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littlebirdwriter

"Écrivaine depuis sa plus tendre enfance et buveuse de thé à plein temps, voilà ce qui pourrait la définir. Une petite plume engagée dans la vaste société, afin de tendre la main à ceux dans le besoin. Son rêve, transformer des vies à travers le jeu de ses mots.

Elle est la mécanique de l’espoir.

Elle chante la vérité.

Elle respire la joie.

Et tout cela, elle veut le partager."

Bonjour à toi, cher lecteur. Qui que tu sois, je te souhaite la bienvenue. Comment me découvrir ? C’est assez simple : me lire. Si tu jettes un œil à mes projets, peut-être parviendrais-je à t’intriguer. Assis-toi confortablement et lances-toi dans les péripéties de mes personnages. C’est promis, tu ne le regretteras pas.

La Plume Messagère

6
œuvres
1
défis réussis
65
"J'aime" reçus

Œuvres

littlebirdwriter


– Vous êtes écrivain, n’est-ce pas ?
Si la formulation avait tout d’une question, le ton de la voix exprimait davantage une remarque.
Il n’avait pas répondu, se contentant d’étirer ses lèvres en un rictus. La surface fine et légèrement rugueuse émettait un frottement sous ses doigts. Son regard derrière les épais verres qui surmontaient son nez se baladait sur la file de mots. Soudain, le bouquin s’était refermé dans un claquement sonore. D’un geste brusque, l’homme avait reposé l’ouvrage sur l’étagère. Il n’avait jeté aucun regard à la silhouette qui se tenait à un pas.
– Ah, écrire ! poursuivit malgré tout celle-ci, ses mots accompagnés d’un soupir d’aise. Écrire pour ne plus souffrir. Écrire pour dévoiler ses désirs. L’écriture est en soit… magique.
Sa main avait glissé le long des dos de livres. Son autre poing s’était crispé imperceptiblement. Le rouge montait lentement à ses oreilles. Il avait grogné, un méli-mélo de mots indistincts. Puis, sa voix sèche s’était faite plus claire :
– Pourquoi restez-vous là ? Que voulez-vous ?
– Simplement vous aider.
– Je n’ai pas besoin d’aide.
Sur quoi, le client avait dépassé la femme, la contournant de loin. Après tout, ses paroles n’étaient qu’un poison pour lui. Il avait perçu le souffle ennuyé de la libraire. Pourtant, cette dernière ne semblait pas près d’abandonner.
– Il est inutile de chercher le moindre livre ici. Aucun ne serait à la hauteur de vos attentes.
L’homme s’était figé. Puis, lentement, il s’était tourné vers son interlocutrice. Son chapeau s’était incliné sur son front.
– Merci de votre honnêteté.
Et tandis que la cloche de la porte vitrée sonnait, la femme l’avait interpellé une dernière fois.
– Je sais ce qu’il vous faut.
Un puissant courant d’air s’était engouffré dans la boutique, comme en réponse aux lourds propos.
– Je vous demande pardon ?
La voix de l’homme avait tremblé, malgré toute contenance. La femme savait l’occasion tenue. Elle l’avait invité à la suivre.
Piqué de curiosité, il n’avait pas hésité. Ses pas traînant sur les dalles lisses, il avait enjambé le pas de la libraire jusque dans l’arrière-boutique. Là, il découvrit sous une bulle de verre une plume sombre et le pot magnifiquement ouvragé d’une encre. Lentement, les doigts fins avaient soutiré les précieux objets de leur détention et les avaient remis entre les mains calleuses de l’écrivain.
– J’ai déjà ce qu’il me faut, avait répliqué celui-ci, non sans énervement.
– Quoi de mieux que de nouveaux outils pour commencer une nouvelle aventure, avait souri mystérieusement la femme.
Le regard fixé sur les objets, l’écrivain se rappelait les mots de la boutiquière. Ses mains sur son bureau se mirent à trembler. Les émotions fusaient de son cœur, embrouillant son esprit et paralysant presque ses membres. Il se disait écrivain. Pourtant, voilà bien une grosse année qu’il n’avait point touché à la plume. Il s’était promis de ne plus en toucher la moindre. Tous ses travaux, interminés, demeuraient à présent profondément enfouis à l’arrière de sa maison. Entre les racines d’un arbre au tronc épais.
Et pourtant… Pouvait-il revenir sur sa parole ?
Déjà, l’envie démangeait ses doigts. Un sentiment refoulé depuis si longtemps refaisait surface, le poussant à se pencher sur la feuille vierge face à lui. Il ferma les yeux, cherchant à calmer la pression de ses nerfs. Toutefois, un jappement brisa toute concentration.
– Qu’y a-t-il, Lius ? cria-t-il d’un ton colérique.
Le chien se contenta de le fixer de ses grands yeux doux. Assis, sa queue s’agitait de plus en plus vite, signalant son impatience. Enfin, il se redressa pour s’avancer jusqu’au meuble. Son museau poussa l’encre dans la direction de l’homme.
