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La Mandragore de Nantes

Nantes.
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Petite auteure du net qui adore écrire :D
Des longues fics ou des OS, de l'humour ou du dramatique, tout y passe ^^
3
œuvres
1
défis réussis
3
"J'aime" reçus

Œuvres

La Mandragore de Nantes

Chapitre 1
Théo réussit à dissimuler sa joie tout le long du repas, mais ce ne fut pas évident, tant son humeur contrastait avec l'ambiance autour de la table. Son père était une personne austère et sévère, qui détestait que l'on parle pendant que l'on se restaurait, aussi personne n'osait prendre la parole, se contentant de manger dans un silence religieux.

Le père, plongé dans ses habituelles pensées qu'il ne partageait jamais avec ses enfants, ne vit pas les nombreux échanges de regards entre ceux-ci. Pourtant Théo, Violette, Stéphanie et Ariane communiquaient avec leurs expressions et de discrets gestes, comme à chaque fois. La fratrie avait développé ce type de communication il y a des années. Violette et Théo, les aînés, l'avaient imaginé quand ils étaient petits et l'avaient transmis aux cadettes. Ainsi, ils ne s'ennuyaient jamais quand ils mangeaient.
Ils étaient en pleine discussion quand le père posa ses couverts, signe qu'il avait terminé. Aussitôt, les autres firent pareil, même la petite Ariane qui n'avait pas fini son dessert. Mais personne n'osa contester : il fallait respecter les règles imposées par le patriarche, sinon celui-ci sévissait. Les serviteurs s'empressèrent de débarrasser la table. Tout le monde se leva.
- Je vais au travail, annonça le père. Je ne pense pas être de retour avant ce soir. Profitez de votre journée pour travailler dur. Surtout toi, Théo. Tu es mon seul fils...
...tu dois donc montrer à l'école que tu es le meilleur, pour ne pas faire honte à la famille. Je le sais Père, vous me récitez la même phrase chaque jour qui passe. Et comme à chaque fois, vous oubliez que vous avez trois autres enfants.
Théo, prudent, garda ses réflexions pour lui et hocha la tête. Une fois le géniteur parti, la fratrie put souffler. Il était à peine midi vingt, aussi l'adolescent se précipita-t-il dans sa chambre pour faire son sac.
- Tu n'as pas peur des conséquences ? demanda Violette en entrant dans la pièce.
- C'est un évènement trop important pour que je le loupe ! Et je serai rentré bien avant le retour de Père, alors il n'y a aucun risque !
- Je m'inquiète pour toi.
- Tout va bien se passer, grande sœur !
Théo sourit pour rassurer la plus âgée, en vain. Comprenant ses inquiétudes, il la prit dans ses bras. Violette lui ressemblait, avec ses yeux de la même couleur noisette que les siens et leurs traits fins similaires. Mais l'aînée était châtaine et lui brun. Ce détail permettait de les distinguer, car il arrivait qu'ils prennent les mêmes expressions et que les différencier soit compliqué, à ceci près qu'ils s'habillaient différemment. Violette jouait toujours les grandes sœurs protectrices et s'occupait des plus jeunes avec douceur et patience. Elle venait d'avoir dix-huit ans et allait bientôt entamer ses études supérieures avant d'en ressortir diplômée pour épouser un homme choisi par son père pour fonder une famille. Et comme elle sera logée en internat et aura peu de contacts avec ses frère et sœurs, elle essayait de passer le plus de temps possible avec eux, quitte à les couver.
Théo était différent. De deux années plus jeune qu'elle, il fuyait le plus souvent de chez lui en cachette pour décompresser face aux attentes de son père, qui misait tous ses espoirs sur lui. Sa maison lui donnait constamment l'impression d'étouffer, aussi profitait-il de chaque occasion pour s'en aller – si son père n'était pas là, comme en ce moment-même.
Une fois son sac prêt, il sortit de sa chambre pour mettre ses chaussures et son manteau. Ses petites sœurs l'observaient, admiratives de sa témérité. Stéphanie, âgée de onze ans, avait de grands yeux gris argent, de belles boucles brunes qui lui arrivaient jusqu'à la taille et affichait généralement un air triste. D'un naturel timide, elle était généralement peu sûre d'elle et se réfugiait dans la musique, pratiquant différents instruments. Ariane, sept ans, était son exact opposé. Ressemblant beaucoup à son frère aussi bien physiquement que mentalement, elle bouillonnait d'énergie et d'imagination au quotidien. Elle adorait parler avec les autres et était très sociale, même avec les adultes. Et étant très douée à l'école – la meilleure des quatre en comparaison des âges et les notes – son père avait déclaré un jour qu'il était dommage qu'elle ne fût pas un garçon.
Mais contrairement à Théo, Ariane possédait un caractère lié à son innocence et à la jeunesse. La benjamine ignorait ce que les trois autres savaient. Ce secret avait considérablement affecté les plus âgés, Violette ayant mis du temps à s'en remettre, tandis que Stéphanie en souffrait toujours. Théo avait longtemps été dans le même état que l'aînée, avant de changer de redevenir celui qu'il était auparavant.
- Bon j'y vais, à toute à l'heure ! Les filles, pas un mot à quiconque !
Cette recommandation d'adressait aux deux petites filles, et plus particulièrement à Ariane. Celle-ci lui répondit par l'affirmative. Théo sourit et sous le regard inquiet de ses sœurs si jamais leur père découvrait sa sortie, il s'en alla.
