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Christophe Méchin

Plomodiern.
Christophe Méchin
Claire et Théo sont deux petits bretons nés avec l'aide de la magie. De ce fait les légendes bretonnes sont pour eux une réalité tangible. Ils vont d'ailleurs être confrontés à l'une des plus terribles d'entre elles: Ravage le garde-chasse des démons qui va venir les tourmenter alors que leur père est tombé dans le coma. Pourquoi et que vont-ils devoir faire pour vaincre cette horrible créature. C'est ce que vous découvrirez en lisant mon histoire.
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Christophe Méchin
Voici le troisième tome des aventures de Claire et Théo actuellement en cours de réécriture. Après avoir affronté Ravage le garde-chasse des démons puis un loup-garou, il va leur falloir trouver le moyen de libérer une armée maudite pour rendre service à un ami.
Je suis preneur de toute remarque sur le fond ou la forme et en remerciement j'enverrai un exemplaire électronique du tome 1. Merci d'avance aux membres de bonne volonté.
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Christophe Méchin
Le changelin est le tome 4 des aventures de Claire et Théo. Les deux enfants vont devoir se rendre dans un endroit dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence. Ils y feront des rencontres extraordinaires et y affronteront des dangers terribles. Leur vie va changer mais où est la réalité dans tout cela ?
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Christophe Méchin
Le meneur de loups est le deuxième tome des aventures de Claire et Théo. Les deux enfants découvrent qu'ils ont un nouveau pouvoir ainsi qu'une famille au cœur de la forêt. Puis les ennuis commencent: des moutons sont retrouvés égorgés, des personnes sont attaqués. Les villageois d'à côté commencent à évoquer un loup-garou, une sorcellerie. Claire et Théo vont devoir deviner qui cherche à faire du tort à leurs frères de la forêt et pourquoi.
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Défi
Christophe Méchin

 
Je me réveille dans un fracas épouvantable. J’ai peur ! J’ouvre la porte du conteneur aménagé qui me sert de chambre et je vois le chaos : des ombres qui courent dans tous les sens au sein d’un nuage de poussière qui me recouvre et me provoque une quinte de toux. Je referme la porte et crache mes poumons pendant cinq bonnes minutes. Je suis fardé de haut en bas.

J’enfile mon treillis, mon gilet pare-éclats et mes rangers puis je rouvre la porte de mon conteneur avant de la refermer aussitôt derrière moi. Toujours autant de panique partout. Des cris, des ordres qui fusent et restent sans effet.

J’attrape une ombre.

-         Qu’est-ce qui se passe ?

-         On s’est pris un obus de mortier, putain, tu vois pas ?

Je relâche l’ombre qui disparaît dans la poussière. J’ai les nerfs à fleur de peau, après une semaine difficile. Ma main est secouée d’un spasme que je ne parviens pas à contrôler. Je dois me reprendre. Mes hommes ne comprendraient pas que je craque.

La première explosion a pris tout le monde par surprise. La deuxième provoque une peur panique généralisée à laquelle je n’échappe pas. A cinquante mètre sur ma gauche, un bruit sourd et une nouvelle déflagration. Cette fois j’entends des gens qui souffrent et appellent à l’aide. Mes nerfs lâchent. Je mouille mon pantalon. La honte !

J’ai besoin de me mettre à l’abri. Mais qu’est-ce que je fous dans ce merdier ?

Toujours autant de poussière partout ! Je ne sais même plus où je suis ! Je me trouve un recoin à tâtons et je m’y recroqueville. Mon corps est à l’abri mais mon mental est au bord d’un gouffre de stress qui peut me rendre fou ! Je dois me calmer ! Je dois à tous prix me calmer !

Personne ne me voit pour l’instant. Je retire mon casque. Tant pis pour les consignes de sécurité. Je fouille fébrilement dans la poche de mon gilet pare-éclat jusqu’à trouver mon casque de walkman. Je le mets en tremblant sur mes oreilles avant d’appuyer sur le bouton « Play ». Je dois m’y reprendre par trois fois.

 

Mon enfant nue sur les galets

Le vent dans tes cheveux défaits

Comme un printemps sur mon trajet

Un diamant tombé d’un coffret

 

Je cale mon esprit sur les paroles de la chanson comme sur un mantra de méditation. J’essaye de visualiser un max. Une plage, la Bretagne…chez moi !

