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Pocahontas

Nord.

Enseignante, deux très petits enfants, lectrice de romans fantasy et ecrivain amateur de recits jeunesse.

4
œuvres
3
défis réussis
5
"J'aime" reçus

Œuvres

Pocahontas


Le lac des cent miroirs scintillait dans le soir tombant, la lande était parcourue de frissons faisant danser ses fleurs et ses blés verts. Quelques oiseaux pépiaient dans les rochers près de la plage, à la recherche de leurs proies prisonnières des flaques. Quelque chose fit soudain fuir les petits chasseurs, qui s'égaillèrent avec bruit. Sur la plage de sable fin, épuisé par une course éfreinée, un jeune garçon s'arréta pour reprendre son souffle et observer les alentours. Il escalada à la hâte les rochers jusqu'à se trouver sur un promontoire, à quelques mètres au dessus de l'eau. Rien ne bougeait. Une légère brise ébouriffa ses cheveux noirs poissés de sueur. Il s'accroupit et scruta la surface lisse du lac.
Pendant une affreuse minute, il crut s'être trompé de jour ou d'heure, quand soudain, il aperçut un mouvement sur l'eau. D'abord quelques bulles vinrent éclater à la surface, perturbant le reflet parfait de la lune. Une forme émergea doucement : d'abord un crâne, puis un visage très pâle, à demi immergé, flanqué de pupilles presque blanches. Tristan retint son souffle, invisible contre son rocher. La créature effectua quelques mouvements de brasse et il put observer sa fine bouche rose, son long cou et ses épaules osseuses.
Il banda alors tous ses muscles et poussa un cri de guerre qui la fit sursauter. Il prit son élan, s'élança dans un saut éperdu et crut un moment que le temps était suspendu. Il retomba dans l'eau dans une position pitoyable, éclaboussant la fille qui se mit à rire aux éclats. Il se laissa couler, et frappa puissament du pied contre le fond vaseux pour remonter vers elle. Il tenta d'arriver vivement pour la surprendre, mais elle suivait déjà tous ses mouvements, ses yeux limpides grands ouverts dans l'eau du lac. Ils jouèrent un moment à se poursuivre dans l'eau, puis finirent par se reposer sur la plage, allongés sur le sable. Quand le soleil fut presque avalé par la ligne d'horizon, il inonda d'un rouge éclatant le lac et ses abords, les deux jeunes gens se relevèrent pour admirer le spectacle. Tristan se retourna vers sa compagne, un sourire goguenard aux lèvres:
-Je t'ai apporté un cadeau, fit-il triomphant.
Elle ouvrit de grands yeux ravis. Il sortit de sa poche un petit paquet ficelé avec soin et lui tendit d'un air solennel. Elle battit des mains et attrapa vivement le présent. Elle admira d'abord la corde enserrant le tissu bleuté, qu'elle déplia avec précaution. Elle trouva un lien de cuir tréssé dans les tons rouges, terminé de chaque côté par de petites perles de métal. Elle haussa un sourire interrogateur.
-C'est pour ça, fit Tristan, en touchant ses cheveux crépus qui encadraient son visage comme une crinière. Elle fit la moue en soupesant une mèche.
-Ah tu n'es pas gentil, tu sais que je ne les aime pas.
Le jeune garçon souriait d'un air entendu, ses dents blanches brillant comme des bijoux sur son teint halé.
-Je le sais, mais j'ai pensé que tu pourrais les aimer aussi si tu faisais des coiffures, tu sais...comme la plupart des filles.
Il se passait la main dans les cheveux, plus très sûr de son fait. Elle grimaça :
-Je ne suis pas sure que ça rendra comme sur les autres filles.
-Ce n'est pas le but... Je... C'était stupide...
Il voulu reprendre l'objet, mais elle l'en empêcha d'un geste vif.
-Non non, c'est un cadeau, je l'accepte... D'ailleurs c'est très joli...
Il sourit et s'assit face à l'eau, observant l'astre du jour s'effacer derrière le lac des miroirs.
-C'est quoi ta couleur préférée, chuchota-t-elle.
-Hum? Surement ce rouge, répondit-il, c'est magnifique tu ne trouves pas?
Il s'était tourné vers elle pour entendre sa réponse et cilla. Elle avait relevé ses cheveux en une queue de cheval haute qui faisait ressortir la blancheur de sa peau, ses pomettes saillantes luisaient légèrement. Mais c'était sa chevelure qui était incroyable, elle semblait avoir absorbé le rouge profond du ciel de ce soir. Elle avait l'air à la fois terrible et fragile, serrant ses genoux repliés entre ses bras maigres. Elle surprit son regard et parut étonnée :
-Quoi?
-Oh rien, fit le garçon doucement, c'est parfait.
C'est ce soir là qu'il avait su qu'ils ne se verraient plus.



