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Yann Laure

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Œuvres

Yann Laure
l'histoire d'une jeune fille de onze ans qui va découvrir à quel point le monde de l'adolescence peut se montrer cruel et destructeur, cette fille malmenée par plusieurs élèves de sa classe va se lier d'amitié avec un sans abri .
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Défi
Yann Laure
Il n'y a rien à dire
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Yann Laure



                                          TOME I
                            Le pouvoir est ailleurs    
 
L’arrivée d’un homme au pouvoir ne devrait jamais être le fait d’une élection, mais le résultat d’un choix naturel imposé par le souffle de l’histoire. Seul l’événement donne sa dimension à l’individu, mais rarement l’inverse. Le Président élu est semblable au PDG qui est nommé à la direction d’une multinationale apatride. Aujourd’hui ici et demain autre part. Un individu devrait se servir de son pouvoir dans le seul but de servir sa patrie, et non l’inverse. Profiter de la notoriété que vous donne le pouvoir pour faire sa fortune personnelle devrait être puni pour trahison envers ce que l’on incarne. Temps que la démocratie sera servie par des hommes, je ne croirai jamais en elle. 
Ce roman n’est pas le résultat d’un amour du complot, même si le complot fait partie de l’histoire et l’accompagne depuis la naissance du premier homme. Ce roman est plutôt le résultat d’une désillusion envers la politique. Ne voyez dans cette histoire aucun rapport avec des personnes ou des faits ayant existé, quoi que….En fin de compte, voyez-y ce que vous voulez et ce qui vous arrange, car ici, vous êtes en démocratie. 
Chapitre 01 Les affaires sont les affaires. 
La grosse berline de couleur sombre quitta la route avant de s’engager sur un petit chemin de terre jonché de trous remplis de l’eau de pluie qui ne cessait de tomber depuis plusieurs jours. Après moultes secousses, la voiture arriva enfin sur le chantier où des dizaines de personnes semblaient patienter, parapluies à la main. Après s’être garé près de ce comité improvisé composé d’élus locaux et de journalistes, le chauffeur descendit et vint ouvrir la porte à Xavier Delibrecourt, député- maire indétrônable de la ville de Reims, en Champagne. 
Un homme se pressa vers lui, armé d'un parapluie avant de l'accompagner pour qu'il se mette à l’abri dans un cabanon de chantier, improvisé en salle de réunion, au milieu de laquelle deux serveurs commençaient à remplir des coupes de champagne soigneusement alignées. Delibrecourt s’isola quelques secondes du reste de l’assemblée afin de s’entretenir avec l’homme qui était venu le chercher à sa voiture et qui n’était autre que Benoît Perchon, son fidèle assistant parlementaire. 
« Dites-moi Perchon, vous avez des nouvelles de Monsieur Lacapelle ? ». « Oui Monsieur le Maire, il passera à votre propriété en fin d’aprèsmidi. Il dit avoir un cadeau pour vous ». « Bien, alors tâchons de faire vite. Je me demande bien ce que je fais ici par un temps aussi médiocre ? ». « Les élections demandent quelques sacrifices, Monsieur le Maire ».
« Vous parlez d’un sacrifice, ma voiture est couverte de boue et mes chaussures sont complètement trempées » s’énerva le Maire en regardant ses souliers de grandes marques, d’un air désolé. « Si ça peut vous faire gagner quelques centaines de voix ». « Vous parlez ! C’est quoi ce chantier ? Je ne sais même pas où je me trouve. Qui sont ces paysans » demanda le Maire sur un ton péjoratif. « Je vous en ai parlé avant-hier, il s’agit du chantier du parc éolien ». Avant que le Maire n’ait eu le temps de répondre à son assistant, un homme en costume cravate, coiffé d’un casque de chantier s’approcha de Xavier Delibrecourt. « Bonjour Monsieur le Député-Maire, pardonnez-moi de devoir vous presser, mais je ne voudrais pas que cette conférence ne retarde trop le chantier. Mes gars ont déjà une semaine de retard dû à la nature très instable du terrain. « La nature du terrain ? D’où vient le problème cher ami ? » demanda le Maire en prenant un air interrogatif et faussement compassionnel. « Nous sommes en plein marécage. Nous allons devoir remblayer la zone et ça va demander des semaines et des semaines ». « Nous sommes pourtant en zone parfaitement constructible. Vous savez que chaque retard vous coûtera des pénalités mon cher Colini » « Désolé de vous interrompre Monsieur le Maire, mais vous devriez vous adresser à la presse » proposa Perchon, un peu gêné de mettre fin à la discussion de son patron. « Vous avez raison Perchon » répondit le Maire avant de mettre Colini en garde « Et surtout Colini, pas un mot sur le retard concernant le chantier. Nous en reparlerons plus tard » Delibrecourt abandonna le patron de l’entreprise de construction dans le coin de l’abri et se rapprocha des journalistes en arborant son plus faux sourire.
« Alors messieurs dames, quelles sont vos questions ? Je vous écoute !». « Les écologistes dénoncent le fait que le chantier se trouve en pleine zone humide » demanda une jeune journaliste de façon très directe et qui agaça le maire d'entrée de jeu. « Haha, les écolos ne savent pas ce qu’ils veulent. Ce parc éolien va changer la vie de dizaines de milliers de personnes en leur assurons une production énergétique respectueuse de l’environnement. Que peut-on souhaiter de plus lorsque l’on est un écologiste ? » répondit le Maire, certain de piéger la jeune femme. « Il ne s’agit pas de remettre en cause la nature du chantier, mais la nature du terrain qui a toujours été classé en zone humide. Cela pose deux problèmes, c’est une zone protégée et inconstructible » « Cette zone a été clairement déclassifiée par arrêté préfectoral, tout cela est parfaitement légal Mademoiselle. Qui a une autre question ? »demanda le Maire, tentant ainsi de changer de sujet. 
La jeune journaliste décida d’insister en posant une autre question, coupant même la parole à l'un de ses confrères. 
« L’adaptabilité de la zone va coûter une fortune à la région, sans parler des retards ». « Ne vous en faites pas Mademoiselle, tout cela a été discuté pendant de longues heures et rien n’a été laissé au hasard. Maintenant soyez gentille, vos collègues aimeraient pouvoir me poser d’autres questions » répondit le Maire sur un air plus qu’agacé. « Serez-vous candidat à l’élection présidentielle ? » demanda un autre journaliste. « Cela dépendra de la décision de Nicolas Debenois qui semble être
le candidat désigné par le mouvement auquel j’appartiens. J’ai trop de respect pour cet homme. Il est hors de question de faire de l’élection une bataille personnelle. S’il est le candidat désigné par le parti, alors je me rangerai à ses côtés ».répondit Delibrecourt en prenant un air des plus solennel. « Et au cas où il ne se présenterait pas ? » insista le journaliste. « Bon, pardonnez-moi, mais j’ai plusieurs rendez-vous à honorer. Ma double fonction limite malheureusement le temps que je peux consacrer à la presse. Vous voudrez bien me pardonner, mais je dois interrompre cette conférence ». 
Sans plus attendre, le Député-Maire quitta l’abri de chantier, escorté par son assistant jusqu’à la voiture où les deux hommes s’engouffrèrent avant que la berline ne reprenne la direction de la mairie de Reims. 
« Que comptez-vous faire si le chantier prend trop de retard ? » demanda Perchon. « Mais j’espère bien qu’il prendra du retard » rétorqua le Maire. « Mais pourquoi ça ? ». « Vous voyez Perchon, la politique, c’est l’art de savoir se baigner sans jamais se mouiller. Avec le retard qu’il va prendre, Colini va devoir nous verser des indemnités. Il va être pris à la gorge et c’est là que je serais en capacité de pouvoir négocier avec lui ». « Mais négocier quoi Monsieur le Maire ? ». « Je le saurai en temps voulu. Vous savez Perchon, en politique il y a toujours quelque chose à négocier. Disons que je garderai Colini sous la main en échange de mon indulgence à son égard ». La berline finissait enfin par arriver devant les marches de la mairie que Xavier Delibrecourt et son assistant s’empressèrent de gravir afin
d’éviter la pluie qui ne cessait de tomber en véritables trombes sur toute la région. 
Les deux hommes gagnèrent l’étage. Le Maire s’enferma dans son bureau tandis que son assistant pris place dans le secrétariat où deux femmes s’activaient à traiter des dossiers. Delibrecourt prit place dans son luxueux fauteuil avant que l’on frappe à la porte. 
« Oui, entrez » s’exclama le Maire. 
Un homme pénétra dans le vaste bureau en tenant une pochette cartonnée à la main. 
