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jomo

Montpellier.
Je me suis mis à écrire sérieusement sous les encouragements de ma compagne chérie qui aimait les poèmes que je lui adressais.

Ensuite je me suis pris au jeu. J'ai publié quelques poèmes sur internet (capital des mots par exemple), dans des revues : Dissonances, la Main Millénaire. j'ai failli publier un CD. Failli parce qu'il est enregistré mais la maison d'édition qui devait l'éditer n'a pas vu le jour finalement.

Depuis j'ai peur du monde de l'édition et j'essaie de me mettre au roman. Je commence mais je finis rarement. Mon format préféré reste la fiction éclair.
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œuvres
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défis réussis
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"J'aime" reçus

Œuvres

jomo
Jérôme vit dans la cité numérique. Il est en contact quasi permanent avec son double informatique, Li mais le jeune homme se tient un peu à l'écart des réseaux. Il préfère explorer la vieille ville encore tout imprégnée d'une époque révolue. Ce n'est pas très commun dans son monde. Au hasard d'une de ses sorties nocturnes ( réchauffement climatique oblige) le vent dépose à ses pieds une page...
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jomo



12 juillet 1995 :
Pas un geste, les mains derrière la tête, c'est un hold-up !
Fin 97 :
Putain qu'est-ce que je fous là ? … Maman, Maman ! Qu’est-ce que je fous là ?… Pourquoi tu m’as fait ? t'aurais pu éviter de me bâcler. Maman !
...Arrête de pleurnicher comme quand t'étais un gnard. Lâche moi la grappe, Jas! L'a fallu que je te supporte pendant neuf mois et que je te nourrisse dix huit années! Alors maintenant, fous moi la paix ! Va voir ton père, si tu le trouves. Ah ah çui- là quel courageux ! L'a foutu le camp, dès que t'es né, le Didier ! Alors, lâche moi les skets, fiston, j'ai pas que ça à foutre !
...Mais maman t'es plus qu'une voix, c'est pas cool ! Pourquoi tu me parles, je t'ai pas sonné, maman si tu continues, je pense à autre chose et t'existeras plus…
Putain, qu'est ce que je fous dans ce trou à rats, ça sent la mort à tous les coins de rues dans cette villotte bien proprette sur elle. Désolation. On aurait dû appeler ce patelin Désolation…. Y a jamais personne dans ce foutu bled de merde ! Allez je prends le premier bus qui passe et je me casse, tchao !
Maman, ma petite maman qu'est ce que je fous au milieu de nulle part. Juste l'abri-bus et en face, là d'où je viens, mon ancienne maison, ma prison, avec dedans ma petite cellule et puis Staga, Pinot et Mojito, mes co-loc de derrière les barreaux. Ils se foutaient toujours de ma gueule mais au moins j'étais pas seul. Ça puait le mâle à pleines narines, jusqu’à l’étouffement. ils me faisaient que des sales coups, ils m’ont tatoué Ducon dans le dos à la clope, ils s’foutaient de ma tronche à gogo. Mon nez rond comme un punching-ball, j’étais ramasse-douleur, enflé du soir au matin et la nuit j’servais de vidange à ces sales rats. Je vous regretterais presque mes tortio-taulards et puis aussi vous les matons, matou qui miauliez tous les matins dans mes oreilles des mots doux comme abrutis, debout le débilou, ou encore me susurriez à tue- tête : « qu’est ce que t’es con, Jas ! »… C'est vrai que je bouffais pas grand-chose : confisqué qu'il disait Staga. Lui, c'est un coriace mais Pinot était moins méchant avec moi. Au moins j'étais pas tout seul…
Ce patelin, quel cimetière ! Mais suis pas mort, merde, j'ai pas envie de crever, j'ai le temps !… Maman, ma petite maman !
...
J'y vais, tant pis. Je vais me faire avoir, sûr ! Avec mon canif à la main, j'aurai l'air ridicule et la mère Perrain sera même pas impressionnée ! Tu parles, elle me connaît depuis que j’suis tout petit ! Même derrière son guichet, elle saura que c’est moi rien qu’à la voix, quand je gueulerai « c’est un hold up ! ». Faudrait que je m’entraîne. Bof !J'y vais, mais je sais où je vais pas. Adieu mes petits rêves d'enfants ! J’aurais voulu qu’on m’aime, qu’est-ce que j’aurais voulu ! Un tout petit peu. Une fille sympa, une famille, une vie normale quoi ! Ouais, à la sortie de mon braquage à la « one again », y aura bien des bagnoles pour m'accueillir mais j'aurais préféré autre chose qu'un paquet de flics pour m'escorter! De toute façon je suis fêlé, mon crâne laisse passer l'air et mes pensées s'échappent . A mon âge, trop tard !
J'y vais...Hm ça me rappelle… Quel sale coup ! Tout s’est cassé à partir de là… La Révélation... je devais avoir quinze ou seize ans, à peine…et déjà flippé, déjà tout seul mais j'avais encore de l'espoir dans ce temps là, j'y croyais encore à l'histoire du baiser qui transforme le crapaud en beau gosse !… ils vécurent longtemps… non c'est pas ça... ils vécurent HEUREUX, longtemps… voilà, HEUREUX, ça, j'arrive pas à m'en souvenir : vivre heureux... et ils eurent beaucoup d'enfants… longtemps je m'en fous pourvu que ce soit heureux...et en ce temps là, j’étais sûr que je le serai ! Quel crétin !