La tête penchée sur les notes de sa dernière réunion, Tristan pensait clairement à autre chose. Il relacha la pression sur son dos par quelques mouvements du cou et passa la main dans ses cheveux crépus. Ils étaient longs de quelques millimètres de trop, il faudrait qu'il arrange ça au plus vite. Il fit jouer ses doigts effilés et parfaitement manucurés sur le bois du bureau, et jeta un nouveau coup d'oeil à la porte. Elle était en retard. Elle savait pourtant qu'il commençait ses journées à l'aube, au vu du nombre incalculable de fois ou elle lui était tombée dessus. Elle le faisait attendre exprès. Elle savait que son maître et lui étaient revenus de voyage, forcément, elle savait toujours tout. Si elle n'était pas encore arrivée c'est qu'elle cherchait à l'impatienter. Encore une de ses techniques d'intimidation. Il exudait la nervosité, elle allait encore sortir victorieuse de l'altercation qui ne manquerait pas d'avoir lieu aujourd'hui. Il tira sur le col de sa tunique sombre et la rajusta, en lissant le tissu élimé d'un geste habituel, puis se remit au travail. C'est ce moment qu'elle choisit pour pénétrer dans l'étude de l'homme.
Il entendit la porte se refermer doucement et le frolement de ses vêtements sur sa peau, sentit son parfum enivrant avant de la voir s'appuyer nonchalemment au bureau. Il tenta d'apaiser les battements de son coeur avant de daigner lever les yeux d'un air agacé.
-Tiens? Déjà levée?
Elle s'installait déjà à califourchon sur le bureau juste devant lui et croisait ses jambes athlétiques. Elle portait comme de bien entendu une tenue moulante agrémentée d'une foultitude de bijoux tintants. Il ne put s'empécher d'esquisser un sourire approbateur, se demandant déjà si cela faisait partie du costume et des charmes qu'elle s'était choisis pour l'occasion.
La jeune fille l'observait d'un regard amusé. Elle entortillait une mèche de cheveux écarlates, en mordillant sa lèvre inférieure. Tout en admirant le rouge profond de sa bouche, et en notant ce geste qu'il connaissait par coeur, Tristan leva les yeux au ciel et soupira.
-Quoiiii? Minauda l'autre en retroussant son petit nez mutin.
Ignorant la moue adorable de son interlocutrice et les milliers de tâches de rousseur qui constellaient son teint de pêche, le secrétaire referma sèchement son registre.
-Quand je dis que tu n'as pas rendez-vous Miranda, tu n'en as pas! Peut importe... ahum... tout ça... ajouta-t-il en rougissant avec force.
-Tout quoiii? S'insurgea la jeune fille qui croisait stratégiquement les bras sous sa poitrine.
Le sang de Tristan ne fit qu'un tour, même s'il n'était pas dupe.
-Tout ce cinéma de cheveux, d'oeillades et de parfums... Ça ne fonctionne pas sur moi ma chère, tu peux user de tous les charmes que tu veux, pas de passe droit pour les sirènes ou qui que ce soit pendant mes heures de garde.
Un sourcil arqué, l'air faussement outrée, elle soutint le regard de l'homme. La jeune fille rejeta ses cheveux en arrière dans un geste élégant, et s'éloigna en balançant les hanches dans un mouvement hypnotique.
-Jamais je n'userai de mes charmes contre toi cher Tristan, tu le sais bien... J'attendrai donc pour voir sa sainteté puisqu'il est si occupé! Préviens le dès son réveil.
Elle sortit en prenant bien soin de laisser quelques secondes sa main accrochée sur le chambranle de la porte, mais Tristan ne mordit pas à l'hameçon. Tristan ne cédait jamais. C'était tout à son honneur, car peu d'hommes pouvaient lui résister. Elle se demandait depuis des années pourquoi il etait le seul à ne pas succomber. Il était exaspérant de droiture, et d' intransigeance. Elle envisagea quelques secondes de faire demi tour et d'oser un de ses tours les plus puissants, mais rougit devant son audace, et songea avec un gloussement à la reaction du rigide fonctionnaire devant la parade sensuelle qu'elle imaginait lui servir. Elle laissa son doigt caresser ses lèvres en se remémorant la formule magique, puis grogna, ce n'était pas digne de sa lutte avec Tristan, il méritait mieux qu'un vulgaire sort de séduction.
Il écouta le bruit de ses pas jusqu'au bout, et s'autorisa enfin à se poser l'éternelle question : était-elle déguisée magiquement, avait-elle ajouté un charme à sa voix, à son parfum?
