant du coin de l’œil ses enfants s’auto-abrutir devant les mangas que leur sert le CNA en guise de petit-déjeuner. « La future génération de moutons ! » – ne pourra-t-il s’empêcher de s’exclamer intérieurement. Cette pensée, éphémère certes mais immonde, l’emplira immédiatement d’un sentiment de culpabilité insurmontable. Puis, ayant balayé ses idées noires d’une dernière gorgée de café, il reprendra le chemin du travail après avoir embrassé sa progéniture. Dans la voiture, il préfèrera un CD de variétés pour éviter les satyres, douteuses mais pleine de réalisme, de certains 7-9 qui risqueraient de remettre en question les non-convictions qui lui sont désormais si chères, car Ô combien confortables. L’insurgé n’est pas mort, il se met juste en veille jusqu’au prochain scandale, la prochaine contravention pour 2 km/h de trop, ou le prochain débat politique apéritif entre amis…
C’est peut-être cela, au fond, la politique. Si l’on se réfère au Larousse, outre la définition littérale : « relatif à l’organisation du pouvoir dans l’état, et à son exercice », qui semble évidente, l’explication du sens figuré est intéressante : « se dit d’une manière d’agir avec autrui habile, judicieuse, diplomate et calculée ». Cette définition du mot ne peut être dû qu’aux nantis du pouvoir qui ont, petit à petit, d’arnaques en baratins, ancré cette idée, que le commun des mortels se fait des démagogues qui nous gouvernent, comme une évidence au fond de chacun de nous. Un jour, peu avant l’implosion du monde, on s’apercevra peut-être que certains films tels que « Mad Max » ou « Waterworld » tenaient plus de la prophétie que de la science-fiction. Qui sait ? Les réalisateurs seront peut-être, post-mortem ou pas, propulsés au rang de visionnaires, comme Jules Verne à son époque. Le pouvoir sera alors entre les mains des plus forts et des mieux armés. Dès lors, le mot politique ne signifiera plus grand-chose, si ce n’est, pour les sages et les anciens qui s’acharneront à dialoguer dans un langage soutenu, une vague allusion à l’ancien sens figuré pour désigner un chef, roublard et beau parleur, tel le corbeau de La Fontaine…
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