Il craignait tout autant que les autres la réaction du patriarche si la vérité devait être découverte, son statut d'unique fils ne lui procurant pas d'aménagement en cas de punition, mais un match avec son équipe préférée allait avoir lieu et ses amis s'y rendaient, aussi Théo passait outre le refus paternel.
L'adolescent quitta la zone résidentielle, longea le centre-ville et arriva en bordure du secteur 1. Les murs délimitant les différents secteurs étaient de gigantesques murailles, mesurant plusieurs dizaines de mètres de haut et en faisait environ quinze d'épaisseur. De cette façon, personne ne pouvait illégalement passer les murs en les escaladant, c'était impossible. Quant aux entrées, elles étaient rigoureusement surveillées et pour que des membres de secteurs inférieurs puissent entrer dans des supérieurs, il leur fallait disposer de laisser-passer. Ceux qui tentaient de forcer le passage étaient sévèrement châtiés.
Théo connaissait par cœur les murs comme tout le secteur 1, ayant passé toute sa vie ici. Il avait déjà voyagé dans d'autres secteurs 1 en prenant l'avion, aussi méconnaissait-il les trois autres secteurs de Sdog. Cependant, cette ignorance était partagée avec la plupart des gens qu'il côtoyait. Quel était l'intérêt pour l'élite d'aller dans des zones inférieures ?
Enfin, Théo arriva au stade. Comme prévu, ses amis l'y attendaient. Eux avaient eu le droit de s'y rendre. Le jeune homme songea amèrement qu'il était le seul à avoir un père aussi strict. Ses sorties étaient grandement limitées pour le simple motif que cela le distrayait de ses devoirs et pouvait mettre en péril ses excellents résultats.
- Tu as pu venir Théo ? C'est formidable !
- Alec avait parié un sou d'argent que tu resterais cloitré chez toi !
- Karim, tu ne devais rien dire !
- En attendant James s'est fait un peu d'argent.
- Je gagnerai un pari un jour, c'est certain !
Le joyeux trio était des amis de longue date de Théo. Ils s'étaient connus dans la même école à l'âge de trois ans et suivaient le même cursus scolaire, les liant profondément. Et comme ils partageaient la même passion pour le sport avait grandement solidifié leur amitié en grandissant. Surtout qu'il s'agissait de leur sport préféré : le Carnage. Et l'équipe officielle de Sdog affrontait celle de Sretsam, une autre cité. Les rencontres n'avaient pas lieu souvent et cette fois-ci, elle avait lieu ici-même, aussi Théo et ses amis n'avaient-ils voulu rater cet évènement pour rien au monde.
- Papa ! dit une petite fille qui passa près d'eux. J'ai pas compris les règles !
Elle allait vite les comprendre, pensa Théo, car ce qu'elle verrait lui restera longtemps en mémoire. Les règles étaient simples : deux équipes de neufs joueurs s'affrontaient. Il y avait une balle qui devait être mise dans un trou au milieu du terrain, faisant remporter cinq points à chaque fois à l'équipe gagnante. Seul l'un des joueurs du groupe pouvait lancer la balle, le Lanceur. Les huit autres étaient des Carnassiers : tous armés de battes ou de matraques, ils devaient attaquer le Lanceur adverse ou le protéger des autres Carnassiers. Ils se protégeaient des coups avec un bouclier, bouclier aussi utilisé par le Lanceur, à ceci près que ce dernier n'était pas armé. Selon le rang des Carnassiers, les armes n'étaient pas les mêmes – plus ou moins lourdes, flexibles, résistantes, etc.
Si les rencontres n'étaient qu'occasionnelles, c'était pour cette raison : les coups étaient violents, aussi fallait-il du temps pour que les joueurs se remettent de leurs blessures – s'ils s'en remettaient. Chaque joueur se déplaçait dans les airs via un aéro-propulseur installé à la ceinture, ce qui donnait lieu à un violent spectacle spatial.
Après maintes délibérations sur quelles seraient les premières victimes, le quatuor s'installa dans les gradins. Peu de temps après, le match commença. Théo admira la façon dont les joueurs se déplaçaient dans les airs, de façon assez gracieuse. La force des coups également, notamment dans la manière d'attaquer ou de se défendre. Ce n'était pas seulement un sport où l'on se contentait de frapper son adversaire, bien des stratégies de groupe étaient mises au point et appliquées sur le terrain, ce qui donnait lieu à un véritable balais aérien.
Le Lanceur de Sdog fut le premier à jeter la balle dans le trou au sol, avant que celui ne le recrache dans un souffle d'air et que les Lanceurs se précipitent pour le récupérer. Le panneau indiqua le score cinq à zéro tandis que les supporters hurlèrent de joie. L'un des Carnassiers de Sretsam fonça sur lui et lui donna un violent coup de batte. Le Lanceur se protégea avec son bouclier, mais il grimaça sous la douleur. Un Carnassier de Sdog se jeta sur lui mais ce fut suffisant pour que le Lanceur adverse garde la balle et fonce à son tour vers le trou quand deux Carnassiers ennemis foncèrent sur lui en levant leurs armes pour frapper. Ils ne purent l'atteindre mais il lâcha la balle, qui tomba sur la pelouse. Le Lanceur de Sdog se précipita malgré les autres joueurs et démontrant toute son habilité et même s'il se prit un gros coup à une jambe, il lança la balle dans le trou.
Dix points à zéro.
Tout le monde hurla.
Ce fut à ce moment-là qu'une explosion survint dans le stade. 
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La Mandragore de Nantes
Il s'agit ici d'un texte écrit suite au défi de thalie, Mieux vaut tard que jamais.
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La Mandragore de Nantes