 

Seule la lumière pourrait

Défaire nos repères secrets

Où mes doigts pris sur tes poignets

Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

 

Je m’y promène avec ma future femme. Je prends une grande inspiration au creux de mon coude. Je sens que je commence à m’apaiser… un peu.

 

Et quoique tu fasses

L’amour est partout où tu regardes

Dans les moindres recoins de l’espace

Dans les moindres rêves où tu t’attardes

L’amour comme s’il en pleuvait

Nu sur les galets

 

L’amour ? Dans tout ce bordel ?

 

Le ciel prétend qu’il te connaît

Il est si beau c’est sûrement vrai

Lui qui ne s’approche jamais

Je l’ai vu pris dans tes filets

 

Oui, le ciel. Il sera toujours là lui… comme la mer. Cela a quelque chose de rassurant. Mes mains ne tremblent plus.

 

Le monde a tellement de regrets

 

Il n’est pas le seul, le monde. Moi aussi je regrette…surtout d’être ici.

 

Tellement de choses qu’on promet

Une seule pour laquelle je suis fait

Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

Et quoique tu fasses

L’amour est partout où tu regardes

Dans les moindres recoins de l’espace

Dans les moindres rêves où tu t’attardes

L’amour comme s’il en pleuvait

Nu sur les galets

 

Ça y est, je me pose. Ça commence à aller mieux. Le nuage de poussière se dissipe. On va me voir, j’arrête de pleurer. Je me redresse et me reprends.

 

On s’envolera du même quai

Les yeux dans les mêmes reflets

Pour cette vie et celle d’après

Tu seras mon unique projet

Je m’en irai poser tes portraits

A tous les plafonds de tous les palais

Sur tous les murs que je trouverai

Et juste en dessous j’écrirai

Que seule la lumière pourrait…

Et mes doigts pris sur tes poignets

Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai.

 

Je mets mon casque par-dessus mes écouteurs et je rembobine. Des corps passent sur des brancards devant moi. Mes hommes sont sans doute en train de m’attendre. J’appuie sur « Play », du premier coup cette fois. Je rentre changer de pantalon puis me dirige vers ma compagnie.

 

Mon enfant nue sur les galets

Le vent dans tes cheveux défaits

Comme un printemps sur mon trajet

Un diamant tombé d’un coffret…

 

 

Bosnie 1994.

J’ai passé cette journée-là à écouter cette chanson en boucle, comme une bouée de sauvetage à laquelle je me serai accroché pour ne pas me noyer.

 

Merci Monsieur Cabrel. Vraiment.
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Défi
Christophe Méchin