« Bonjour Monsieur Delibrecourt, j’ai ce que vous m’avez demandé. « Ha, très très bien Legrand, donnez-moi ça pour voir un peu ce que nous avons là » 
L’homme s’approcha timidement du bureau sur lequel il posa le dossier. Le Maire s’empressa de le saisir et de le consulter. Il sortit une pile de feuilles qu’il survola du regard. 
« Qu’est-ce que c’est que cette liste de noms ? »interrogea t-il. « Il s’agit de prête-noms Monsieur le Maire. Nicolas Debenois a acheté plusieurs biens qu’il a mis aux noms de toutes ses personnes afin de dissimuler une grande partie de son patrimoine. Il y a une villa à la Réunion, un manoir en Normandie, plusieurs hectares de vigne dans le Bordelais et un haras en Seine et Marne ».
« Et à combien est estimé ce patrimoine caché ? ». « Douze millions d’euros Monsieur le Maire, alors que sa dernière déclaration se monte à huit cent mille euros. ». « Je crois que la candidature de Debenois est mal engagée. Avezvous enquêté sur ses enfants ? » « Oui, son fils de vingt ans travaille comme cadre dans le groupe Escome pour un salaire de huit mille euros par mois. Le seul souci, c’est qu’il est encore étudiant à temps plein dans une université Américaine. Tout ça ressemble fort à un emploi fictif ». « Haha ! Debenois est mort, je vais enfin pouvoir me présenter à la présidentielle. Très bon travail Legrand. Vous allez maintenant vous renseigner sur Pierre Bourtin. Il s’agit d’un emmerdeur d’écolo qui veut faire campagne aux prochaines municipales. Je veux tout savoir sur lui, son passé, sa famille, sa couleur préférée, ce qu’il mange, tout ! Je ne veux pas risquer de voir ce fouineur mettre son nez dans mes affaires ». « Bien, je me mets au travail dès aujourd’hui ». « Parfait, maintenant je vous demande de bien vouloir me laisser, j’ai du travail. Vous connaissez la sortie ». 
Le détective tourna les talons et sortit du bureau en faisant bien attention de ne pas claquer la porte afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Après avoir passé une bonne partie de la journée à son bureau, Monsieur Delibrecourt demanda à son assistant de faire avancer la voiture devant les marches de la mairie. Le Maire et Monsieur Perchon sortirent du bâtiment et prirent place à l’arrière de la berline qui démarra avant même que les deux hommes n’aient fini de boucler leurs ceintures de sécurité. 
« Il est 16 h 00, Lacapelle ne va pas tarder à arriver chez moi. Je veux être sur place lorsqu’il sera là ».
« Il a dit qu'il avait un cadeau pour vous, s’il tient à vous le remettre en personne, ça doit être important ». « En fait c’est pour Brigitte, mon épouse, mais c’est moi qui lui ai mis l’idée en tête. Je l’ai en quelque sorte orienté vers un cadeau, à quoi bon recevoir quelque chose que l’on n’apprécie pas ? ». 
La voiture finit par arriver devant l’entrée de la propriété, un magnifique corps de ferme Champenois totalement rénové et entouré d'immenses pâturages où galopaient plusieurs chevaux de course. Alors que la berline remontait le long chemin de grève, Delibrecourt pouvait déjà apercevoir un camion sur lequel il y avait écrit « transports de chevaux ». 
Le chauffeur du Maire gara sa voiture à quelques mètres seulement du camion, avant de descendre ouvrir la portière à son patron. Xavier Delibrecourt s’avança vers deux hommes qui étaient en train d’ouvrir les portes arrière du camion afin d'en faire descendre le magnifique étalon dont la croupe était déjà visible. Au même instant, un gros 4x4 se gara non loin de là avant qu'un homme en costume n'en descende et se dirige vers Monsieur le Maire. 
« Alors Delibrecourt, il vous plaît ? ». « Lacapelle ! Bonjour mon ami. Il faudrait être véritablement difficile pour ne pas trouver cette bête magnifique. Quel merveilleux cadeau vous me faites là ». « Je vous dois bien ça » répondit l’homme d’affaires en serrant la main du Maire. « J’ai un principe en politique comme dans la vie, toujours faire travailler les amis en priorité. Qui serait assez idiot pour donner le marché des ordures de la ville à des inconnus ? ». « Vous n’étiez pas obligé de me favoriser »rétorqua Lacapelle.
« Favoriser ! Mais vous avez participé à un appel d’offres mon cher Lacapelle, même si je dois reconnaître que les critères n’étaient pas évidents pour les autres. Et puis vous m’avez aidé pendant la campagne pour les municipales. Vous avez œuvré pour le bien être de chacun en m’aidant à devenir maire. Vous faites un peu partie du conseil municipal quelque part »ironisa Delibrecourt. « Vous avez encore de la place pour cet étalon dans votre propriété ? ». « Mes chevaux ne resteront pas ici très longtemps. Je travaille à la construction d’un centre équestre municipal. Ma femme qui est passionnée de chevaux va sans aucun doute être nommée pour s’en occuper. Il va de soi que tous nos chevaux y partiront en pension, ce sera plus pratique pour que mon épouse veille sur eux tout en étant au travail. Il s’agit en quelque sorte de joindre l’utile à l’agréable, rien de plus ». « Il y a une clientèle pour un centre équestre municipal à Reims ? ». « Il y a déjà moi ainsi que mon épouse,mais les autres suivront, la région comporte beaucoup de gens fortunés et propriétaires de chevaux ». « Comment ferez-vous pour convaincre la région et le conseil municipal ? ». « Tout cela n’a rien à voir avec la région. Je passe directement par le conseil de l’Europe. J’ai acheté des terres cultivables que je vais revendre à la ville par le biais d’un prête-nom, pour ensuite les convertir en terrain pour attraction touristique. L’Europe va nous apporter une subvention non négligeable. Je court-circuite ainsi la région et je ferais une jolie plusvalue au passage ». « Et bien bonne chance à vous. Je vous enverrai des clients une fois que votre centre sera terminé. Je connais beaucoup de propriétaires. Pardonnez-moi, mais il faut que je file » déclara Lacapelle avant de saluer son ami et de retourner à sa voiture. le Maire s’approcha de l'étalon et commença à le caresser. 
Delibrecourt guida ensuite les deux hommes afin qu’ils conduisent le cheval à l’écurie. Au même instant, son épouse arriva dans la cour du corps de ferme au volant de sa voiture de sport allemande. Elle se gara derrière le camion avant de descendre pour se rendre aussitôt à l’écurie où elle retrouva son mari. 
« Il est magnifique ce cheval » s’exclama Madame Delibrecourt en se blottissant contre son époux. « Il te plaît ! Lacapelle ne s’est pas moqué de nous. Et toi, tu as passé une bonne journée ? ». « Pas terrible en fait. Je ne supporte plus le personnel technique de la ville, rien ne va jamais comme il faut. Il n’y a jamais moyen d’être tranquille au bureau ». « Ne t’en fais pas, dans quelques mois tu seras responsable du centre équestre et tu pourras enfin vivre de ta passion et quitter tous ces idiots du service technique ». 
Le Maire et son épouse laissèrent les deux hommes finir d’installer l’étalon dans l’écurie et retrouvèrent l’intérieur cossu et chaleureux de leur luxueuse demeure où Monsieur Delibrcourt se posa dans un fauteuil avant de se saisir du téléphone sur lequel il composa un numéro. Il ne fallut pas longtemps pour qu’un homme se présente au bout du fil. 
« Oui, j’écoute ! ». « Allô ! Colini ? »demanda Delibrecourt. « Oui, c’est pourquoi ? ». « Rien de grave, c’est Delibrecourt. J’aimerais vous inviter à dîner demain midi. C’est au sujet du centre équestre. Je voudrais savoir où en est votre architecte ».
« Les plans sont terminés, le problème reste le prix, sans parler de l’appel d’offres ». « Arrêtez de faire une fixation sur ce bon Dieu d’appel d’offres. De toute façon vous serez le moins cher de tous. Nous ferons comme d’habitude et tout se passera comme prévu ». « Je ne peux pas baisser mes prix, je risque déjà de devoir des indemnités de retard à cause des éoliennes, si en plus je casse mes prix, je vais couler mon affaire ». « Si vous baissez votre prix, je m’occupe des pénalités concernant le parc éolien ». « Je vais finir par travailler à perte. J’ai une boîte à faire tourner et des fournisseurs à payer ». 