Il secoua la tête, et se maurigéna, il s'était mille fois juré d'ignorer ses doutes, et il avait autre chose à faire avec le travail qui s'annoncelait. Il prépara la prochaine réunion du Maître.
Celui-ci apparut en fin de matinée, arborant une tenue extravagante : une robe bleue azur parsemée de broderies compliquées, plusieurs colliers et bracelets à breloques plus que voyants, ainsi qu'une cape trainant derriére lui comme la traine d'une jeune épousée. Parfait pour détourner l'attention du commun de ses traits tirés par la fatigue du voyage. Il affichait une mine enjouée, et répondait à la troupe de courtisans venus l'accueillir avec une apparente bonne humeur. Il entra avec sa suite dans l'antichambre du bureau ou Tristan le rejoignit immediatement. D'un signe discret son Maître lui signifia de se débarasser des importuns. Il s'éxécuta en se campant au milieu de la pièce pour ânoner les obligations prévues pour la journée. Sa réputation de fonctionnaire sinistre lui venait en grande partie de ce talent.
Les suivants, hommes et femmes, protestèrent pour la forme et se laissèrent entrainer par des pages vers une réception improvisée à leur intention. Aucun n'aurait pu se targuer d'obtenir l'attention du Grand Maître une fois garde chiourne présent.
Les deux hommes se toisèrent en silence :
-J'ai cru ne jamais me défaire de ces sans gène... commença Adosphel d'une voix lasse.
L'autre haussa les sourcils l'air amusé. -Donc vous êtes venu quémander mon aide? -Oui et non, marmonna le vieil homme en passant la main dans ses cheveux argentés, je sais qu'on ne devait en reparler que ce soir, mais il fallait que je me mette au travail. -Ou vous ont-ils cueillis? S'enquit Tristan en vaquant dans la pièce. -Juste à la sortie de mes appartements, c'est à peine si j'ai pu faire deux mètres seul, grogna le vieil homme en se dirigeant vers l'étude. -Nous n'avons pas été des plus discrets pour notre retour, fit le secrétaire, Il sourit malgré lui au souvenir de l'équipage tape à l'oeil que son maître lui avait fait appréter pour leur voyage de retour. Jamais ils n'avaient été aussi repérables qu'à bord de ce carosse accompagné de voitures chargées à ras bord d'articles de luxe.
-En effet... Il se frottait le front en grimaçant. Il fallait bien faire croire que nous avions fait un voyage diplomatique, nous sommes revenus avec tellement de cadeaux que nul ne pourra en douter.
-Et amputé notre budget annuel pour cette comédie! grogna le fonctionnaire. Le vieil homme pouffa tandis que Tristant le dévisageait d'un air sévère.
-La plupart seront redistribués aux ambassadeurs ne vous inquiétez pas, et certains me seront tout à fait utiles.
Le Grand Maître s'emparait déjà du dossier concerné sur le bureau, il se racla la gorge :
-Est-elle passée?
-Pardon? Qui? fit le fonctionnaire surpris.
-Vous savez bien qui... marmonna l'ancien. Que ce soit pour vous saluer ou pour m'enquiquiner on peut toujours compter sur Miranda. Elle connait nos déplacements quand nous partons incognito, alors avec cette mascarade, elle aura compris immédiatement l'invitation. Avec l'affaire qui nous occupe, nous aurons grand besoin de ses talents.
Tristan resta médusé, il venait de résumer des années entières de non -dits avec une insouciance désarmante.
-Elle s'est manifestée ce matin, finit-il par lacher à contrecoeur, elle a demandé à vous voir.
-Bien entendu... Je suis curieux de voir ce qu'elle sait, peut-être va-t-elle nous apprendre des choses. En tous cas, elle nous sera forcément d'un grand secours.
-En effet, c'est une des meilleures espionnes de la Sphère.
Le Grand Maitre ricana :
-Cette fille n'a rien d'une espionne, elle les surpasse tous c'est certain, mais elle est bien plus que ça. Il serait dangereux pour nous tous l'oublier.
Tristan cilla devant la remarque, un dossier ouvert à la main. Imperceptiblement, tout son corps s'était tendu, il serrait les dents avec force.
-Oh remettez vous Tristan, fit le vieil homme en lui claquant une pitchenette sur la nuque, nous avons du pain sur la planche!
Choqué de tant d'ouverture et de désinvolture, le secrétaire partit vers son propre bureau sous les gloussements amusés de son maitre.