En fait, c'est un peu bizarre pour moi et je vais être à la limite du hors-sujet, car mon dernier jour sur terre, je l'ai pratiquement déjà vécu. C'était en 1994 à un pont de contrôle tenu par les serbes en ex-Yougoslavie.
Je devais apporter le courrier à un bataillon hollandais et le milicien qui tenait le check-point avait visiblement des a priori contre les casques bleus, exacerbés sans doute par la slivovitch (eau de vie locale) dont il était imbibé. 
Ayant refusé de le laisser fouiller mon véhicule, il m'avait fait descendre sous la menace de sa kalachnikov et m'avait menotté à un arbre sur le bas-côté de la route, me promettant de m'exécuter si mon conducteur ne revenait pas dans les délais impartis.
Son taux d'alcoolémie me fit craindre le pire et j'ai vraiment eu peur de vivre mon dernier jour sur terre, cette fois-là. 
Que s'est-il passé ? 
J'ai d'abord pensé à mes parents, redoutant par avance la tristesse que l'annonce de ma mort allait leur causer. Puis, j'ai pensé à ma fiancée. Dans un premier temps, j'ai regretté de ne pas pouvoir faire ma vie avec elle, puis je me suis consolé en pensant qu'avec les années, elle parviendrait à faire la sienne sans moi. J'ai alors remercié Dieu de ne pas avoir d'enfants.
Mon moral est tout de suite tombé au niveau de mes semelles, mais comme le milicien m'exhibait tel un trophée à tous ceux qui passaient le check-point, je me suis forcé à rester digne. Cela n'a pas été facile.
Je voulais hurler, l'insulter, pleurer. Vraiment. Je peux l'avouer aujourd'hui, car il y a prescription mais il n'y avait rien d'héroïque dans ce qui me venait à l'esprit. Je me demandais surtout comment j'avais pu me laisser entraîner dans une telle situation et je me trouvais nul. Nul d'être devenu militaire, nul de m'être fait avoir par un cul-terreux serbe bourré. Nul !
Je pense maintenant que cette phase de déprime a duré deux bonnes heures. Ensuite quelque chose a changé. J'ai commencé à me demander ce que j'aurais voulu faire de mon avenir si je l'avais vécu, quels étaient les projets que j'aurais voulu mener à bien: avant 30 ans, j'aurais voulu faire le tour du monde, écrire un livre et avoir un enfant. Ces trois choses se détachèrent nettement de tout le reste après mûre réflexion.
Comme mon cerveau tournait à plein régime pour broyer du noir, j'ai voulu me changer les idées, au sens propre. Je me suis assis dans l'herbe au pied de mon arbre et j'ai commencé à imaginer quels pays j'aurais traversés, quels monuments j'aurais visités. C'est évidemment mon tour du monde que j'aurais raconté dans le livre que j'aurais écrit juste après. Ensuite, je me serais marié et j'aurais eu une petite fille, une jolie petite fille à qui j'aurais appris à marcher, puis plus tard à faire du vélo.
Cette perspective me procura un réconfort tel, que je décidai de continuer à imaginer ma vie en accéléré avec le plus de détails possibles. L'après-midi touchait à sa fin lorsque je me vis vieux et mon exercice de visualisation m'ennuya.
Pire, je me suis mis à regretter de l'avoir fait. J'avais perdu un temps précieux à me projeter dans un avenir hypothétique, gâchant inutilement les précieuses heures qu'il me restait à vivre. 
Tous mes sens s'exacerbèrent. Ma vue, mon ouïe et surtout mon odorat firent de leur mieux pour collecter le plus d'informations possibles en un minimum de temps.
Le milicien, toujours bourré, me visait régulièrement puis faisait semblant  de tirer au fur et à mesure que le temps passait.
Malgré les années qui ont passé, je me souviens encore très bien de l'odeur des sapins de la forêt toute proche, du zonzon d'un essaim de guêpes dans l'arbre d'à côté. Ah cette odeur de sapin ! Elle est restée associée, depuis, à un moment intense de soif de vivre, de joie de vivre le plus possible l'instant présent.
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Défi
Christophe Méchin

J'ai écrit ce texte en référence à une histoire racontée, je crois, par Pierre Bellemare. 


Ma femme me trompe. Cela devait arriver avec 30 ans d’écart. Je ne peux pas dire que je n’avais pas été prévenu par tout ce que mes relations comptent de conseilleurs, parents et amis divers et variés. Je ne les ai pas crus.
Evidemment que je savais qu’elle m’épousait pour mon argent. Mes millions m’ont ôté mes illusions à ce sujet, mais j’avais espéré qu’avec le temps, elle parviendrait à m’aimer un peu. Raté ! C’est Henri, mon ami d’enfance qu’elle préfère. Quel enfoiré !
Lorsque j’ai eu mes premiers soupçons sur son infidélité, j’ai engagé un privé qui l’a suivie et les a photographiés dans leur petit nid d’amour de l’hôtel « Normandie ». Elle lui a même fait des trucs qu’elle avait toujours refusé de me faire, à moi. Salope ! Je m’occuperai d'elle plus tard.
Henri, mon cher Henri ! Mon ami de toujours ! Je vais te tuer. Je le dis sans animosité particulière, je vais te tuer car, simplement, je ne supporte pas la trahison. Il est toutefois hors de question que je passe le reste de ma vie en prison, donc cela aura l’air d’un accident. Je sais que tu es fragile du cœur, et que tu collectionnes les timbres. J’ai du temps devant moi et des moyens presque illimités….
Plusieurs mois sont passés. Aujourd’hui, mon plan est au point. C’est pourquoi je t’ai demandé de me rejoindre, cher ami et associé, dans mon bureau. Ah te voilà !
-         Comment vas-tu Antoine ?
 
Tu ne te doutes de rien, comment le pourrais-tu ? Je n’ai rien laissé paraître. Et tu as continué de te taper ma femme bien tranquillement.
 