« Dites-moi ce que vous voulez, du Polonais, du Roumain ou n’importe quoi d’autre. J’ai des tas de logement sociaux vides, les loger ne vous coûtera pas un euro. Faites les venir et moi je m’occupe du reste. Je peux même vous fournir un bus de la ville pour les conduire sur le chantier tous les matins, sans parler des repas du midi, je passe ça en perte pour les cantines ». « Bon, je vais voir ce que je peux faire ». « Super Colini ! Alors je vous dis à demain, passez donc à la mairie pour 11 h 00, comme ça, nous pourrons discuter des plans avant d’aller manger ». 
Le Maire salua son interlocuteur et raccrocha le combiné avant que sa femme ne vienne le rejoindre dans le salon où brûlait un généreux feu de cheminé crépitant. 
« C’était Colini ? » demanda Madame Delibrecourt à son époux.
« Oui, je lui ai demandé de s’occuper du centre équestre, mais il rechigne déjà sur le prix alors que les plans n'ont pas encore était dessinés ». « J’espère qu’il ne va pas nous attirer des problèmes ? ». « Colini ! Non, il est trop empêtré dans les magouilles pour pouvoir la ramener. Il fera comme je lui demanderais de faire. Il pleure tout le temps, mais ne t’en fait pas, il n’est pas à plaindre ». 
Le lendemain, en fin de matinée, alors qu’il était occupé à son bureau de la mairie, Xavier Delibrecourt entendit frapper à la porte. Il se leva afin d’aller ouvrir et se retrouva en face de Colini à qui il s’empressa de dire bonjour. 
« Colini ! Entrez mon vieux, ne restez pas dans le couloir. Vous avez apporté les plans ? ». L’homme sortit alors une grande enveloppe de sa veste avant d’en extraire plusieurs feuilles qu’il déplia avant de les poser sur le bureau du Maire. « Voilà ce que ça donne. Mon architecte a établi un premier croquis de ce que pourrait donner le centre équestre une fois achevé ». « Mais ce sont des écuries ! » sembla s’étonner le Maire. « Eh bien ce n’est pas ce que vous vouliez ? ». « Pas exactement, j’aurais plutôt imaginé un centre de loisir pour chevaux et cavaliers. Un bar, un restaurant, une piscine, un grand parking ». « Moi je veux bien, mais le prix risque fort de s’envoler ». « Peu importe, Bruxelles va me verser cinq cent mille euros, il reste encore le conseil municipal à convaincre ».
« Je veux bien, mais là on risque de frôler les deux millions. Je ne sais pas si le conseil acceptera votre projet ? ». « Bien entendu qu’il acceptera, il suffit de leur faire croire qu’ils font une affaire. Laissez-moi me charger des conseillés ». « Le plus simple serait que vous passiez à mon entreprise, nous pourrions ainsi nous entendre avec l’architecte et l’un de mes chefs de chantier ». « Oui, je crois que vous avez raison, ce sera bien plus simple. Quand puis-je passer à votre bureau ? » demanda Delibrecourt. « Demain soir, après 20 h 00, histoire d’avoir la paix ». « Non,je ne pourrai pas, j’ai justement la réunion du conseil concernant ce projet ». « Alors après-demain soir, même heure ? ». « Entendu, c’est parfait ». « Alors nous disons après-demain, 20 h 00 à mon bureau. Maintenant je dois vous laisser Monsieur le Maire, j’ai rendez-vous sur un chantier. Je suis désolé, mais je ne pourrais pas déjeuner avec vous comme vous me l’avez proposé ». « Ce n’est pas grave, nous aurons certainement d’autres occasions pour déjeuner ensemble. Je ne vous raccompagne pas »conclu Delibrecourt. 
Colini laissa les documents sur le bureau et se dirigea vers la porte avant de disparaître dans le couloir. Midi approchait, le Maire sortit de son bureau afin de rejoindre sa voiture qui attendait devant la mairie, lorsqu’il fut interpellé par une jeune femme. Il s’agissait de la journaliste qui lui avait posé des questions de façon insistante sur le chantier des éoliennes. 
« Monsieur Delibrecourt, j’aurai quelques questions à vous poser concernant l’attribution du marché des ordures de la ville ». « Pas maintenant Mademoiselle, je vais déjeuner. Prenez rendez-vous auprès de mon assistant ». répondit le Maire tout en accélérant le pas afin de rejoindre rapidement sa voiture. « Je l’ai cherché, mais il est introuvable. C’est pourquoi j’ai décidé de venir vous voir directement » « Normal, c’est son jour de repos ». « Des voix s’élèvent pour affirmer que la société de Monsieur Lacapelle aurait été favorisée ». « Monsieur Lacapelle a répondu à un appel d’offres, ni plus ni moins Mademoiselle ». « L’appel stipulerait une clause que seule la société Lacapelle pouvait respecter » « Ah oui, et laquelle ? » demanda le Maire d’un air sûr de lui. « Il est stipulé sur l’appel d’offres que l’entreprise la plus proche de l’incinérateur serait retenue en priorité. C’est très tendancieux comme argument ». « Pas du tout Mademoiselle, je me soucie simplement de l’environnement. La proximité avec l’incinérateur limite le nombre de kilomètres parcouru par les camions de ramassage. Plus l’entreprise est proche et moins il y aura d’émission de CO2. C’est une clause écologique tout à fait valable ». « Alors pourquoi avoir recours à un appel d’offres si Lacapelle est désigné par avance ? ». « Parce que c’est la loi. Rien n’empêche les autres entreprises de déménager afin de se rapprocher de l’incinérateur. Maintenant pardonnezmoi, mais je vais déjeuner ».
 Xavier Delibrecourt ne perdit pas un seul instant et prit place à l’arrière de sa voiture avant que celle-ci ne démarre en trombe en direction du centre-ville, abandonnant là la jeune journaliste qui décida de rendre visite à l’un des concurrents du Maire pour les prochaines municipales. Elle récupéra sa petite voiture qui faisait plus penser à un pot de yaourt qu’à une automobile et prit la direction du local du futur candidat, Pierre Bourtin. 
Elle pénétra dans une petite rue tout en vérifiant plusieurs fois le nom sur la plaque accrochée au mur afin de se convaincre qu’elle se trouvait bien à la bonne adresse. Elle gara sa voiture tout en fracassant pour la centième fois la jante avant droite contre le bord du trottoir. La rue n’était occupée que de vieux locaux abandonnés, fermés par de vieux rideaux en ferrailles rouillés et complètement cabossés. On pouvait voir un peu plus loin, l’entrée d’un bâtiment qui dénotait complètement avec le reste de la ruelle. La devanture qui était faite d’une grande vitrine était totalement recouverte d’affiches avec le portrait du candidat Pierre Bourtin sous lequel on pouvait lire « Le futur n’existe pas ». La jeune femme poussa la porte. Une secrétaire assise derrière un bureau s’adressa à elle sur un air fort sympathique. 
« Bonjour Mademoiselle, je peux vous renseigner ? ». « Oui, je suis Marie Sanlis, j’aurai aimé parler à Monsieur Bourtin ». « Vous avez rendez-vous ? ». « Non, pas du tout. Je travaille pour Le Sacre, un petit journal local ». « Je suis désolé, mais Monsieur Bourtin ne reçoit que sur rendezvous ». Au même instant, une porte s’ouvrit dans le fond de la pièce, laissant apparaître Pierre Bourtin que Marie s’empressa d’interpeller dès qu’elle le
reconnut. « Pardonnez-moi Monsieur Bourtin, je travaille pour un journal local et j’aurai voulu m’entretenir avec vous au sujet de Xavier Delibrecourt ». « Bonjour, quel sujet auriez-vous souhaité aborder à son sujet ? Il y en a tellement ! ». « C’est au sujet du parc éolien implanté en pleine zone humide ». « Il n’y a malheureusement aucun recours possible. Delibrecourt bénéficie du soutien du préfet qui a déclassifié la zone ». « Vous pensez qu’il soudoie le préfet ? »demanda la jeune femme. « Pas besoin, c’est le frère de son épouse. Vous pensez bien que cela facilite les choses pour Delibrecourt. Ce type fait la pluie et le beau temps dans toute la région depuis quinze ans. Tout le monde est à sa botte ». « Aucun autre candidat ne peut le battre ? ». « Pourquoi serait-il battu ? Les gros bonnets de la région ont tout ce qu’ils désirent depuis que Delibrecourt occupe la mairie de Reims, à quoi bon en changer. Il a les pieds dans le ciment. Il ne partira que pour la présidence du pays ». « Pourquoi vous présentez-vous dans ce cas ? » s’étonna la jeune femme. « Parce que je ne peux pas rester sans rien faire. Je pense à tous ceux qui se font arnaquer par ce type depuis des années et qui en redemandent. Les idiots ! ». « Vous pensez pouvoir les changer ? ». « Peut-être pas, mais je dois au moins essayer de les avertir. Je dois leur retirer le voile qu’ils portent devant leurs yeux et qui les empêche de voir qui est réellement Delibrecourt ». « Comment comptez-vous vous y prendre ? ».
