Suivez, soutenez et aidez vos auteurs favoris

Inscrivez-vous à Scribay et tissez des liens avec vos futurs compagnons d'écriture.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de 1155502951145041

Marie-Cécile Grand

1
œuvres
1
défis réussis
2
"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Marie-Cécile Grand

Aurais-je été capable de vivre en marge de la société, et, si oui, en avais-je le droit ?

Avant de partir, cela me paraissait raisonnable de me poser ces deux questions.

Être capable de vivre seule, isolée physiquement et géographiquement de tout. Une marginalité spatiale qui signifierait se retrouver seule avec moi-même. Un tête-à-tête avec mes propres pensées. Ma voix comme seule camarade de voyage. Cela ne me faisait même pas peur, à vrai dire, j’avais hâte de me retrouver dans cette situation. Personne pour me dire quoi faire, où le faire, quand le faire, comment le faire et avec qui le faire. Être une Robinson Crusoé des temps modernes me convenait parfaitement. Qui n’a jamais rêvé d’être libre de ses moindres mouvements ? Parcourir le monde sans aucune contrainte ? Décider quoi faire de chaque seconde de son existence ? Je pense que tout le monde a dû y penser au moins une fois.

Mais serais-je assez forte pour supporter cet isolement radical et absolu ? Étais-je folle de vouloir tout quitter ainsi ? Je tentais l’aventure de ma vie, avant qu’il ne soit trop tard, avant d’être totalement dépendante de la consommation de masse et de tout le reste. Pour commencer à vivre ! Et non survivre dans la société comme je l’avais fait jusqu’à présent. La société... Prison que l’homme avait passé du temps à construire pour pouvoir ensuite s’y enfermer et jeter la clé. Moi, marginale aux yeux de tous, tentais de forcer la serrure à mes risques et périls. Car j’avais parfaitement conscience que la solitude me serait néfaste. Une personne seule est-elle capable de développer son potentiel humain ? J’en doutais fortement, mais cela ne m’affectait en rien dans ma décision.

Ma deuxième interrogation : en avais-je le droit ? Avais-je le droit d’échapper à la société ? De ne pas respecter ses règles ? Aux yeux de la loi, je serais une déviante ne suivant pas le droit chemin. Probablement, un hors-la-loi ! Mais est-ce un crime de vouloir être réellement libre ? De nos jours, il semblerait que oui.

Le plus ironique, c’est que ce voyage dans l’isolement m’était possible qu’uniquement grâce aux acquis de l’éducation et de la société. Comme par exemple, ce sac que j’empoignais, contenant vivres, outils, couvertures, connaissances ; j’amenais avec moi une part de cette prison. Avais-je le choix de ne pas le prendre avec moi ? Oui, mais non les capacités ! Mes chances de survies sans lui auraient était très mince.

Au bout de plusieurs minutes de résistance, la porte de chez moi, la porte de ma cage, s’ouvrit. La lune me montrait clairement le chemin. J’hésitais sur le pas de la porte. Un pas en avant signifiait une vie pleine d’obstacles, de solitude voir même de danger, mais une vraie vie. Une vie d’aventure qui valait la peine d’être vécue à fond ! Le pas en arrière lui signifiait une vie confortable mais monotone, pleine de règles, de contrainte, de hiérarchie, de classement, de notes, de résultats et d’ennui. Ma décision était prise. Je me retournais, regardais pour la dernière fois l’endroit où j’avais grandi et déposais un mot pour mes parents : « Moi du haut de mes 20 ans, je pars faire le tour du monde avec mes propres moyens, guidée par mes rêves et mes espérances, affrontant la solitude, accompagnée par la nature elle-même. J’ai besoin de cette liberté. Chaque second compte ! Et je ne veux pas en gaspiller une seule en vain derrière un bureau alors que le monde m'appelle. Moi, marginale, je vous aime. »

La porte claqua dans mon dos et j’entendis la voix de mon père hurler mon prénom.
2
8
0
2

Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

Pour m'évader, pour laisser libre cour à mon imagination en imaginant les situations les plus improbables et les plus folles! Pour vivre des aventures que je ne pourrai jamais vivre par manque de temps, de moyens, par manque d'imagination du monde réel! Et aussi mettre un peu d'ordre dans mes pensés..
0