Suivez, soutenez et aidez vos auteurs favoris

Inscrivez-vous à Scribay et tissez des liens avec vos futurs compagnons d'écriture.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de null

Hel


59
œuvres
21
défis réussis
1698
"J'aime" reçus

Œuvres

Hel
Je voulais écrire une histoire rouge et noire, avec beaucoup de gris et dont on penserait qu'elle est blanche.
Non. Non, non, non. Je ne voulais rien écrire. C'est Eleanor Rigby qui s'est imposée, elle qui a chuchoté son nom à mon oreille, et alors je n'avais plus d'autre choix que de l'écrire, pour la rencontrer, marcher dans ses pas, la regarder avec les yeux de ceux l'ont connue, de ceux qui l'ont cherchée, savoir qui elle était, qui elle avait aimé et l'avait aimée et continuait de le faire au-delà de sa disparition, dénuder Eleanor Rigby comme personne ne l'avait jamais fait et enfin la faire taire.
Écrire cette histoire qui ressemblerait à une idée Eleanor Rigby et serait Eleanor Rigby et ses autres semblables à la fois.

***

"Portant partout le trait dont je suis déchiré,
Contre vous, contre moi, vainement je m'éprouve :
Présente je vous fuis, absente je vous trouve ;
Dans le fond des forêts votre image me suit "

L’aveu d’Hippolyte à Aricie (I, 2)
Phèdre de Jean Racine

***

"All the lonely people
Where do they all come from ?
All the lonely people
Where do they all belong ?

Ah, look at all the lonely people
Ah, look at all the lonely people

Eleanor Rigby died in the church and was buried along with her name
Nobody came

***
tous les gens solitaires
d’où viennent-ils ?
tous les gens solitaires
où restent-ils tous ?
Ah regarde les gens solitaires
Ah regarde les gens solitaires
Eleanor Rigby
mourut dans l’église et fut enterrée avec son nom
personne ne vint "

Eleanor Rigby. The Beatles.
30
45
196
14
Défi
Hel
Écrits croisés avec Marquis de Corbeau-de-Vaulserre
15
15
20
14
Hel

Elle a toujours pensé au voyage, rêvé au voyage, été du voyage. Même dans le proche, l'immobile, été du mouvement, ne serait-ce que celui qu'esquisse la pensée. C'était cela au tout début, rien que cela, des voyages de l'esprit, des possibilités. Des envies d'ailleurs, de loin, de neuf. Des images aussi, beaucoup d'images. C'était mettre de la distance. De la distance entre elle et le temps, elle et ses routines, elle et les autres. Elle ne savait pas. Rien. Que ce n'était que des désirs de fuite. Qu'elle pensait au voyage de façon malhabile, tronquée. Elle ne s'avouait rien, elle ne voyait pas que c'était fuir et déguiser son désir de fuir, que ce mot : voyage, elle le déguisait. Elle ne partait alors nulle part, elle y pensait comme un plus tard, un jour, demain, bientôt. Bien sur qu'elle ne partait pas, cela ne pouvait pas fonctionner ainsi. Le voyage c'est d'abord le désir de rencontre, le désir d'autre. Maintenant seulement elle comprend. Elle commence, quelque chose s'esquisse, pas une idée vague, un vrai projet. Elle fait des pas, de vrais pas sur le sol. Elle a de vraies cartes dans les mains, elle compte, elle calcule, en temps, en coût, en formalité
Elle se laisse un an. Un an encore. Pour arrêter un choix, bâtir un projet. Pas un demain qui flotte. Une case cochée, un rendez-vous avec elle même, pris pour elle par elle, qui tend vers l'autre, tend vers la terre comme vers le sang.
37
29
32
11

Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

C'est mieux que la corde.
0