« J’organise des réunions publiques tous les jeudis soir depuis trois ans. Je présente les faits aux gens en faisant bien attention de ne pas tomber dans la diffamation ou l’insulte ». « Et ça marche comme façon de procéder ? ». « Moyennement, parfois il y a quarante personnes, d’autres fois cinq ou six, mais l’important c’est d’être entendu afin que les gens parlent autour d’eux ». « Le siège national du parti écolo ne vous soutient pas ? ». « Je n’ai rien à voir avec les écolos. J’ai créé mon propre mouvement tellement j’étais exacerbé par le trop-plein de paroles qui était inversement proportionnel aux actions menées sur le terrain. Libéralisme et écologie n’ont rien à faire ensemble. Je me bats seul, mais au moins j’ai une petite base de gens qui me supporte et m’encourage pour continuer. Peu importe la force du vent, l’essentiel est que le bateau continue d’avancer ». « Pourquoi Delibrecourt parvient-il à être élu à chaque élection ? » se demanda Marie. « Il a constitué une base électorale solide composée de retraités, de cadres, de gens de la classe moyenne, de paysans. Des gens qui portent la valeur du travail au-dessus de tout ». « Et comment Delibrecourt fait-il pour mettre cette valeur en avant ? ». « Il y a douze ans, les Champagne Henry qui représentent le plus gros producteur national ont été sur le point de déposer le bilan. Une société Allemande s’est proposée pour reprendre l’entreprise, mais Delibrecourt s’y est opposé, mettant en avant un riche prince Saoudien. Ce n’est autre que Laurent de Librecourt, le fils du député-maire qui a organisé la cessation par l’intermédiaire de la société financière qu’il dirige. Trois mois plus tard, Xavier Delibrecourt faisait l’acquisition d’un splendide corps de ferme qu’il a fait complètement rénover depuis ». « Il aurait touché une commission de la part du prince Saoudien ? ».
« Non, c’est Laurent Delibrecourt qui a tout financé de la façon la plus légale possible. Le Maire n’a fait que favoriser le prince Saoudien à condition qu’il prenne son fils pour jouer les intermédiaires et empocher plusieurs millions d’euros. Mais comme personne ne peut prouver qu’il y a eu favoritisme, la justice ne peut rien faire ». « Peut-être, mais le fils a tout de même financé le corps de ferme et les travaux ». « Payer une maison à ses parents n’a rien d’illégal et comme l’argent gagné a été déclaré par la société de son fils, personne ne peut les attaquer pour quoi que ce soit alors qu’il y a eu bel et bien conflit d’intérêts ». « Et l’opinion publique, comment a-t-elle réagi ? ». « Delibrecourt est devenu le sauveur de l’économie de toute une ville en trouvant un repreneur et en évitant trois mille licenciements. Le reste n’a eu aucun écho. Je vous l’ai dit, la valeur du travail l’emporte sur la valeur de l’honnêteté. Peu importe que le Maire soit corrompu, l’essentiel n’est pas là pour les gens. Même deux accusations pour viol n’ont pas altéré l’opinion publique » « De quoi parlez-vous ? »demanda Marie. « Delibrecourt a été accusé de viol par deux de ses collaboratrices. La première s’appelle Martine Pingeot, elle fut sa secrétaire de mairie pendant quatre ans. La seconde se nommait Isabelle Lafure ». « S’appelait ? » s’étonna Marie. « On l’a retrouvé pendue dans son appartement du centre-ville ». « Mais pour quelle raison se serait-elle suicidée ? ». « Aucune preuve n’a pu être avancée par l’avocat de l’accusation. Il est probable qu’Isabelle Lefure ne là pas supportait et a eu peur d’être prise pour une menteuse, sans parler de la honte quelle a dû ressentir ». « Et pour ce qui est de Martine Pingeot ? ».
« Même chose, pas de preuve pour pouvoir accabler Delibrecourt. Madame Pingeot a préféré donner sa démission et a quitté Reims pour aller vivre dans le Sud ». « Vous avez l’air d’avoir un dossier complet sur Delibrecourt ». « C’est peu de le dire, j’ai constitué un dossier de plusieurs milliers de pages que j’ai transmis au tribunal de Reims. Cela fait maintenant deux ans, mais toujours aucune nouvelle ». « Vous pensez qu'il est couvert par la justice ? ». « Je ne pense pas, en revanche, il est fort probable que les soutiens viennent de très haut ». « Il n’est que député-maire, ses soutiens doivent tout de même être relativement limités ». « Je vous rappelle qu’il brigue la présidence de la République pour cette année. Il connaît tous les réseaux qui lui permettront d’accéder au pouvoir ». « Delibrecourt, président ! » sembla s’étonner la jeune femme. « On voit que vous connaissez mal cet homme. Il est bien plus puissant qu’on ne peut l’imaginer ». « À quel juge avez-vous transmis le dossier sur le Maire ? ». « Le juge Alfon, pourquoi ? ». « Vous vous opposeriez au fait que je puisse le rencontrer ? » « Non, au contraire, plus les gens remueront la boue, plus il en sortira quelque chose ». « Merci, ça vous dérange si je viens pour assister à votre réunion publique jeudi prochain ? ». « Pas du tout, je serai au moins sûr d’avoir une personne qui viendra m’écouter ».
« Alors je viendrai, maintenant pardonnez-moi, mais j’ai à faire. Je vous dis à jeudi » conclu Marie en quittant le petit local avant de regagner sa voiture. Elle décida de se rendre aussitôt au tribunal de Reims pour tenter de parler avec le juge Alfon afin de voir s’il était possible d’en tirer quelque chose. 
Après avoir traversé toute la ville, Marie se gara non loin du tribunal en étant fidèle à elle-même et en fracassant une nouvelle fois sa jante avant droite contre le bord du trottoir. Elle se présenta à l’accueil où elle demanda à être reçue par le juge en question. On la fit alors patienter un peu plus d’une heure avant de lui indiquer le bureau auquel elle devait s’adresser. Elle se présenta devant une porte épaisse recouverte de cuir rouge à laquelle elle frappa avec énergie avant d’entrer sans attendre de réponse. Un homme d’une cinquantaine d’années aux cheveux courts poivre et sel releva la tête de son bureau et l’interpella avec une voix des plus posées. 
« Vous vouliez me voir Mademoiselle ». « Oui, pardonnez-moi, je suppose que vous avez un emploi du temps hyper chargé » répondit Marie en se laissant embarquer dans un débit de mots assez impressionnant qui indiquait clairement qu’elle était fortement intimidée par la présence de l’homme de loi qui se trouvait devant elle. « J’ai au moins le temps de vous recevoir, je suis à vous maintenant. Prenez donc la peine de vous asseoir ». 
La jeune fille s’avança timidement et tira une chaise vers elle comme pour ne pas trop s’approcher du bureau. 
« Vous connaissez Pierre Bourtin ? » demanda Marie. « Oui, il s’est déjà présenté à l’élection municipale face à monsieur
Delibrecourt ». « Il vous a remis un dossier sur le Maire de Reims d’après ce que je sais ». « Je ne suis pas en mesure de vous révéler cela, nous sommes dans le secret des sources ». « Je sors de sa permanence à l’instant. C’est lui qui m’a donné votre nom afin que je vous rencontre ». « Quoi qu’il en soit, ce dossier ne m’a servi à rien, pour la bonne et simple raison que nous sommes parfaitement au courant de toutes ses affaires ». « Les champagnes Henry ne vous posent pas un petit problème de conflit d’intérêts ? ». « Le prince Saoudien qui a repris la société fait parti de la famille qui dirige l’Arabie-Saoudite ». « Ce qui veut dire ? ». « Ce qui veut dire que l’Arabie nous achète des armes et des avions et que Delibrecourt a favorisé la politique extérieure du pays en ayant une préférence pour le prince Saoudien ». « Il est donc couvert par la justice ». « Pas par la justice, mais par les réseaux implantés dans tous les milieux, politique, affaires, justice. Tout est lié ». « Qu’avez-vous tenté de faire de votre côté ? ». « J’ai transmis le dossier et il est certainement parti remplir les armoires renfermant les milliers d’affaires en attente ». « Vous ne pouvez pas le mettre en examen afin de diligenter une enquête ? ». « Je ne décide pas des affaires que je traite Mademoiselle. Je peux
fournir des preuves, mais ce n’est pas moi qui décide de juger l’affaire de mon choix ». « Il faut faire tomber Delibrecourt avant les élections présidentielles. S’il est élu, il bénéficiera de l’immunité durant toute la durée de son mandat ». « Je ne peux malheureusement pas vous aider, le mieux est de fouiller, d’accumuler des preuves ». « Je comprends Monsieur le juge, je ne vais pas vous faire perdre votre temps plus longtemps ». Marie se leva et salua le juge avant de quitter le bureau et de retourner à sa voiture. 