Il faisait chaud à suer toute les peines du monde, en une seconde. Mais la sueur pouvait bien glisser entre ma peau et mon beau tee shirt à tête de mort, ce soir-là, un vendredi bien sûr, j’avais rendez- vous avec, l’Amour. J’me souviens, je souriais dans le bout de glace de la salle de bain, penché au-dessus du lavabo entartré. La petite ampoule asthmatique me concédait un chouïa de lumière jaunasse. Un « papa » était là, pas complètement bourré, en train de susurrer quelques injures à l’oreille de maman. Des mots doux, accompagnés de quelques caresses de sa main rugueuse. Je m’en foutais, ce soir là. Je voyais son visage encadré d’une chevelure brune, avec sa bouche à boire, rouge comme un verre d’A.O.C, le vin du dimanche. Je voyais Laura une jeunette du collège dans les classes normales… Laura par ici et Laura par là. Je voyais, je NOUS voyais main dans la main, dans la musique endiablée d’un vieux rock délabré qu’un juke boxe crachait chez Miro, le bistro des d’jeun’s de l’époque.
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Défi
jomo


Il marchait dans une rue luisante au clair d’une lune coquette qui prenait la pose dans son premier quart. Elle était jeune encore, la belle laiteuse! Lui se moquait pas mal de son immense narcissisme. Son pied indifférent troublait le tranquille reflet argenté et les flaques luneuses s’agitaient nerveusement après son passage.
Il avançait en scrutant la surface polie des pavés, le béton du trottoir, y lisait des équations invisibles pour le passant ordinaire, filait les indices, interrogeait la pierre, le goudron, le béton, le bois. Il y avait eu -et il y avait inévitablement de l’amour ou de la douleur, usés par les passages répétés. Il y en avait la marque dans l’air, dans l’épaisseur du bitume. La rue parle à qui sait l’entendre et il la comprenait magnifiquement bien!
Il cherchait des réponses dans la pénombre taciturne. Un bonnet noir enserrait le sommet de son crâne où veillait un cerveau en perpétuel mouvement : une machine à penser et quelque chose d’étrangement indépendant de lui murmuraient sous sa voûte crânienne. Ici dans sa rue, un chant mystiquement formé montait en lui. Une rengaine inlassablement répétée rythmait sa quête. Ça sentait les baisers, les pleurs, les confidences d’amoureux, les cris de l’abandon. Il humait.
S’il savait le demander, le pavé lui confierait sa mémoire. Le trottoir ferait à nouveau résonner l’empressement de la fuite ou le glissement rapide de pieds, les uns contre les autres serrés. La porte s’ouvrirait lentement conduite par des mains qui se voulaient discrètes ou bien hurlerait sa douleur sous la violence du bras qui la frappe. Et le silence éclaterait dans le vacarme étourdissant de la plainte ou de la fête.
Une chose racontait la vie qui avait coulé. Des voix retentissaient encore remplies de rires. Le bois était chaud des épaules qu’il avait soutenues, parlait de sa chevelure brune. Il l’effleurait du bout de ses doigts, plongeait ses yeux dans la texture serrée de la matière. Elle chuchota. Ses fibres résonnaient.
Une voix féminine vibra enfin libérée de sa vie de porte. Et là. Sur les dalles grises du sol. Un bruit furtif presque inaudible ! Le son devient plus clair, s’affirme peu à peu dans le souvenir… Le claquement retenu d’un talon. Des pas impatients de rencontrer d’autres pas. Encore lointains. De plus en plus prés. Une course légère comme une danse.
C’est elle ! Sûr ! La pierre se confie, livre son secret. La danse se double d’un autre tempo : son plus lourd, plus profond, enfoui dans la dalle grise. Un jeune homme se hâte. Lui!...Rencontre furtive. Ils étaient jeunes. Dix-sept ans, dix-huit peut-être. Lèvres contre lèvres farouchement assemblées. Corps contre corps. Amours enlacés. Violence des jeunes étreintes. Vertige. Fusion. Respirations syncopées. Puis plus ample et à pleins poumons. Ton souffle se mêle au mien. Dans les yeux le passage d’un grand ciel bleu.
Silence. Promesses : « A demain ! … Pour la vie ! … Nos noms gravés ! … On ne se quittera jamais !»…
Sourire ou pleurer ?
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j'écris parce que ça me plaît, que j'ai des choses à dire et à partager. Pas d'écrivain sans lecteur. J'écris parce que je ne suis pas assez fort en musique, en dessin, que je me fais mon cinéma sur des écrans blancs que je gribouille comme un gamin..
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