– Tu ne vaux pas mieux que cette femme, renifla l’écrivain.
Sous le regard insistant de l’animal, il ne put cependant que se résoudre à prendre la plume. La caresse qu’émit la douceur de cette dernière le fit tressaillir. De sa main libre, il attrapa une bouteille parmi le tas disposé à terre et en avala goulûment le contenu. Sa manche essuya sommairement le liquide qui perlait de son menton.
– Eh bien.
L’écriture est en soit… magique.
Les mots résonnèrent dans son esprit. Sa mâchoire se contracta et il baigna enfin le bout de son arme dans l’encre aux reflets obscurs. Puis, délicatement, quelques courbes furent tracées sur le papier. Un à un, des mots apparurent. Expressions de ses noirs sentiments.
Dans le lointain ambiant, un chant macabre résonne sur les plaines. Le corbeau est là, l’ombre de ses ailes surplombant toute tête.
Tout à coup, la plume dérapa de la feuille. Un cri aigu déchira les tympans de l’écrivain qui leva subitement les yeux vers le plafond. Là, sur le chandelier, une forme s’était perchée. Le croassement reprit. Les os tremblèrent dans la chair de l’homme.
– Sorcellerie ! s’écria-t-il à pleins poumons dans un sursaut.
Il sentit l’oiseau de malheur fondre sur lui et il se précipita vers la fenêtre. Les griffes lui frôlèrent l’oreille lorsqu’il souleva d’un coup le battant. Enfin, le corbeau s’élança dans la nuit à coup de battements d’ailes féroces.
Hagard, l’écrivain posa une main sur sa poitrine crispée et s’affala contre le mur. Lius, lui aussi effrayé par la soudaine apparition, vint se frotter aux jambes de son maître.
Il pesta. Hurla. La brise fraîche vint caresser les mèches éparses qui couvraient son crâne et il reprit peu à peu contenance. Un dernier regard haineux en direction de la plume et de l’encre, il prononça tout bas :
– Voilà ce qui m’a valu de faire confiance à cette folle.
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« Que savez-vous d’elle ? »
La voix était sèche, presque irritée. La femme offrit un sourire amusé, sans quitter des yeux le visage sombre qui menaçait d’éclater. Toutefois, une étincelle de colère la fit se tasser un peu plus sur son siège.
« Je vous ai pourtant dit tout ce que je savais », se défendit-elle en relevant fièrement le menton.
Le visiteur poussa un soupir de frustration. Il baissa la tête jusqu’à ce que les pans de son chapeau masquent toute expression. Le poing tremblant, il l’invita cependant à répéter les informations.
« J’ai toujours apprécié cette jeune fille, déclara pour la énième fois la pauvre nourrice. Et je pense que c’était réciproque.
– Oui, c’est pourquoi nous vous avons fait appeler. Vous êtes la seule en mesure de nous aider. Mais assez de tout cela : racontez-moi son histoire. »
Son interlocutrice déglutit. Elle n’appréciait guère le ton qu’utilisait l’étranger pour lui soutirer des informations. Secrètement, elle se fit la promesse de ne rien dévoiler qui ne se sache pas déjà.
« Comme vous vous en doutez, sa venue à l’orphelinat n’a rien d’étonnant : c’est une enfant abandonnée.
– Beaucoup disent qu’elle ne parlait pas, l’interrompit l’homme d’un ton agacé. Est-ce vrai ?
– Oui. Du moins, pas en public. Réservée, elle n’osait élever la parole qu’en ma présence, et seules. Elle était… différente. »
L’individu qui l’avait écouté avec attention laissa paraître une expression satisfaite sur son visage. Tournant autour de son interlocutrice, il caressa sa barbe naissante. La femme lui jeta un regard hargneux et jura en silence, pensant en avoir trop dit. Elle se reprit alors pour l’interroger d’une voix d’où perçait le dégoût : « Et vous, dites-moi : que lui voulez-vous ?
– Cela ne vous regarde en aucun cas, gronda-t-il de mécontentement, le dos tourné. Répondez simplement à ma question : où est-elle ? »
Il avait proféré chacun de ces derniers mots avec lenteur, comme s’ils avaient leur importance. La femme détourna la tête, le regard fuyant. Lorsqu’il insista, ce fut décidée qu’elle lui fit à nouveau face. D’une voix calme et l’esprit serein, elle prononça cette dernière parole, telle une bénédiction :
« Loin. Partie s’envoler. »
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La simple balade d'une plume.
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Listes

Avec Le Pendentif, Entre deux mondes, 12 bouchées de lecture...
Avec Carnet de nouvelles, Allégories, Le Pendentif, 12 bouchées de lecture...
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