Moi, lapin
 
Je n’étais encore qu’un lapereau que déjà j’explorais hors du terrier bien des zones de la forêt. Intrépide, j’ignorais le danger dont ma mère cherchait à me protéger. L’aventure était trop importante à mes yeux, rester enfermer avec mes frères et sœurs ne me tentais guère.
Ce fut sans surprise quand je sortis en premier du terrier, une fois l’âge venu pour moi de vivre ma propre vie. Je me rendis vite compte que ce n’était plus aussi simple : je ne pouvais plus rentrer chez moi chercher du réconfort, voilà que je devais compter sur moi-même uniquement pour survivre au monde à la fois merveilleux et hostile de la forêt.
Pas de chance pour moi, ma robe blanche attirait les prédateurs. Heureusement, j’étais rapide et, fonçant à travers la végétation, je pouvais semer les renards et autres créatures voyant en moi leur festin.
M’aventurant toujours un peu plus loin parmi les arbres – l’amour des carottes et des salades me faisaient parfois faire des folies – voilà que je rencontre de pleine patte des hommes. Oh, je les connaissais déjà, puisque je volais sans gêne les délicieux légumes qui bordaient à foison l’herbe verte de mon territoire. Mais des hommes, je n’en avais encore jamais aperçu d’éveillés en plein milieu de la forêt.
Il y en avait quatre : un grand au poil sombre sur son faciès – mon grand frère de la même couleur en aurait pâli de jalousie. Il se trouvait deux femelles très habillées, ce à quoi je ne m’étonnais pas. Leur peau sans fourrure paraît être tellement fragile ! Et au milieu de ces dernières, un petit être immature, pourtant bien plus grand que moi déjà !
Je suis téméraire, mais non empreint de folie ; jamais je n’irai les approcher. D’ailleurs je m’en vais, je me retourne sans un regard en arriè…
Que vois-je ? Des pommes ? Dans ce panier ? Mon cœur bat la chamade. Des pommes ! Un véritable délice ! Mettant de côté mon instinct de survie, je m’avance doucement vers la nourriture. Personne ne m’a remarqué, c’est incroyable ! Je vais pouvoir dévorer en toute discrétion ces magnifiques fruits !
- Wapin !
Le petit être m’a vue ! Je suis repéré ! Une main se pose sur moi, doucement.
- Oui mon chéri, c’est un mignon petit lapin.
Moi, mignon ? En tout cas, tout le monde s’extasie devant moi. Du moment qu’après on me donne une pomme, je ne proteste pas.

Une vraie vie de lapin !
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Non seulement c'est une passion depuis de nombreuses années, mais c'est aussi un moyen d'exprimer à travers des mots les histoires que j'invente, mon imagination semblant être sans limite. Et écrire sur internet, c'est échanger, découvrir, rencontrer des gens, progresser. Ecrire, c'est mon quotidien, je ressens le besoin de le faire et surtout c'est beaucoup de plaisir.
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