-         Bonjour Henri, assieds-toi je t’en prie.
-         Alors c’est quoi tous ces mystères ?
-         Mon cher Henri, j’ai beaucoup pensé à toi ces derniers temps.
-         Ah bon ? Tout va bien ?
-         Oui, oui. Ne t’inquiète pas. J’ai pensé à toi et à ta passion des timbres. Connais-tu le timbre le plus rare du monde ?
-         Bien sûr ! C’est le Penny rouge de 1847, il est estimé à 1.5 millions d’euros.
-         Exact. Voudrais-tu en faire l’acquisition ?
-         Qu’est-ce que tu me chantes là ? Je sais pertinemment qu’il n’en existe qu’un seul exemplaire et qu’il n’est pas à vendre.
-         C’était vrai jusqu’à la semaine dernière. Vois-tu, il y a quelques mois, j’ai décidé de diversifier mes investissements. Les banques sont beaucoup moins sûres qu’avant et tout ce tapage autour du terrorisme rend les transactions moins discrètes. Ton enthousiasme pour la philatélie m’a convaincu de m’y intéresser. J’ai donc mis en place des équipes aux quatre coins du monde afin de me dénicher les timbres les plus chers pour en faire l’acquisition.
 
Je vois ta respiration qui s’accélère. Tu es à moi !
 
-         Serais-tu en train de me dire….
-         Que j’ai acheté le « Penny rouge », oui ! Vu le prix, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un investissement intéressant.
 
Tes yeux sont exorbités.
Ton visage est rouge comme une pomme prête à tomber mon pauvre Henri.
 
-         Montre le moi !
 
Je sors un écrin d’un tiroir que je pose délicatement sur mon bureau. Tu t’approches le souffle court. Tu frôles déjà le malaise lorsque j’ouvre la boîte.
 
-         Grands dieux Antoine, c’est donc vrai ! dit-il en fixant le bout de papier dentelé à l'intérieur, comme hypnotisé. Vends le moi !
-         Allons Henri, tu sais bien qu’il ne peut y avoir d’histoires d’argent entre nous.
 
Tu sors ton carnet de chèques.
-         Arrêtes de déconner, dis-moi ton prix ! Un million six ? Un million sept ?
-         Je ne veux pas d’argent !
-         Arrêtes je te dis ! Tu ne te rends pas compte ! ce timbre, c’est le Graal de tous les philatélistes du monde, Antoine ! Du monde ! Deux millions ?
 
Tu as du mal à respirer. C’est l’hallali.
 
-         Je te répète que je ne veux pas d’argent.
-         Qu’est-ce que tu veux, alors ! Merde !
-         Quelque chose que tu ne peux plus me donner.
-          ???
-         Ta loyauté, Henri. Je veux, ou plutôt j’espérais ta loyauté... Je sais pour toi et ma femme.
 
Je jubile tandis que tu pâlis. Tu as un mouvement de recul alors que je mets ma main dans la poche intérieure de ma veste.
 
-         Oh, dis-je. Tu me connais si mal ?
 
Je sors mon briquet en forme de révolver. Après un instant de frayeur, tu sembles soulagé que ce ne soit pas une vraie arme. Je m’allume un cigare. Tu ne dis plus rien, tu ne bouges plus. Tu attends la suite, tel un gibier qui comprend qu’il n’y a plus d’issue.
Je prends une pince à épiler puis saisis le timbre avec délicatesse.
 
-         Ecoute Antoine, dis-tu. J’ai fait une connerie, c’est vrai.
 
Je t’écoute, c'est vrai, mais avec distraction. J’approche le timbre de la flamme du briquet resté allumé.
 
-         Tu ne vas pas…
 
Tu sembles incrédule devant ce qui se passe. J’approche la flamme encore plus près.
 
-         NON !
 
Trop tard ! Le petit rectangle de papier vient de s’enflammer. Ce n’est plus q’un tout petit tas de cendres qui tombent sur le bureau et que j’époussette négligemment.
Tu n’en crois pas tes yeux. Je te fixe avec un sourire mauvais. « Schadefreude » aurait dit Freud. Oui, une joie malsaine qui agrandit mon sourire alors que tu portes la main à ta poitrine.
Paniqué, tu as l’air de chercher les palpitations de ton cœur qui ne bat déjà plus. Tu t’effondres. Je viens vérifier l’inéluctable, puis je décroche mon téléphone pour appeler ma secrétaire :
 

- Sophie ? Appelez vite une ambulance ! Henri vient de faire un malaise. Je ne sens plus son pouls !
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Christophe Méchin



Je te hais lorsque tu m'ignores
Et qu'au lieu de parler, tu sors

Je te hais madame je-sais-tout
qui veut fourrer son nez partout

Je hais ton élégance de tous les jours
qui souligne mon côté balourd
Je te hais au point de partir
ou même parois te faire mourir
Mais je te hais aussi de savoir me faire revenir
en entretenant mon désir. 
Je hais ta présence
mais encore plus ton absence

Je hais quand tu sais m' énerver
et que tu sais comment m' calmer

Je te hais d'être toute ma vie
Mais oui je te hais ma chérie.
 