Au même instant à la mairie de Reims, les conseillés municipaux prenaient place en vue du conseil. La grande salle se transforma en véritable champ de bataille politique scindée par deux rangées de tables équipées de micros pour chacun des intervenants. D’une part, l’opposition et de l’autre, l’équipe du Maire de la ville. Delibrecourt pénétra dans les lieux, faisant se lever l’assemblée par signe de respect avant d’autoriser tout le monde à s’asseoir. 
« Bonjour à tous et bienvenue pour ce conseil municipal. Je voudrais revenir aujourd’hui sur le projet que j’avais évoqué lors du dernier conseil, concernant la construction d’un centre équestre municipal. Des voix s’étaient élevées ici et là pour contester vigoureusement ce projet et dire que ce serait une dépense inutile pour l’aménagement de la ville de Reims. Il est évident que depuis l’implantation d’une gare TGV depuis quelques années, la ville a vu son activité touristique augmenter de façon remarquable. Il suffit de se balader dans le centre-ville pour le constater, sans oublier notre proximité avec Paris, Metz et Lille qui voient aujourd’hui leurs aménagements équestres saturés par la demande. Je trouve donc judicieux de créer un pôle qui tournerait autour du cheval, pas
seulement une pension, mais un complexe destiné aux passionnés du cheval et de l’équitation dans toute sa diversité. Alors évidemment, cela a un coût, mais il faut le prendre comme un investissement pour l’avenir. J’ai avec moi une étude très précise de ce que pourrait rapporter ce centre à la municipalité une fois l’investissement amorti ». 
Le chef de groupe de l’opposition interpella le maire de façon plutôt virulente. 
« Et par qui a été réalisée cette étude ? ». « Par la société Laurent Delibrecourt finance qui est tout à fait habilité à effectuer ce genre d’étude Monsieur Leroy ».rétorqua vigoureusement le maire. « Je ne trouve pas normal que votre fils soit chargé de cette étude ».protesta le conseillé. « Mais tout ceci est parfaitement légal, un appel d’offres a été déposé au journal officiel ». « Et sur quel critère votre fils a-t-il été choisi ? ». « Premièrement, il ne s’agit pas de mon fils, mais de sa société, ensuite, il a été retenu sur le prix. Il a été le moins onéreux pour la ville de Reims. Voyez-vous une objection à ce que les contribuables ne soient pas matraqués en permanence ? » demanda le Maire d’une façon plutôt habile afin de couper court à la discussion avant de reprendre son explication concernant le centre équestre. 
« Merci Monsieur Leroy. Je reprends donc où vous m’avez coupé. Le centre équestre sera donc bénéficiaire au terme de l’amortissement et permettra la création d’une trentaine d’emplois à temps plein, ce qui n’est pas négligeable par les temps qui courent. J’ai rendez-vous demain soir avec Monsieur Colini afin que nous discutions plus précisément des
aménagements ». « Pourquoi Colini ? Il n’y a eu aucun appel d’offres à ce que je sache » s’énerva Monsieur Leroy. « Ne vous énervez pas Leroy, je vais chez Colini pour discuter du projet, pas pour signer le contrat. On n’a pas besoin d’un appel d’offres pour discuter à ce que je sache, ou du moins pas encore ». « Alors pourquoi discuter avec Colini si rien n’a encore été prévu pour le centre ? ». « Et bien justement, demain soir permettra d’avoir une base de travail à proposer aux entreprises qui répondront à l’appel d’offres que nous déposerons, chaque chose en son temps ». « Et qui va payer pour demain soir ? ». « Personne Monsieur Leroy, nous allons juste discuter, arrêtez de faire une fixette sur l’argent ». répondit le Maire, ne manquant pas de déclencher l’hilarité générale avant de conclure. « Bien, évidemment, il n’y a rien à voter pour aujourd’hui, nous pourrons débattre plus longuement lorsque j’aurais tous les éléments à ma disposition. Je vous donne donc rendez-vous lors du prochain conseil municipal de jeudi prochain. Bonne soirée à toutes et à tous ». 
Une fois le conseil achevé, l’hôtel de ville se vida petit à petit. Seul Benoît Perchon resta au bureau afin de terminer quelques dossiers qui ne pouvaient pas attendre. Lorsqu’il rejoignit sa voiture sur le parking désert, une voix de femme l’interpella avant qu’il ait eu le temps de finir de s’installer au volant. 
« Monsieur Perchon ! ». Il s’agissait de Marie Sanlis, la jeune journaliste. Perchon Tenta de fermer sa portière, mais la jeune femme la retint tout en suppliant l’attaché
parlementaire de bien vouloir l’écouter. « Je vous en prie ! Je ne serai pas longue, j’ai juste deux ou trois questions à vous poser ». « Je n’ai rien à vous dire, lâchez cette portière » hurla l’homme en tirant sur la poignée. « Pardonnez-moi d’insister, mais je veux savoir pourquoi vous travaillez pour un tel homme ». « Monsieur Delibrecourt me paye pour que je l’accompagne tout au long de son mandat, il est surchargé de travail et a besoin d’un attaché ». « Je ne vous parle pas de votre travail, mais de ses coups fourrés, de ses magouilles, sans oublier la mort de Madame Pingeot ». « Laissez-moi partir ou je téléphone à la police »menaça l'assistant parlementaire. « Que ressentez-vous dans le fait de pouvoir servir un députémaire ? »demanda Marie. « Beaucoup de fierté de contribuer à ma façon à servir les gens qui ont voté pour Monsieur Delibrecourt ». « Comment ! Vous êtes fier de servir cet escroc ! » s’étonna Marie qui ne comprenait pas comment un homme aussi respectueux de sa tâche et qui restait très tard au bureau pouvait ainsi servir un homme sans honneur qui ne pensait qu’à son propre intérêt. « Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne voyez que la surface émergée de l’iceberg, mais la politique demande du savoir-faire, de l’audace, du doigté. Il faut être un tueur débordant d’ambition. Il faut être assoiffé pour tenir dans ce milieu. Monsieur Delibrecourt est en place depuis des années grâce à ses défauts et non grâce à sa gentillesse. Cet homme a façonné toute une ville, voire une région tout entière. Il a sauvé des centaines d’emplois et a permis la création de centaines d’autres, alors certes, il a souvent fait les choses de façon plus qu’intéressée, mais avec
lui, c’est gagnant gagnant ». « Mais comment pouvez-vous défendre un être pareil ? C’est un magouilleur, un voleur et un violeur ». « Monsieur Delibrecourt n’a jamais violé qui que ce soit ». « Comment expliquez-vous que deux de ses anciennes collaboratrices est pus portaient plainte et qu’une d’entre elle se soit suicidée lorsque le verdict a innocenté votre patron ? ». « La justice n’a trouvé aucune preuve permettant d’inquiéter Monsieur Delibrecourt, Madame Pingeot était malade, elle était en arrêt tous les trois jours à cause du fait qu’elle déprimait constamment. Pour ce qui est du vol, je vous défie de trouver une seule affaire où Monsieur Delibrecourt aurait volé de l’argent à qui que ce soit ». « Il y a eu l’affaire des champagnes Henry dans la quelle il a pu acheter un corps de ferme qu’il a fait retaper de fond en comble juste après la cessation de la société ». « Il n’a rien volé, son fils a simplement participé à la transaction entre l’ancien propriétaire et un prince Saoudien, tout était parfaitement légal »insista Perchon. « Vous trouvez normal que le Maire fasse intervenir son propre fils pour négocier la cessation d’une entreprise tout en ramassant une commission de plusieurs millions ? »s'insurgea Marie. « Laurent Delibrecourt a répondu à un appel d’offres de la façon la plus légale qui soit, les Delibrecourt n’ont pas volé un centime dans cette affaire ». « Légal ne veut pas dire moral et vous le savez très bien ». « Pourtant, seule la légalité compte dans cette affaire. Vous pouvez chercher autant que vous le voulez, vous ne trouverez rien pour inquiéter Monsieur Delibrecourt ». 