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Défi
Pocahontas

La tête penchée sur les notes de sa dernière réunion, Tristan pensait clairement à autre chose. Il relacha la pression sur son dos par quelques mouvements du cou et passa la main dans ses cheveux crépus, ils étaient longs de quelques millimètres de trop, il faudrait qu'il arrange ça au plus vite. Il fit jouer ses doigts effilés et parfaitement manucurés sur le bois du bureau, et jeta un nouveau coup d'oeil à la porte. Elle était en retard. Elle savait pourtant qu'il commençait ses journées à l'aube, au vu du nombre incalculable de fois ou elle lui était tombée dessus. Elle le faisait attendre exprès, elle savait que son maître et lui étaient revenus de voyage, forcément, ele savait toujours tout. Si elle n'était pas encore arrivée c'est qu'elle cherchait à l'impatienter. Encore une de ses techniques d'intimidation. Il exudait la nervosité, elle allait encore sortir victorieuse de l'altercation qui ne manquerait pas d'avoir lieu aujourd'hui. Il tira sur le col de sa tunique sombre et la rajusta, en lissant le tissu élimé d'un geste habituel, puis se remit au travail. C'est ce moment qu'elle choisit pour pénétrer dans l'étude de l'homme.
Il entendit la porte se refermer doucement et le frolement de ses vêtements, sentit son parfum enivrant avant de la voir s'appuyer nonchalemment au bureau. Il tenta d'apaiser les battements de son coeur avant de daigner lever les yeux d'un air agacé.
-Tiens? Déjà levée?
Elle s'installait déjà à califourchon sur le bureau juste devant lui et croisait ses jambes athlétiques. Elle portait comme de bien entendu une tenue moulante agrémentée d'une foultitude de bijoux tintants. Il ne put s'empécher d'esquisser un sourire approbateur, se demandant déjà si cela faisait partie du costume et des charmes qu'elle s'était choisis pour l'occasion.
La jeune fille l'observait d'un regard amusé. Elle entortillait une mèche de cheveux écarlates, en mordillant sa lèvre inférieure. Tout en admirant le rouge profond de sa bouche, et en notant ce geste qu'il connaissait par coeur, Tristan leva les yeux au ciel et soupira.
-Quoiiii? Minauda l'autre en retroussant son petit nez mutin.
Ignorant la moue adorable de son interlocutrice et les milliers de tâches de rousseur qui constellaient son teint de pêche, le secrétaire referma sèchement son registre.
-Quand je dis que tu n'as pas rendez-vous Miranda, tu n'en as pas! Peut importe... ahum... tout ça... ajouta-t-il en rougissant avec force.
-Tout quoiii? S'insurgea la jeune fille qui croisait stratégiquement les bras sous sa poitrine.
Le sang de Tristan ne fit qu'un tour, même s'il n'était pas dupe.
-Tout ce cinéma de cheveux, d'oeillades et de parfums... Ça ne fonctionne pas sur moi ma chère, tu peux user de tous les charmes que tu veux, pas de passe droit pour les sirènes ou qui que ce soit pendant mes heures de garde.
Un sourcil arqué, l'air faussement outrée, elle soutint le regard de l'homme. La jeune fille rejeta ses cheveux en arrière dans un geste élégant, et s'éloigna en balançant les hanches dans un mouvement hypnotique.
-Jamais je n'userai de mes charmes contre toi cher Tristan, tu le sais bien... j'attendrai donc pour voir sa sainteté puisqu'il est si occupé! Préviens le dès son réveil.
Elle sortit en prenant bien soin de laisser quelques secondes sa main accrochée sur le chambranle de la porte, mais Tristan ne mordit pas à l'hameçon. Tristan ne cédait jamais, malgré toute l'ardeur qu'elle mettait dans ses pouvoirs, et c'était tout à son honneur, car peu d'hommes pouvaient lui résister. Elle se demandait depuis des années pourquoi il etait le seul à ne pas succomber, même si le jeu avec lui était plus savoureux à chaque rencontre. Il etait exaspérant de droiture, et d' intransigeance. Elle envisagea quelques secondes de faire demi tour et d'oser un de ses tours les plus puissants, mais rougit devant son audace, et songea avec un gloussement à la reaction du rigide fonctionnaire devant la parade sensuelle qu'elle imaginait lui servir. Elle laissa son doigt caresser ses lèvres en se rememorant la formule magique, puis grogna, ce n'était pas digne de sa lutte avec Tristan, il méritait mieux qu'un vulgaire sort de séduction.
Il écouta le bruit de ses pas jusqu'au bout, et s'autorisa enfin à se poser l'éternelle question : était-elle déguisée magiquement, avait-elle ajouté un charme à sa voix, à son parfum? Il secoua la tête, et se maurigéna, il s'était mille fois juré d'ignorer ses doutes.
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Pocahontas