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Défi
Christophe Méchin

 
Ce matin, en préparant mon café, j’ai rencontré Dieu. C’était extraordinaire ! Non pas le fait de rencontrer Dieu, cela m’arrive souvent. Mais qu’il choisisse mon bol de café pour apparaître, ça, c’était exceptionnel ! Si encore cela avait été un grand café, genre brésilien, cuvée spéciale et tout et tout, mais non, même pas. Il s’agissait juste d’un café milieu de gamme acheté au supermarché du coin.

C’est arrivé pendant que je versais les grains dans le mixer. J’aurais du me méfier quand j’ai entendu les jurons et les petits cris de douleur. Du café, cela ne peut pas jurer, surtout s’il a été bien élevé comme c’est indiqué sur le paquet. Il doit gentiment se laisser réduire en poudre pour la plus grande satisfaction des consommateurs. Mais bref, je ne voudrais pas me laisser emporter, surtout qu’il est impossible de savoir où l’on atterrit lorsque c’est le cas et que j’étais déjà en retard pour la messe.

Bref ! Je vois donc la poudre de mon café prendre la forme d’une bouche au fond de mon bol et me parler :
- T’es là ?
- Qui est à l’appareil…euh au fond du bol ?
- Qui veux-tu que ce soit ? Cela t’arrive souvent de voir ton café réduit en poudre te parler ?
- A vrai dire, c’est la première fois. Mais vous répondez à ma question par une autre question. Laissez-moi deviner, vous êtes un intellectuel parisien, plutôt rive gauche?
- Je suis ton Dieu, idiot !
- Désolé de vous contredire, mais mon dieu est loin d’être un idiot.
- Ce n’est pas moi l’idiot. Je suis ton dieu, je marque une pause pour la virgule et montrer ainsi que l’objet de la phrase change, et idiot s’adresse directement à toi.
Je décidai de garder le silence, vexé. La bouche reprit.
- Tu boudes ?
- Je restai coi.
- Allez ne fais pas l’idiot ! Parle-moi !
- Faudrait savoir : je suis idiot ou pas ?
- Mais non tu ne l’es pas. Je ne parle pas aux idiots, ça les rend intelligents.
- Pourtant, quand on regarde l’actualité, beaucoup prétendent savoir ce que vous pensez, ce que vous voulez. Ils agissent en votre nom. Ils disent qu’ils sont en liaison permanente avec vous.
- Je ne leur ai rien demandé, ce sont eux les pires. C’est à cause de cela que je suis là. Vois-tu, je touche le fond.
- Le fond de mon bol ?
- Oui aussi mais tu m’énerves à te faire plus idiot que tu n’es, chuchota-t-il.
- Pourquoi chuchotez-vous ?
- Parce que tu fais l’idiot et que je ne vais plus te parler si tu continues. La qualité de ma connexion avec un humain est proportionnelle à son intelligence.
- Il me sembla avoir pourtant lu quelques part : « heureux les simples d’esprits, le royaume des cieux est à eux » ou quelque chose dans ce goût-là.
- Tu confonds tout là : un simple d’esprit ne se comporte jamais comme un idiot alors qu’un idiot se comporte souvent comme un simple d’esprit. Toutefois ce n’est pas ce qui m’amène.
- Et qu’est-ce qui vous amène ?
- J’ai besoin d’une solution pour les problèmes du monde.
- Rien que ça ! 

- Oui tant qu’à faire.

- Je pense qu’il vaudrait mieux prendre les problèmes un par un.

- D’accord : l’écologie.

- C’est le matérialisme qui détruit notre monde, trop de gens pensent que vous n’existez pas et se vouent à l’argent.

- Ok, je note ta remarque et nous essayerons de trouver une solution globale à la fin. Le fanatisme religieux ?

- Là ce sont des gens qui pensent que vous n’existez que pour eux.