Sans rien ajouter, Perchon ferma sa portière et démarrera sa voiture avant de se diriger vers la sortie du parking. Marie prit soudainement conscience que Delibrecourt ne serait pas facile à abattre politiquement avant la compagne présidentielle. La jeune journaliste prit également conscience que les raisons pour lesquelles les gens votaient pour cet homme malhonnête ne s’arrêtaient pas simplement à une simple histoire de probité et de confiance. Le lendemain matin, Delibrecourt était en train de boire un café, mug à la main, lorsqu’il vit sa voiture de fonction remonter le grand chemin qui traversait sa propriété. Une fois que la berline fut garée devant l’entrée de la maison, Perchon qui se trouvait à l’arrière, sortit et alla sonner à la porte où Madame Delibrecourt ne tarda pas à venir lui ouvrir tout en le saluant aimablement. 
« Bonjour Benoît, ce n’est pas commun de vous voir arriver avec le chauffeur ». « Bonjour Madame Delibrecourt. Effectivement, mais il fallait que je parle à Monsieur Delibrecourt, c’est pourquoi j’ai demandé au chauffeur de passer me prendre chez moi avant de venir cherche Monsieur le Maire ». « Il se trouve au salon, il finit de boire son café. Allez le rejoindre. Vous souhaitez un café ? ». « Non merci Madame Delibrecourt, j’en ai déjà bu deux ce matin » répondit Perchon avant de se rendre au salon où Xavier Delibrecourt s’étonna de sa présence. « Bonjour Perchon, il y a un problème ? ». « Bonjour Monsieur le Maire. Vous vous souvenez de la journaliste qui vous a interrogé sur le chantier des éoliennes ? ». « Oui, une véritable emmerdeuse, pourquoi ? ». « Hier soir je suis resté au bureau assez tard afin de terminer un dossier, et lorsque je suis arrivé à ma voiture, elle m’attendait et a
commencé à me poser des questions vous concernant ». « Quels genres de questions ? ». « Sur les appels d’offres, les plaintes pour viols, ainsi que sur la société de votre fils. Elle m’a demandé si je n’avais pas honte de servir un homme comme vous ». « Vous savez pour quel journal elle travaille ? ». « Oui, j’ai consulté la liste des journalistes qui étaient présents sur le chantier. Il s’agit de Marie Sanlis, elle travaille pour le journal Le Sacre, un petit quotidien installé près du centre-ville ». « Je connais son patron, il est venu me solliciter il y a cinq ans pour que je lui trouve un local pour son journal. Nous allons nous y rendre tout de suite. Je n’ai pas l’intention de laisser cette petite fouineuse mettre son nez dans mes affaires ». 
Sans attendre, Delibrecourt posa son mug sans prendre la peine de finir son café et passa une veste avant d’aller prendre place à l’arrière de la voiture avec Perchon à ses côtés. La berline prit alors la direction du journal le Sacre où Le Maire et son assistant se présentèrent à l’accueil où une préposée s’adressa à eux très aimablement. 
« Bonjour Messieurs, je peux vous renseigner ? ». « Bonjour Madame, je suis Monsieur Delibrecourt, le Maire de Reims et je souhaiterai parler à Monsieur Ayoud, c’est très urgent ». « Je vous indique son bureau. Vous grimpez à l’étage et vous traversez toute la rédaction ». 
Les deux hommes ne perdirent pas une seconde et se retrouvèrent rapidement au beau milieu de la rédaction où tous les journalistes présents
à leurs postes de travail les regardèrent passer.La plus surprise fut bien entendu Marie, que le maire reconnu aussitôt et qu’il toisa du regard tout en se dirigeant vers le bureau du patron où il frappa à la porte avant d’entrer. 
« Bonjour Monsieur Delibrecourt, vous me voyez surpris de votre visite. Que puis-je faire pour vous ? » demanda le patron, constatant rapidement que le Maire conserva un air des moins amical. « Marie Sanlis travaille bien pour vous ? ». « Oui, ça fait six mois maintenant, pourquoi cette question ? ». « Mademoiselle Sanlis a dû trop regarder les séries avec des détectives privés ». « Mais pourquoi dites-vous cela ? Je ne comprends pas ». « Votre journaliste a décidé de faire une enquête sur ma façon de diriger la ville. Elle m’accuse d’être un magouilleur, un voleur. Elle fait courir des bruits sur le fait que je truquerais les appels d’offres afin de favoriser certaines entreprises contre de l’argent ». « Mais elle n’est pas chargée des affaires politiques, je l’ai mis aux affaires environnementales ». « Alors soyez gentil de la rappeler à l’ordre, et n’oubliez pas que vous vous trouvez dans ce local grâce à moi ». « S’agit-il d'une menace d’expulsion ? Si c’est le cas, sachez qu’il y a un bail et que vous ne pourrez pas me faire partir aussi facilement que cela ». « Il me suffit de mettre fin à votre bail sur le simple motif de l’intérêt public et vous serez obligé de quitter les lieux sans attendre ». « Mais de quel intérêt public parlez-vous ? ». « Je ne sais pas ? Il y a dix mille façons de transformer un local du
centre-ville en local public, une banque alimentaire par exemple. Je vous mets dehors et j’obtiens même le soutien de la population pour le fait d’œuvrer pour les plus pauvres, je vous assure que personne ne pleurera votre départ ». « Je vais voir ce que je peux faire avec ma journaliste »se résilia Ayoud. « Il ne s’agit pas de voir, je veux que cette fille arrête de me chercher des poux dans la tête ». 
Xavier Delibrecourt et son assistant quittèrent le bureau sans saluer Monsieur Ayoud qui resta debout comme un imbécile, avant de passer la tête dans l’encadrement de la porte et de faire signe à Marie pour qu’elle le rejoigne dans son bureau. La jeune femme traversa la rédaction avec tous les yeux de ses collègues posés sur elle avant d’entrer dans le bureau où elle ferma la porte. Monsieur Ayoud était en train de faire les cent pas avec les mains dans le dos. Il s’adressa à la jeune femme sans la regarder, de peur de s’énerver davantage. 
« Mademoiselle Sanlis, vous savez qui vient de me passer un savon ? ». « Monsieur Delibrecourt, je l’ai vu passer à travers la rédaction du journal ». « Effectivement et il m’a dit que vous ne cessiez pas de lui tourner autour dans le but de faire une enquête sur ses activités politiques que vous accusez de malhonnêtes ». « C’est peu de le dire Monsieur » répondit Marie, sûre d’elle. « Je vous ai collée à l’environnement, je vous ai demandé de faire un article sur le nouveau parc éolien et vous prenez l’initiative d’enquêter sur
le Maire. Vous vous croyez où Mademoiselle Sanlis ? Dans Arabesque ? ». « Mais j’ai fait ce que vous m’avez demandé. Je suis allé poser des questions au Maire sur le chantier des éoliennes, je lui ai demandé s’il était normal de construire des éoliennes en zone humide. Il m’a répondu que le préfet avait déclassé la zone par arrêté préfectorale ». « Et alors ! Si le préfet a déclassé la zone, c’est qu’il y a une bonne raison ». « Bien entendu qu’il y a une bonne raison, le préfet est son beaufrère ». « Ce qui sous-entend ? » demanda le patron. « Dites-moi pourquoi un terrain qui est classé en zone humide depuis des lustres ne le serait plus du jour au lendemain. Mais il n’y a pas que ça ». « Alors continuez, j’attends vos arguments »demanda Ayoud, toujours autant énervé. « Il y a de cela des années, les champagnes Henry ont été à deux doigts de déposer le bilan. Une société Allemande s’est proposée pour reprendre l’entreprise. Au dernier moment, un prince Saoudien est passé devant les Allemands et a pu racheter la boîte en prenant comme intermédiaire une société financière qui appartient à Laurent Delibrecourt, le fils du Maire qui a touché une commission de deux millions d’euros pour avoir traité l’affaire ». « Et alors ! Il y a eu un appel d’offres, je suppose ». « C’est tout de même étrange que tout marche toujours dans l’intérêt du Maire et de sa famille ». « Quoi qu’il en soit, vous laissez tomber les affaires du Maire » « Alors dites-moi pourquoi nous faisons ce métier ? Si c’est pour parler des chiens écrasés, ce sera sans moi »protesta Marie.
