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Paige Eligia

Paige Eligia
La magie décline sur Thera et le dernier Passeur est mort.
Sur Terre, Trent récupère son violon en héritage et le découvre capable de créer un portail.
Joyce à ses côtés, le nouveau Passeur devra jongler entre son nouveau rôle et de vieux secrets de famille. Mais il n'a pas le temps d'apprendre la magie des émotions que son père disparaît...
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Défi
Paige Eligia
Votre mission, si vous l'acceptez, consistera à écrire une nouvelle par semaine jusqu'à la date de notre libération (pas à ressortir des textes de vos tiroirs, hein.)

- Écrire une courte nouvelle (à chute si possible) de 5 minutes de lecture maximum.

- Sujet libre.

- Publication au plus tard dimanche à minuit.
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Paige Eligia
CV
Ceci est une nouvelle. C'est celle que je trouve la plus réussie et que je préfère, c'est pourquoi je vous partage le texte. Originellement je cherchais un thème pour participer à un concours, et je suis tombée sur ce thème : mettre la phrase "Le jour se levait". La date du concours était déjà dépassée, mais cette phrase m'a tout de suite inspirée, et j'ai écrit ce texte d'un seul trait.
Bonne lecture :)
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Défi
Paige Eligia

— Quoi déjà ?
La mort me regarde d'un air blasé. Elle souffle.
— Comment ça déjà ? 84 ans ça ne te suffit pas ?
Je suis affalée dans mon canapé, et je viens de mourir. Enfin, disons que je ne respire plus. Mais je ne suis pas d'accord.
— Non, mon épisode n'est pas terminé !
Le spectre noir soupire encore. Elle est recouverte d'un grand haillon sombre délavé et s'appuie sur une faux, dépitée.
— C'était déjà ton excuse hier ! Maintenant ça suffit, tu dois mourir !
— Mais qui va s'occuper de Hector ?
Hector c'est mon cactus, mais ça elle n'a pas besoin de le savoir.
— Hector ? Qui c'est Hector ?
— Mon petit-fils. Il est en rémission d'un cancer et je l'aide à réussir ses études.
— Tu ne m'as jamais parlé d'un petit-fils.
Eugénie fronce les sourcils. Oui, cela fait si longtemps qu'elle tente de me convaincre de mourir que je connais le petit nom de la mort. Eugénie Mortis. J'ai déjà réussi à la faire s'asseoir pour regarder ma série. J'ai prétexté toutes les excuses possibles.
— Serais-tu encore en train de me mentir ? Comme avec cette prétendue idylle avec ton plombier ?
A force de lui sortir mes bobards, la faucheuse ne me croit plus. C'est bien ma veine.
— S'il te plait ! J'aime trop vivre.
Elle tempête, je crois que je ne l'aurais pas cette fois. Des années que je la balade, je vais bien devoir m'y résoudre.
— Non, ça suffit Marie, maintenant tu meurs ! J'en ai plus qu'assez de tes histoires !
J'ai une dernière idée que je lâche avec un petit sourire en coin :
— Mais qui va te tenir compagnie pour le thé de 17h si je meurs ?
Car s'il y a bien une chose que j'ai compris c'est que Mme Mortis est rongée par la solitude. Elle ne me laisse autant de temps que parce qu'elle a besoin de moi ! Heureuse de ma dernière trouvaille, je la regarde s'empêtrer dans ses vêtements en gromellant :
— Bon bon, ça va pour cette fois. Mais demain tu meurs !
— A demain Eugénie.
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Paige Eligia

Si je me suis dévoué à certains corps, c'était pour oublier le poids du mien. René Crevel.

Je croque les morts.
La société me voit ainsi. Or je vous assure que je n'ai jamais croqué le moindre petit orteil. Je n'aime pas la viande, encore moins avariée. Je me nomme Aline, vingt-neuf ans, toutes mes dents. Depuis sept ans, je travaille en tant que thanatopractrice. Arrivée par hasard dans le métier, je vois pourtant mon rôle comme le plus important de la chaîne des décès. En effet, je redonne vie aux défunts, endormis dans leur cercueil. Par mes mains, la mort stoppe son office, je suspends le temps. Les joues reprennent des couleurs. Les visages apparence humaine. Les corps parés de leurs plus beaux atours.
J'ai toujours été fascinée par la mort. Dès mon plus jeune âge, je tuais les fourmis pour observer ce moment où le dernier frémissement les quitte. Religieusement, je leur offrai ensuite la plus belle des sépultures.
Les gens m'ont toujours trouvé bizarre. Je ne crois pas l'être. Le fou ne sait pas qu'il est fou. J'effectue ma tâche avec rigueur, et les familles endeuillées m'en remercient.
— Bonjour Mme Doisneau, bien dormi ? ricanè-je en sortant le corps de la cellule réfrigérée.
Je place la dame raidie sur la table d'auscultation et relis le certificat de décès.
— Oh, une petite infection pulmonaire ? Rien de bien méchant, vous en faites pas, tapotè-je sa joue. Quand j'en aurai fini avec vous, vous aurez l'air d'avoir dix ans de moins !
J'effectue les soins nécessaires et appelle ensuite les porteurs pour la mise en bière. Je tente de faire la conversation, mais elle tourne toujours autour du beau temps. Aujourd'hui, il pleut.
La journée se termine doucement. Je rentre chez moi à pied. Plus j'avance, plus mes pas se font pesants. La clef tourne dans ma porte. Hugo est là, fidèle à son poste. Il n'a pas bougé depuis ce matin.
— Salut mon vieux ! plaisantè-je en m'approchant de lui. Tu as passé une bonne journée ?
Je fais la conversation pendant que je réchauffe une assiette de raviolis. Je m'installe à côté de lui pour regarder le feuilleton du soir, une corona à la main. Je n'écoute pas vraiment ce qui sort du petit écran. Des larmes gouttent sur mes joues. Je laisse la moitié du plat abandonné sur la table basse avant de me prostrer dans mon lit.
La nuit est longue. Je ne trouve pas le sommeil. J'essaye de me raisonner.
— Tu as un toit, de la nourriture, un travail. De quoi te plains-tu ?
Cependant, le désespoir me tient à la gorge. Et je n'ai qu'Hugo pour en parler. Hugo, mon cactus en plastique.
Dix jours plus tard, je serai délivrée grâce au cadeau viral de Mme Doisneau. Je serai partagée entre l'envie de la remercier de m'avoir ôté à cette vie de solitude et celle de la haïr pour me retrouver à mon tour dans un des mes chers frigos. Risible n'est-ce pas ?