- Bien, la pauvreté ?

- Même chose que le matérialisme. Je vais vraiment être en retard à la messe !
La bouche susurra quelque chose mais je n’entendis pas. J’avais du dire quelque chose d’idiot. J’approchai mon oreille du fond du bol.

- Rappelle-moi qui tu vas voir à la messe, nez de bœuf ?

- Au temps pour moi.
La voix reprit son volume normal.

- Pour l’instant ce que tu me dis, le dénominateur commun, en fait, c’est moi ?

- Ben….j’ai bien l’impression.

- Que me conseillerais-tu de faire ? Je ne peux quand même pas me suicider !

- Non, il ne vaut mieux pas. L’époque où l’on disait déjà que Dieu était mort a débouché sur la deuxième guerre mondiale.

- Alors ?

- Le problème vient des idées, certaines sont bonnes et d’autres beaucoup moins.

- Je ne peux pas empêcher l’homme d’avoir des idées, tout le monde serait idiot et cela renforcerait le fanatisme.

- Exact, mais il est peut-être possible de travailler sur la façon de les exprimer. Il faudrait agir au niveau des mots !

- Que veux-tu dire ?

- Les mots ! Ce sont les mots qui véhiculent les idées ! Ce sont les premiers à faire souffrir lorsqu’ils sont mauvais.

- Je crois que je commence à comprendre : il faudrait obliger les gens à bien choisir leurs mots pour exprimer leurs idées, à réfléchir avant de parler en fait !

- Tout à fait et il faut une sanction sans grande conséquence mais bien réelle s’ils ne le font pas. Une odeur ! Il faut que les noms aient une odeur ! le mot « chocolat » sentirait le chocolat, « carotte » sentirait la carotte.

 - Oui, dans ce cas, « guerre » sentirait la charogne, la poudre et le sang. « Mort » sentirait la décomposition, « peur » l’urine, « frayeur » la merde. C’est excellent ! « Colère », « haine » ça serait une odeur d’ozone chargée d’électricité statique. Les gens vont y réfléchir à deux fois avant de faire sortir n’importe quoi de leur bouche. Ceux qui ne voudront pas faire attention vomiront sans doute beaucoup au début, puis ils s’y mettront quand ils en auront marre. Je crois qu’on tient quelque chose ! Merci, je te laisse avec ton café, je m’y mets tout de suite.
Cela a été vite fait ! Depuis j’économise du désodorisant en écrivant partout sur les murs un nom qui parfume tout mon appartement d’une douce senteur de printemps, de fleur des champs sous un léger vent, de course à deux dans une prairie : Liberté. 
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Christophe Méchin

 
Ce terme désigne désormais les lutins de Bretagne en général, mais il n’en a pas toujours été ainsi. A la différence des Teuz (lutins), les korrigans sont noirs de peau avec des yeux rouges. Ils vivent dans la nature, sous la terre et toujours en tribus sous l'autorité d'un roi.

Il existe une thèse qui fait provenir ce nom « korrigan » du gaélique « caurig ghen » qui signifie « né de la roche », expression qui s'appliquait au Thuata de Dannan irlandais (peuple des fées dans la mythologie celte). Malheureusement, personne n'a encore songé à approfondir cette théorie aussi me contenterai-je de la mentionner.

Selon l’opinion la plus répandue, le mot « korrigan » viendrait du breton « korr » qui signifie « nain » avec un premier suffixe diminutif « ig » et un deuxième « an ». La traduction française de korrigan serait donc : petit petit nain.

Mais quid de l’utilité du rajout de deux diminutifs sur un nom impliquant déjà la petitesse. Un petit nain est déjà un pléonasme en français alors un petit petit nain, c’est pire. Le nom en aurait un style inutilement alourdi à moins que, comme le suggère Claude Lecouteux, il s’agisse de convaincre celui qui entend ou lit le nom « korrigan » que cet être est vraiment petit, ce qui ne serait donc pas allé de soi à l’origine.

Le mot « Corr » ou « Korr » apparaît pour la première fois dans le dictionnaire français-breton de Jeahn Lagadeuc en date de 1464. Toutefois sa piste littéraire nous entraîne au Pays de Galles. Dans Kulhwch et Olwen, récit gallois du premier quart du XIIème siècle qui reprend des traditions plus anciennes, un personnage cité est Gwyddolwyn Gorr qui est un nain magicien, comme d’ailleurs un autre personnage Ruddlwn Gorr dans « Les Triades ».