« Je sais très bien pourquoi je fais ce boulot, mais le maire a menacé de nous expulser si vous continuez à mettre votre nez dans ses affaires ». « Et si j’enquête pendant mon temps libre? »demanda Marie avec un air malicieux. « Alors vous aurez tout le temps libre dont vous souhaitez »déclara Ayoud sur un air menaçant. « Ce qui veut dire patron ? ». « Si vous continuez, je vous mets à la porte ». « Pierre Brossolette serait fier de vous »déclara Marie en prenant un air très sérieux. « Que vient faire Brossolette dans cette histoire ? »s'énerva le patron. « C’est un journaliste qui fut déporté pour avoir combattu le nazisme ». « Je sais très bien qui est Brossolette, mais quel rapport avec moi ? ». « Lui, c’était un vrai journaliste, un homme libre qui n’a pas craint un seul instant pour sa vie ». « Vous m’accusez de manquer de courage ? ». « C’est peu de le dire patron. Vous feriez mieux de recycler le journal dans les petites annonces, vous prendriez moins de risques comme ça. J’ai fait l’école de journalisme en pensant que les médias étaient un contre-pouvoir, mais je me rends compte que je me suis trompée. Il n’y a qu’à regarder la composition du journal, le sport, les avis de décès, les offres d’emploi, des mots croisés et un ou deux articles sur des problèmes de voisinage. Un gentil journal en somme ». 
Ayoud arrêta de faire les cent pas et posa ses mains sur son bureau en se penchant vers Marie. 
« Vous voulez quoi au juste ? ». « Que vous m’accordiez deux semaines de congé ». « Des congés ! Mais pourquoi faire ? ». « Ma grand-mère est malade, je ne peux pas laisser une vieille femme toute seule chez elle » ironisa Marie, tout en conservant un air sérieux. « Non, c’est certain, alors prenez bien soin de votre grand-mère, mais dites-vous bien que je ne pourrais rien pour elle en cas de problème. Vous m’avez bien compris » demanda le patron en accordant officieusement à Marie de continuer son enquête sans être couverte par sa carte de presse. « Ne vous en faites pas patron, ma grand-mère est une femme solide qui a de la ressource. Maintenant pardonnez-moi, mais je ne veux pas la faire attendre » conclu Marie avant de quitter le journal pour rejoindre sa voiture afin de se rendre à la permanence de Pierre Bourtin pour s’entretenir avec lui. 
Pendant ce temps, Xavier Delibrecourt était en train de travailler, seul dans son bureau de la Mairie de Reims. Quel ne fut pas sa surprise de voir sa secrétaire faire entrer le mentor de son parti politique, Nicolas Debenois. Le Maire se leva et salua son confrère avant de renvoyer sa secrétaire. « Quelle surprise, justement je voulais te voir avant le début de la campagne ». « Bonjour Xavier, je passais sur Reims, et comme j’ai une heure à tuer, je suis venu te rendre une petite visite ». 
« Viens, assied-toi » proposa le Maire à son visiteur, tout en retournant derrière son bureau. « Tu disais vouloir me voir, c’est à quel sujet ? »demanda Debenois
d'un air surpris. « C’est à propos d’un dossier que je tenais absolument à te montrer » Xavier Delibrecourt ouvrit un tiroir d’où il sortit une enveloppe qu’il posa devant Nicolas Debenois. L’homme hésita quelques secondes avant d’ouvrir l’enveloppe et d’en sortir plusieurs documents ». « C’est quoi ça ? » interrogea Debenois. « Ce qui tuera ta campagne électorale mon bon Nicolas ». « Toutes ses propriétés ne sont pas à moi, tu n’as aucune preuve pour me faire chanter ».déclara l'homme pour tenter de se défendre. « Pourquoi tout de suite les gros mots ? » ironisa Delibrecourt avant de continuer « Il suffira d’une enquête du parquet financier pour se rendre compte que les prête-noms dont tu te sers n’ont malheureusement pas les revenus nécessaires à l’acquisition de telles propriétés, sans parler de l’emploi fictif de ton fils dans une multinationale ». 
« Tu es une véritable ordure »s'insurgea Debenois tout en tentant de conserver son calme. « Oui, c’est en général l’adjectif que beaucoup de gens me donnent ». « Qu’attends-tu de moi ? ». « Que tu me cèdes ta place pour représenter le parti pour la présidentielle. Bien entendu j’attends que tu me soutiennes à 200 % auprès de notre groupe parlementaire, ainsi que devant les adhérents ». « Ma candidature est prévue depuis plus d’un an, tu ne crois tout de même pas que tout le monde va accepter que je me retire comme ça ». « Bien entendu, j’ai pensé à tout. Tu vas organiser une conférence de presse publique pendant laquelle tu annonceras ton retrait de la vie politique ». « Pas question ! » s’insurgea Debenois avant de poursuivre .
« Tu ne peux pas me demander une chose pareille, céder ma place est une chose, quitter la politique en est une autre, je refuse ». « Alors retire-toi pendant toute la durée de la campagne. Invente tout ce que tu veux, mais je veux que tu dégages du paysage politique jusqu’à l’élection présidentielle ». « Et ensuite ? » « Tu auras le poste que tu souhaites. Tu vois, je ne suis pas chien » répondit Delibrecourt sur un air plus que sarcastique. « J’ai attendu de pouvoir me présenter à la présidentielle depuis le premier jour ou je suis entré en politique. Je te promets que je te détruirais à la première occasion »menaça Debenois. « Tu aurais perdu de toute façon, les gens d’en bas ne t’aiment pas. Tu es beaucoup trop bling-bling pour eux, d’ailleurs, moi non plus je ne t’ai jamais trop apprécié. Maintenant pardonne-moi, mais j’ai une ville à gérer et une campagne présidentielle à préparer. Tu connais la sortie » conclu Delibrecourt sur un air des plus méprisant. 
De son côté, Marie venait d’arriver à la permanence de Pierre Bourtin où elle fut reçue par la secrétaire du candidat. 
« Bonjour Madame, vous cherchez Monsieur Bourtin ? ». « Bonjour, oui, j’aurais aimé lui parler ». « Il est en train d’animer une réunion publique dans une petite salle qui se trouve derrière la gare. Si vous vous dépêchez, vous devriez arriver sur place avant qu’il n’ait terminé ». 
Marie reprit sa voiture et se dirigea sans attendre vers l’endroit indiqué par la secrétaire. Elle se gara non loin de la salle sans oublier de
fracasser une nouvelle fois la jante avant droite de sa voiture contre le bord du trottoir. Elle se dirigea ensuite vers la salle où elle entra discrètement avant de s’asseoir sur une chaise du dernier rang. La salle n’était pas très grande. Une trentaine de personnes avaient tout de même fait le déplacement pour écouter ce que Pierre Bourtin tenait à leur dire. Le candidat qui comptait s’opposer au Maire sortant était justement en train de débattre avec une personne du public qui venait juste de l’interpeller. 
« Vous me demandez pourquoi je me présente en candidat libre, ma réponse est la suivante. Durant mon engagement politique à travers plusieurs partis , comme militant et ensuite comme assistant d’élus, j’ai constaté une chose, chaque parti fonctionne exactement comme une société privée. On y retrouve de la publicité, certains appelleront cela de la communication, on y retrouve des produits à vendre aux gens, certains appelleront cela des programmes électoraux, et on y retrouve également un très large choix commercial, certains appelleront ça de la diversité politique. Dites-moi pourquoi les partis politiques font appel aux mêmes entreprises de communication que les plus grandes marques que l’on peut trouver dans les magasins ? Tout simplement parce que le principe est exactement le même. Le consommateur et l’électeur fonctionnent de la même façon. Que ce soit pour le président, ou une bouteille de shampoing le principe reste identique, vous vous contentez de lire ce qui est écrit sur la bouteille et vous vous faites avoir ». 
« Alors comment peut-on faire ? » interrogea une femme dans le public. « Pour commencer, ne vous fiez pas à l’emballage, il est trompeur. Combien de fois ai-je entendu des gens dire qu’ils allaient voter pour tel ou tel candidat à cause de son style ou de sa capacité à courir aux quatre coins du pays, ou parce qu’il est sympathique. Il ne s’agit pas de voter pour le prochain athlète qui représentera la France aux jeux olympiques, mais de voter pour votre avenir ainsi que celui de vos enfants ».
 « Cela ne nous explique pas comment nous devons nous y prendre pour choisir notre candidat » s’exclama une femme assise au fond de la salle. « Si un candidat vous attire plus qu’un autre, tapez son nom sur internet. Vous connaîtrez son passé, sa carrière, s’il a travaillé aux services de grosses sociétés influentes, s’il a déjà été condamné, s’il n’a pas fait des choses en contradiction totale avec ce qu’il promet. Pour savoir où veut aller un politicien, il suffit parfois de regarder simplement d’où il vient pour comprendre ce qu’il fera une fois au pouvoir. Il est peu probable qu’un ancien banquier prône le partage, ou encore qu’un homme qui vient de quitter une grande entreprise ne la favorise pas une fois en place ». « Faut-il écouter les journalistes ? » demanda un homme qui se tenait debout contre le mur. « C’est délicat. Bien entendu, certains journalistes font convenablement leur travail, mais la majorité sont directement liés à des intérêts divers. Ils travaillent pour des médias qui appartiennent à des puissances d’argent, à des multinationales qui se paye un outil médiatique dans le seul but d’orienter l’opinion. Un marchand d’armes qui possède un média s’en servira pour encourager à la guerre, un pétrolier qui possède une chaîne info s’en servira pour pousser à envahir un pays où il y a du pétrole. 
