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MacabreRoses

Je redoute toujours le moment où je dois écrire un texte de présentation , je ne suis pas vraiment douée pour ça...

Je suis une jeune femme de 23 ans, diplomée d'un master d'histoire de l'art. Ecrire a toujours été une passion, sinon un besoin.

Je joue aussi beaucoup de piano, de la guitare, et je dessine de temps en temps.

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Œuvres

MacabreRoses

C’est en ouvrant ce livre que tout commença. Edgar l’avait retrouvé un matin sous une pile de documents, la couverture écrasée par des factures, des lettres, de la poussière.
Une histoire d’indifférence, qui s’était brisée ce matin-là, lorsqu’Edgar s’était résigné à le lire. Il l’avait donc ouvert lors de son trajet en métro, cette liaison lassante et quotidienne entre son appartement et la société pour laquelle il travaillait. Dans cette société, et à partir du moment où il quittait son appartement, il devait revêtir le costume d’un homme plein de motivation, alors que celle-ci l’avait quitté depuis bien longtemps.

Ce matin, il s’était dit qu’il devait finir par le lire, un jour ou l’autre. Il avait ressenti cela non pas comme une envie mais comme un devoir. Il ne savait même plus comment ce livre avait atterri chez lui, ni même pourquoi il l’avait acheté. Peut-être lui avait-on offert. Mais en fait, non, on ne lui offrait jamais rien, si ce n’est un brin de sympathie de temps à autre, ou un regard.
L’histoire ne l’intéressait guère. L’écriture était moyenne. Edgar n’aimait pas tellement la littérature. Ce qui l’intéressait lorsqu’il parcourait de son regard ces pages noircis de mots, c’était de s’imaginer les personnes qui l’avaient lu avant lui. Il inventait des histoires à ces personnes, se demandait si telle ou telle phrase avait fait bondir quelqu’un, avait provoqué l’intérêt, l’énervement, la joie, la colère, ou tout autre sentiment. Edgar n’avait plus de sentiment, si ce n’est celui de ne pas exister. Il n’avait plus d’ami, alors les livres étaient pour lui le moyen de se maintenir aux autres, d’établir une amitié fictive avec des gens qu’il ne connaissait pas. Cependant, rien ne semblait commencer à la lecture de ce livre. Aucun intérêt, aucun sentiment. Une lassitude. Ses yeux globuleux, cachés derrière une épaisse monture, caressait les mots avec un désintérêt profond. Il manquait de respect à la littérature, il le savait. Cependant, Edgar aurait esquissé un sourire s’il avait su que quelques minutes avant, dans un autre métro de la même ligne, assise deux wagons avant, une jeune femme avait débuté ce même livre. Cela l’aurait amusé.

Il aimait imaginer les mains des autres lecteurs. Il pensait à des mains outrageusement fatiguées par le travail, jaunis par la cigarette. Edgar avait une autre passion. Il photographiait les mains. Il n’aimait pas les siennes, que son costard trop grand dissimulait. Alors, il passait son temps à regarder les mains des autres. Tant de choses pouvaient être créées, modifiées, réalisées avec les mains. Elles représentaient aussi toute une vie. Des caresses, des coups. Subissaient l’angoisse, la joie, le stress, la précipitation. La douleur. Edgar admirait ce qui pouvait relier les individus les uns aux autres. Il aurait aimé écrire. Il avait essayé. Mais il avait donné la mort à tous ses personnages. Pire encore, il leur avait offert l’oubli, une existence prématurée. Son manuscrit avait finit par pourrir au fond d’un tiroir. Jamais il ne connaitra ce gout de la reconnaissance. Il n’en avait de toute façon jamais eu, depuis qu’il était sorti accidentellement du corps de sa mère.
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