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Défi
Paige Eligia

Je marche.
Mon souffle dans l'air se cristallise. La température est fraîche.
Je suis habillée de ma robe blanche de dentelle. Elle flotte et s'envole à chaque pas.
J'avance.
Mes pieds nus font à peine crisser les pierres du sentier. J'ai mes talons dans les mains. Je ne sens plus mes plantes de pieds, engourdies.
J'en avais assez de la hauteur. Assez du paraître.
Je viens.
Le vent joue dans mes cheveux. Joue dans ma robe qui s'est prise dans les ronces. Joue sur mes joues, traçant des sillons de larmes. Chemin de larmes. Chemin de vie.
Je vais.
La lumière crue prend mon visage rougi entre ses doigts. Elle le caresse de ses rayons matinaux. Plisse mes yeux. Chauffe mon front.
J'arrive.
Je tends les doigts, comme si je pouvais toucher les pins de l'autre côté. Montant, descendant, les courbes des cimes. Le vent me porte. Porte ma main. Porte mes pas.
Je passe.
Je ne m'arrête pas. Même devant toi, l'immense, qui me hurle de stopper ma marche, d'observer le paysage, le soleil, les nuages, le sol, ma robe de mariée. La vie.
Toi, la falaise.
Je tombe.
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Défi
Paige Eligia

Kellya est née sous un orage d'été. A part la guérisseuse venue en renfort, personne n'entendit les cris que sa mère poussa en même temps que le tonnerre. Sa mère mourut des suites de l'accouchement et la guérisseuse, nommée Tania, fut bien embarrassée de ce nouveau-né bizarre. En effet, Kellya ne vagit pas ni n'émit le moindre signe de contrariété. Ses yeux noirs comme la nuit observaient le monde avec acuité dans son petit visage lisse et teinté d'aubrun.
- Qu'est-ce que j'vais faire de toi, hein ? s'exclama Tania en brandissant le petit être à la lumière des éclairs qui continuaient de déchirer la nuit.
L'odeur de l'herbe coupée et mouillée emplit les narines de Kellya. Elle éternua violemment. Si fort qu'un nuage vert s'échappa de son nez. Aussitôt ses cheveux séchèrent et la pluie évita son visage. Kellya rit en agitant ses mains vers le haut, déjà trop éveillée pour son âge.
- L'enfant du Cornu ! hurla la pauvre Tania qui lâcha le bébé de frayeur avant de prendre ses jambes à son cou.
Kellya atterit dans la boue et passa la nuit dehors. Un autre enfant serait mort au petit matin. Pas Kellya, la nature était son élément. Un halo verdâtre l'entoura durant son repos bien mérité.
Des bruits de pas la firent s'éveiller. Une femme aux longues tresses et à la peau d'ébène se penchait sur elle.
- Tiens, qu'est-ce tu fais là p'tit bout ?
Kellya agita ses mains, produisant des risettes à la hauteur de son visage angélique. La femme la décolla de la boue et la porte à sa hauteur. Kellya agrippa une tresse et la mit en bouche.
- Tryss ! Va me chercher du lait ! hurla la femme. Ce truc a faim !
D'autres personnes à la peau aussi sombre que la nuit qui l'avait vu naître s'agitèrent autour d'elles-deux.
- Tiens Farah, dit le dénommé Tryss, un homme d'une taille démesurée dont les tresses sur son crâne étaient nouées en une énorme queue de cheval.
Il tendit une ourse pleine de lait de tarbuk à sa compagne qui approcha l'ouverture vers la bouche de la petite. C'était trop gros pour de si petites lèvres.
- Notre tribu n'a pas l'autorisation de procréer. Que dirons-nous aux autorités ? s'inquiéta Tryss.
- Regarde sa peau, elle est trop claire par rapport à la nôtre. Personne ne pensera un seul instant que nous l'avons enfanter.
- Et s'il nous accuse de l'avoir volé ?
Un éclair vert jaillit brusquement. L'ourse s'adaptait désormais parfaitement à la bouche de la petite qui tétait avec volonté. Les deux adultes l'observaient, les yeux ronds. Un mince sourire étira les lèvres de Farah.
- Personne n'en voudra, à part nous.
- Quel est son nom ?
- Elle nous le dira en tant voulu. Cette petite est notre salut.
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Paige Eligia
Isis joue son avenir à l'Epreuve. Elle doit y arriver coute que coute ! Mais la vérité finira par la rattraper..
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