Le Gorr/Corr est donc déjà dans la littérature galloise systématiquement un nain magicien, l’équivalent d’un korrigan donc. Cela signifie que ce n’est pas le mot « korr » qui a donné « korrigan » puisque c’était déjà son acception originelle. Korr signifiant dès les origines un nain magicien, il est peu à peu entré dans le langage commun pour devenir synonyme de nain.

Les deux diminutifs « ig » et « an » ayant été rajoutés en Breton, cela montre que les Corr originaux n’étaient pas obligatoirement synonymes d’êtres de petite taille. Hypothèse renforcée par le fait que dans bien des légendes, les korriganes se confondent avec les fées comme l’a expliqué Divi Kervella dans son livre « légendaire celtique ».

Les Korr ou Corr étaient donc à l’origine des êtres non-humains dotés de pouvoirs magiques.

La proximité lexicale, les origines de la population de Basse-Bretagne et cette nouvelle description nous permettent de les rattacher au CORANNYEIT ou KORRANYEIT mentionnés dans les Mabinogions gallois, récits médiévaux mis par écrit au XIIème siècle qui font référence à la mythologie celtique.

Selon la légende de Lludd et Llefelys, les korranyeits étaient un peuple non-humain qui avait la faculté d’entendre toutes les conversations si secrètes soient-elles et disposaient de grands pouvoirs magiques. Ils étaient considérés comme le premier des trois fléaux qui se sont abattus sur l’île de Bretagne et ont été défaits par Lludd (équivalent gallois du dieu Lug) avec l’aide de son frère Llefelys. Ce dernier lui ayant donné la recette d’une potion pour vaincre les korranyeits.

En bref, les korrigans auraient donc été les avatars d’un peuple de non-humains avec des pouvoirs magiques mentionnés dans les grandes sagas de la mythologie celtique.
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Christophe Méchin

Je vois la petite annonce dans le journal des bonnes affaires:
"Vend robe de marié taille 42, jamais servie, suivie du numéro de téléphone et de l'adresse e-mail." 
C'était une folie, une vraie folie !
 Mes parents me l'avaient répété: " Jessica, tu es en plein dans tes études ! Tu n'as presque pas d'argent ! Pourquoi veux-tu absolument te marier maintenant ?"
Ils avaient raison comme toujours, mais Didier, mon fiancé, l'homme de ma vie, s'était engagé dans l'armée suite aux attentats de Charlie Hebdo et là, il était déployé en Afghanistan. Je pleure toute la nuit quand je l'apprends. Je veux me marier avant qu'il parte. J'ai besoin d'officialiser notre lien, notre amour. S'il lui arrive quelque chose, je préfère être sa veuve que sa petite copine. Il comprend et dit m'aimer encore plus.
Alors, je me débrouille,  je racle les fonds de tiroir. J'économise sur tout ce que je peux. Ce sera en petit comité avec des publicités partout où je pourrai en mettre. J'y parviens.
Le seul hic, c'est la robe. Didier s'en moque: "Même en slip, ça ira, rigole-t-il. Ce qui compte, c'est la nuit de noces!" Il me fait un clin d'œil vicieux. Je prends le premier  coussin du canapé convertible sur lequel nous sommes assis dans mon studio et je lui jette à la figure en faisant semblant de m'offusquer.
La robe j'y tiens. Mes parents me promettent de m'aider. Didier repart pour son régiment. Son départ est reporté de deux semaines. Tant mieux ou en l'occurrence temps mieux, j'ai plus de délais.
A la fin de la semaine, je tombe sur une annonce qui propose une robe de marié jamais servie. Elle est dans mes prix. Je téléphone tout de suite pour être sûre de ne pas la rater. La voix au téléphone me précise qu'elle a été faite par un grand couturier. Je reçois des photos sur ma boîte mail: elle est magnifique ! Je retéléphone aussitôt pour confirmer que je la prends et nous nous donnons rendez-vous le lendemain. Je préviens mes parents de la bonne nouvelle. Ma mère, couturière à ses heures, me propose de la retoucher au besoin.
En fin d'après-midi le jour suivant, je sonne à la porte d'un appartement cossu. Une femme dans une robe noire m'ouvre. Elle est lugubre. Je lui dis que je viens pour la robe et elle me fait entrer. Les volets sont baissés. Sur une commode dans l'entrée je vois un cadre photo entouré d'un ruban noir, le visage d'un homme souriant. Je crois comprendre ce qui s'est passé, mais je me refuse à poser un quelconque question. Cette femme souffre encore, c'est évident. Elle part  et revient avec la robe. Elle est encore plus belle que sur les photos, et tellement classe!
Maintenant j'ai un peu honte de lui racheter sa belle robe pour si peu. J'ai l'impression d'être un charognard. 
- Vous êtes sûre de vouloir la vendre ? me risqué-je timidement.
- Oui, me répond-elle sans hésiter. 
Je lui donne l'argent et prends la robe, peut-être un peu vite de peur qu'elle ne change d'avis. Puis je lui sers la main et repars. Je l'entends derrière moi quand j'atteins la porte d'entrée.
- Attendez ! 
Aïe la tuile ! Elle veut surement changer d'avis. Je me retourne.
- Oui ?
- Êtes-vous superstitieuse ? 
- Non !
C'est vrai. Il n'y a pas plus rationnelle que moi.
- Je peux donc vous dire que cette robe porte malheur sans que vous vouliez me la rendre ?
- Ne vous inquiétez pas, dis-je. Je ne crois pas à toutes ces ..., j'allais dire "âneries" mais il était évident qu'elle, elle y croyait. Je me contentai donc de finir ma phrase par..."choses".
- Bonne chance alors, sincèrement, me répond-elle.
Je rentre chez moi sur un petit nuage. J'essaye ma robe, que dis-je ma merveille, devant ma glace. Elle est splendide. Je suis splendide.
La sonnerie de l'entrée résonne. Ma mère doit passer pour voir la robe. J'ouvre mais ce n'est pas ma mère. C'est un militaire en grande tenue, un officier. En me voyant, les larmes lui viennent aux yeux.
- Je suis désolé, mademoiselle. Le soldat de première classe Lecointre Didier a mis votre nom pour prévenir en cas d'accident. Son parachute ne s'est pas ouvert lors d'un exercice. Il...il n'a pas survécu !
 
