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Juloco

Juloco
Une femme, un anniversaire d'enfant, une demande de devis. Des paroles envolées, légères au départ, puis qui s'accrochent et finissent par laisser des traces.
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Juloco
Allez, je me lance. La peur au ventre. Je vous présente le livre sur lequel je travaille depuis près d'un an, à mon rythme et que je n'ai pas encore terminé (loin de là !). Je suis sûre que le confronter à votre regard m'aidera beaucoup dans sa réalisation et son amélioration ! Merci d'avance à vous, qui trouverez le temps et la patience de me lire :)

Résumé :

Quai de la Concorde. Métro ligne 12. 14 juin 2016. 14h22.

De page en page, les hommes et les femmes présents sur ce quai passent de simples figurants de notre vie quotidienne à personnages principaux. Chaque chapitre est dédié à l’un de ceux que nous croisons tous les jours sans vraiment y prêter attention, parfois même sans les voir du tout. Le narrateur donne leurs chances à ces fantômes du quotidien à la silhouette floue de trouver ici leurs contours, jusqu’à devenir des héros à part entière, attachants et aux vies bien réelles.
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Défi
Juloco

Alex, le dernier Homme du monde, était assis seul dans une pièce ; quand on frappa à la porte... Le regard vide, dénué de tout sentiment, il leva la tête.
Un homme à la moustache à peine taillée venait d'ouvrir la porte, avant même d'avoir eu l'autorisation explicite de le faire. Il resta planté là quelques secondes, le sourire aux lèvres, la main encore cramponnée à la poignée de la porte. "On y va ?"
Alex se leva. Sans aucun entrain. Et il le suivit. Le drôle de personnage qui venait de s'adresser à lui l'invita à s'asseoir dans un grand bureau, assez grand pour qu'on y fasse asseoir une petite dizaine de personnes. Mais cela n'avait pas d'importance, il semblait bien qu'il n'y ait de toute façon plus personne d'autre que lui et ce personnage moustachu à faire asseoir dans ce monde.
"Alors, quoi de nouveau aujourd'hui ?"
Cette question sonnait de manière tellement absurde aux oreilles d'Alex... D'abord parce qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait y avoir de nouveau dans un monde aussi plat, sans vie et sans personne pour y faire résonner le bruit. Ensuite parce qu'il s'était imaginé qu'une rencontre inespérée avec une autre personne dans le même cas que lui mériterait mieux qu'un vulgaire "quoi d'neuf ?"
Alex s'enterrait de plus en plus dans son silence, accentuant encore davantage le silence ambiant qui régnait déjà.
"Bien... Je vous prie de patienter ici quelques instants, Monsieur Edel."
Alex ne bougea pas, de toute façon il n'avait pas d'autres endroits où aller, et évidemment personne à aller voir...
Le petit bonhomme moustachu emprunta une seconde porte pour sortir, située à l'arrière de son grand bureau. Il la referma aussitôt. "Aaaah, bonjour Dr Laroche ! Comment-allez-vous ?". L'infirmière qu'il croisa alors était la plus gentille d'entre toutes, et elle était la plus douée pour faire les piqûres. Il en était sûr, elle avait un bel avenir. Il fit quelques pas vers la droite, puis deux de plus vers la gauche et cogna à une grande porte marron, similaire à celle de son bureau. "Oui ?"
Il entra. Derrière la porte, assise à son bureau, une femme à l'âge avancé, petite de taille mais grande par l'esprit. "aaaah, Dr Laroche ! Comment allez-vous aujourd'hui ?" - "Très bien, merci. Et vous ? Je viens vous consulter pour parler de Mr Edel. Je l'avais en consultation aujourd'hui, ça ne va plus du tout. Il est totalement replié sur lui-même, n'a plus conscience de quoi que ce soit qui puisse se passer autour de lui. Il s'est enfermé dans un mutisme sans issue. Je ne crois pas qu'on puisse espérer lui éviter la dernière étape..."
Ils discutèrent du cas de leur patient pendant de longues minutes. Alex était resté comme à son habitude passif, pensif, dans le bureau. Là même où l'avait laissé le bonhomme à la moustache négligée. A son retour, Dr Laroche tenait près de lui un dossier de quelques pages. Un dossier à remplir. Avec tact. Mais rapidement.
Il y a quelques minutes, Alex, le dernier Homme du monde, était assis seul dans une pièce ; quand on frappa à la porte... Et maintenant, on voulait lui faire remplir un formulaire d'autorisation. Il se sentait si seul au monde, depuis la disparition de son épouse, huit mois auparavant. Oui, il était si seul... Pourtant, les bruits qui l'entouraient n'avaient jamais cessé. Les oiseaux n'avaient pas arrêté de chanter, les enfants n'avaient pas arrêté de rire, et la vieille dame du quatrième étage n'avait pas arrêté de râler.
Dr Laroche se demanda si c'était réellement une bonne idée, d'isoler quelqu'un pour qu'il arrête de se sentir seul... Là était toute la complexité du problème. Mais il fallait cesser d'attendre autre chose. Ils avaient fait de leur mieux, et l'équipe de psychiatres qui avaient suivi jusqu'ici son parcours ne voyaient aujourd'hui plus comme issue que son internement en hôpital psychiatrique.
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Défi
Juloco
Une mélancolie pas comme les autres...
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Défi
Juloco

Tu es là, devant moi. Tu me regardes d'un air accusateur et exigeant, en même temps que ton sourire me ramène à ta bienveillance. Mais qu'attends-tu de moi ?