-Trsitan, sussura-t-elle dès son entrée dans l'étude.
Il rangeait des documents et s'arréta à peine pour la saluer d'un hochement de tête.
-Il t'attend dans la bibliothèque, grogna-t-il en désignant la porte du menton.
Elle s'y dirigea en se dandinant, déçue du peu de cas qu'il faisait d'elle, malgré tout le soin qu'elle avait apporté à sa tenue, agacée, elle faillit lui lancer une pique quand elle passa près de lui. Quelque chose dans la crispation de sa mâchoire, ses légères cernes grisâtres, ou sa manucure d'un noir électrique retinrent sa langue.
-Merci pour le rendez-vous, lança-t-elle à tout hasard.
-Ce n'est absolument pas de mon fait, lacha le secrétaire d'un ton parfaitement sec, tout en tournant légèrement le dos.
Son esprit fonctionnait déjà à toute allure, retournait déjà les indices dans tous les sens, c'est à son maître à qu'il rendait service en organisant cette entrevue, et cela ne lui plaisait pas, elle devait donc s'attendre à un coup retors du vieux dignitaire. Peut-être qu'il connaissait l'une de ses affaires en cours, mais jamais elle n'avait été aussi prudente, et son art arrivait à son paroxisme avec l'âge... De plus elle avait appris à éviter avec soin de se lier de près ou de loin aux intrigues de certains dignitaires, et Adosphel en faisait partie de ceux là. Ces quelques secondes de réflexions avaient permis à Tristan de reprendre contenance, et il leva sur elle un regard neutre de parfait fonctionnaire :
-Je te prie d'accéder à la bibliothèque sans tarder, le Grand Maitre doit t'entretenir de quelques rebondissements d'un certain dossier. Elle l'observa approcher plus que d'ordinaire, cilla, et ne put s'empêcher d'imaginer les raisons de cette soudaine proximité.
-Si tu veux bien me suivre...
Il la précéda en lui frôlant l'épaule.
-Je reviens avec une collation dans un moment...
Il lui signifiait clairement qu'elle serait seule avec le Grand Maitre, pourquoi? La prévenait-il d'un danger? Lui faisait-il comprendre qu'il souhaitait assister à l'entrevue? Qu'il désapprouvait la mission qu'on allait lui assigner? Ou qu'elle s'était trahie sur une quelconque mission et allait être arrétée? Elle eut soudain très chaud, et une goutte de sueur descendit le long de son échine. Elle expira en actionnant rapidement un sort de protection qui cacherait toutes ses réactions physiques de surprise ou de peur à son interlocuteur. Il remarqua qu'elle touchait son talisman.
-Vous tacherez alors de nous apporter une de ces tartes aux framboises dont vous avez le secret.
Elle nota avec satisfaction que sa voix ne tremblait pas, sa démarche était souple et altière, elle pouvait affronter ce qui allait suivre. Il ouvrit la porte devant elle et l'annonça, comme elle passait près de lui pour le dépasser, il lui agrippa le poignet et murmura tout en dissimulant son visage de l'homme qui se trouvait de l'autre côté. "Rien ne t'oblige à accepter..."
-Bien sûr mademoiselle, les cuisines en préparent en ce moment à notre intention.
Elle battit des cils pour assimiler l'information, le vieux renard avait prévu sa visite dès son retour, elle se redressa et entra dans la pièce avec toute l'assurance dont elle était capable.
Elle entendit la porte se refermer avec un bruit sec dans son dos et chercha le Grand Maitre des yeux. Elle faillit sourire à l'attitude mystérieuse et sombre qu'il essayait de se donner.
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Questionnaire de Scribay

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