Un mois plus tard, cette petite annonce que je vois dans le journal, c'est la mienne! 
 
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Défi
Christophe Méchin

En réponse à ce défi, j'ai fait tourner mon générateur d'histoire pour un environnement SF
( http://maison-des-legendes.com/genefic%20artisteer/choixlenvironnementsciencefiction.php. )
Voilà le résultat:
Le cadre temporel de votre monde sera l'ère informatique. Si c'est avant l'ère interstellaire, il peut s'agir d'un voyage temporel ou de la découverte d'une planète moins avancée.
Le cadre spatial  sera un autre monde et plus précisément une autre planète. Le soleil de cette planète est deux étoiles: l'une étant rapprochée et faisant office de soleil une autre étant éloignée formant seulement une grosse étoile dans le ciel diurne.
La distance de la planète par rapport à son étoile de rattachement orbital est de 5 unité(s) astronomique(s), l'UA étant la distance de la terre au soleil soit 90 millions de kms.
La circonférence de votre monde est de 2 fois celle de la Terre.
La planète met 11.180339887499 années terrestres pour tourner autour de son étoile.
On part du principe que la température à la surface de l’étoile est suffisante pour permettre à l’eau d’être à l’état liquide sur la planète, donc à la vie de se développer.
Le pourcentage de terres émergées est de 50%.
Le climat du lieu où se déroule le récit est tropical.
Le paysage planétaire ne comporte aucun continent mais que des îles.
Le type de végétation correspond au climat mais la taille est petite. La vie animale est du type insectes et mollusques + reptiles et poissons.

La taille des aliens de ce monde est en général microscopique. Le régime d'alimentation le plus répandu chez les aliens de votre monde est carnivore. Le niveau d'avancement de la civilisation alien est l'ère interstellaire. L'apparence des aliens est minérale. L'attitude des aliens est en général hostile. La culture alien est de type nomade. Leur système politique est majoritairement anarchique.
Les ensembles urbains aliens sont de type mégalopole planétaire qui prend l’apparence de rochers affleurant sur toute la surface. L'énergie utilisée par la civilisation alien est de type renouvelable naturelle. Le moyen de communication utilisé le plus souvent est la télépathie. Les échanges commerciaux se font par des devises à définir.
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