A mesure que j'écris, tu es là. Tu prends forme devant moi, solide comme un roc. Et pourtant ta silhouette m'apparaît de plus en plus floue. Je ne comprends pas ce que tu cherches, je ne comprends pas à quoi tu joues.


Ici tu me mets des barrières, et là tu me pousses à aller plus loin. Un coup tu m'aimes, un coup tu me détestes. Tu es l'amant le plus lunatique que je n'ai jamais eu. Pourtant, après tant d'années, je continue à mettre toute mon énergie à essayer de te séduire. Parfois, j'en oublie même de me séduire moi-même. Je me plie en quatre pour toi. T'en rends-tu compte ? Tu te montres si ingrat parfois !


Tu sais, je me rends bien compte que ta personnalité est trop complexe pour que je puisse te plaire en entier. Tantôt rêveur, tantôt terre-à-terre ; tantôt drôle, tantôt nostalgique ; tantôt distingué, tantôt vulgaire... Il m'est impossible de satisfaire tous tes besoins. Mais les meilleures relations ne sont-elles pas faites de concessions ?


De toutes façons, je peux bien te tenir tête, tu finis toujours par reprendre le dessus. Le fait est que le roi, c'est toi.

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Défi
Juloco

L'été, enfin. J'étais tout seul, mais peu importe : j'étais sous le soleil. Après une année cadencée entre mon divorce, le rachat de ma boîte et la mort de mon père, je n'allais quand même pas me priver du sable chaud et des cocktails à volonté.


J'étais allongé de tout mon long, ne faisant plus qu'un avec ma grosse serviette de plage aux rayures colorées. J'étais si bien, la chaleur m'apaisait d'une telle force que je finis par m'endormir peu à peu, bercé de loin par le doux bruit des vagues.


- *Cac cac*
- Aoutch !


Quelque chose venait de me pincer le bras, me sortant de mon sommeil comme on se pince en espérant sortir d'un mauvais rêve. Un coup d’œil furtif à droite, un autre à gauche... Personne. Je posais de nouveau confortablement ma tête sur mes bras grassouillets d'avoir trop mangé cette année.


- *Cac cac*
- Putain la jambe maintenant ! Ça fait super mal !


Je me redressais d'un bon, furieux, prêt à attraper le sale mioche qui était en train de s'amuser avec le pauvre corps inanimé d'un homme fatigué... Toujours personne. Je jetais un œil naturellement dans le sable, et y trouvais une coquille de moule.


- *Cac cac*


C'était donc ça ! Une moule encore vivante, en plein soleil, au beau milieu de la plage.


- Ben qu'est-ce-que tu fais là, toi ?


Je me levais dans un effort insurmontable pour faire ma bonne action et la remettre à l'eau.


- Te fatigue pas M'sieur.


Surpris par cette petite voix semblant venir tout droit de la coquille que je tenais du bout des doigts, je la balançais par réflexe, en poussant un petit cri ridicule digne des plus grands lâches de ce monde.


- Oh bah non... Pfffft, j'ai du sable plein la bouche, t'exagères !


Toujours aussi surpris par ce qui était en train de se produire, je ramassais la petite coquille recouverte de deux ou trois bouts d'algue séchée.


- C'pas cool de balancer ses copains comme ça !


- Toi ? Mon copain ? Je n'en suis pas encore réduit à parler avec une moule...


- C'est pourtant exactement c'que t'es en train d'faire, mon pote, et je te confirme que de toutes façons, il n'y a que moi avec qui tu puisses parler ici.


- Mouais... Tu as peut-être raison. Mais comment se fait-il que tu parles ? Quel drôle d'animal es-tu ?


- Bah... Une moule. Et toi ?


- Un con.


- Ah... Connais pas. Mais ça a pas l'air super marrant.


- Depuis quand les moules n'ont pas besoin d'eau ?


- Depuis qu'les hommes parlent avec des moules.


Bizarrement, le temps d'apprivoisement passé, je commençais déjà à m'attacher à cette bouche faite de deux coques qui s'entrechoquaient à chaque syllabe. Elle n'était pas bête, bien que ça en soit une. Elle avait plein d'histoires sympas à raconter, et avait un humour fin que je lui enviais presque. Elle finit par me proposer d'aller faire quelques brasses avec elle dans l'eau si claire et si chaude que la mer nous offrait. J'hésitais un peu, puis j'acceptais, attiré par cette douce folie. Le problème était que pour une moule, elle nageait beaucoup plus vite que moi. Et vers le large.


- Eh oh !!


- Eh oooooh !


J'entendais sa voix s'éloigner de plus en plus vers le large et tentais tant bien que mal de la rattraper.


- Eh oh, allez, dépêche toi M'sieur !


- *Cac cac*


- *Cac cac*


- *Clac clac*


Deux claques supplémentaires et j'ouvrais les yeux. Trempé, couché sur le sable humide, les poumons baignant dans l'eau salée. Au-dessus de moi, trois visages ronds. Celui d'un enfant, celui de sa mère et celui d'un sauveteur en mer portant cet admirable maillot de bain rouge plein de clichés.


J'étais parti si loin au large que j'ai fini par m'épuiser et me noyer.


On m'emmena à la cabine d'urgence de la plage, et le médecin me trouva une vilaine insolation, avec perte de connaissance et folie à la clé.


C'est bien là, le problème de partir seul sous les cocotiers : le temps que quelqu'un se rende compte que vous nagez en plein délire car votre tête a trop pris le soleil, vous avez bien le temps de faire trois fois le tour du littoral à la nage en parlant à votre moule de compagnie.
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Juloco

Je ne sais plus quoi faire...
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