Mon but n’est pas de vous rendre parano, mais vous devez apprendre à vous faire votre propre idée par vos propres moyens. N’oubliez pas ce que je vous ai dit tout à l’heure, un candidat à une élection est d’abord et avant tout un produit politique, ce qui implique qu’on tentera de vous le vendre afin que vous finissiez par voter pour lui ». 
« Que pensez-vous de l’abstention ? » interrogea une jeune femme. « Je dirai que c’est une arme à doubles tranchants. Elle peut vous
donner le pouvoir de refuser de participer à un système qui ne vous convient pas, mais malheureusement, le vote reste le seul moyen d’espérer changer les choses ». « On peut décider de vivre en dehors de la politique » répliqua la jeune femme. « Oui, c’est tout à fait possible, à condition de partir vivre au milieu des bois. Si vous continuez de vivre dans la société, vous devrez vous contenter de subir votre vie. Que vous votiez ou non, l’augmentation d’impôts vous concernera tout autant que les autres. Si l’école de votre quartier ferme, votre enfant sera tout autant concerné que les enfants de ceux qui votent ». « Mais que je vote ou non, je devrais subir de toute façon »sembla se résigner la jeune femme. « Ne votez pas en ayant confiance au candidat que vous choisirez, votez en ayant confiance en vous-même. Votez en étant convaincu que la cause que vous défendez à travers votre bulletin est la bonne, votez pour exprimer ce que vous souhaitez pour la société. Maintenant pardonnezmoi, mais je dois vous quitter, j’ai pas mal de choses à finir ». 
Pierre Bourtin remercia le public qui se leva et quitta la salle en bon ordre, tandis qu’il rangeait ses affaires. Marie se leva et s’approcha de lui discrètement. 
« Les gens sont complètement perdus on dirait » déclara Marie, faisant sursauter Pierre qui fut surpris par la jeune femme. « Ah c’est vous ! Vous m’avez fait peur. Oui, les gens sont déboussolés. Ils ont beaucoup de mal à faire confiance. Ces gens ne sont pas le cœur de cible des candidats à l’élection municipale. Ils sont souvent sans emploi, n’ont pas d’argent, ont des problèmes familiaux. Il est très difficile de les faire rêver avec un programme ».
« Ce qui veut dire ? » demanda Marie. « Ce qui veut dire que les campagnes électorales ne leur sont jamais destinées. On préfère promettre moins de taxes aux chefs d’entreprises, plus de sécurité aux bourgeois du centre-ville, moins de bruit aux petits retraités de la fonction publique, un marché bio pour les bobos, et j’en passe ». « Comment faire rêver ces gens d’après-vous ? ». « Le but n’est pas qu’ils rêvent, car le rêve reste une illusion. Il faut qu’ils réalisent leur vie, tout simplement. Du travail serait déjà énorme pour beaucoup d’entre eux ». « Il faudrait déjà éradiquer les trafiquants de drogue dans tous les quartiers ». « Oui, mais on ne le fera pas. Il faut mieux une économie souterraine qui permet de calmer les esprits les plus vifs qu’une révolte générale. La drogue leur permet de se payer le rêve que la société leur vend tous les jours sur des milliers de supports publicitaires. Vous n’avez qu’à observer le comportement des gens lorsqu’il y a des émeutes. Les émeutiers ne dévalisent pas des magasins de fruits et légumes, ils s’attaquent à des boutiques de sport, d’informatique, de fringues. La société est une machine à broyer les gens par la frustration permanente engendrée par la publicité. Mais bon, je vous ennuie certainement avec mon discours. Dites-moi plutôt ce qui vous conduit jusqu’à moi » « Delibrecourt est passé au journal pour faire pression sur mon patron afin qu’il m’interdise d’enquêter sur ses affaires ». « Et alors, qu’allez-vous faire ? ». « J’ai convaincu mon patron de me mettre en congé durant deux semaines ». « En congé ! Mais pourquoi faire ? » s’étonna Pierre. « Comme ça, si je me fais pincer par Delibrecourt, je dirai que
j’enquête de mon propre chef, ce qui permettra de blanchir le journal ». « Et par où souhaitez-vous commencer votre enquête ? ». « Par ses proches. Je désirerais savoir si d’autres personnes de sa famille bénéficient de l’argent public ou de privilèges de façons abusives. Vous savez si Delibrecourt a d’autres enfants ? ». « Il a un deuxième fils et une fille ». « Vous savez ce qu’ils font dans la vie ». « Son autre fils est gendarme à la gendarmerie de Laon, pour ce qui est de sa fille, elle vient de finir ses études en communication. Il y a de grandes chances pour que Delibrecourt la face travailler pour la prochaine campagne ». « La municipale ou la présidentielle ? ». « Je sais qu’il souhaite plus que tout se présenter pour la présidence de la République, mais le candidat du parti est déjà désigné d’avance. Il s’agit de Nicolas Debenois. Il devra se contenter de la mairie de Reims ». « Je crois que je vais me rendre à Laon pour tenter de discuter avec son autre fils ». « Qu’espérez-vous apprendre de plus en allant lui rendre visite ? ». « Si je le savais, vous pensez bien que je ne me donnerai pas la peine de faire la route ». « Oui, pardonnez ma question qui est très idiote ». « Pas de mal. Je vous laisse, je file à Laon. Je vous tiens au courant ». 
Et c’est sans attendre que Marie prit la direction de la gendarmerie de Laon avec sa voiture. Une fois sur place, elle pénétra dans la caserne et s’adressa à un militaire assis derrière un petit comptoir formant un angle. 
« Bonjour Monsieur, je souhaiterais parler au gendarme Delibrecourt ». « Vous patientez » lui demanda le militaire en lui indiquant un banc sur lequel Marie alla s’asseoir. Le militaire se leva pour se rendre dans la pièce voisine avant de revenir à sa place une minute plus tard. Un gendarme apparu alors dans l’angle de la porte et se dirigea vers Marie à qui il s’adressa à voix basse. 
« Bonjour Mademoiselle, mon collègue m’a dit que vous vouliez me voir ». « Oui, je souhaiterais m’entretenir avec vous au sujet de votre père ». « Dites-moi d’abord qui vous êtes ». « Je m’appelle Marie Sanlis et je suis journaliste. N’y a-t-il pas un moyen de pouvoir discuter dans un endroit un peu plus tranquille ? » demanda la jeune femme avant que le gendarme ne lui demande de le suivre dans une salle de repos avec des tables, des chaises et un distributeur à café. « Désirez-vous un café ? » demanda le gendarme avec courtoisie. « Non merci. C’est étrange que vous ne soyez pas affecté à la gendarmerie de Reims ». « Pourquoi dites-vous ça ? » sembla s’étonner le gendarme. « Votre père a beaucoup de pouvoir, il aurait pu vous pistonner ». « C’est suffisamment compliqué comme ça d’être gendarme tout en étant son fils ». « Pour quelle raison ? ». « Je pense que j’ai choisi la gendarmerie pour tenter de réparer le mal que mon père a fait à la société ».
« Vous vous fréquentez avec votre père ? ». « Non, j’ai toujours refusé de mouiller dans ses magouilles, alors il m’a catalogué comme une personne faible et sans ambition ». « De quels genres de magouilles parlez-vous ? ». « Un riche industriel stockait illégalement des déchets toxiques dans un hangar près de la ville. Les autorités lui ont demandé de vider les lieux le plus vite possible. L’enlèvement et le traitement de ses produits allaient lui coûter une fortune. Mon père lui a proposé de faire disparaître sa marchandise dans l’incinérateur de la ville contre un joli dessous de table de deux cent mille euros. Il a voulu m’intéresser à cette affaire, ce que j’ai refusé bien entendu. Je l’ai alors menacé de tout raconter s’il mettait son plan à exécution. Je lui disais qu’il allait empoisonner la moitié de la ville avec les retombées chimiques, sans parler de la corruption dont il faisait l’objet ». 
« Vous avez tenté de dénoncer ses agissements ? ». « Votre père a beaucoup de pouvoir, il aurait pu vous pistonner ». « C’est suffisamment compliqué comme ça d’être gendarme tout en étant son fils ». « Pour quelle raison ? ». « Je pense que j’ai choisi la gendarmerie pour tenter de réparer le mal que mon père a fait à la société ». « Vous vous fréquentez avec votre père ? ». « Non, j’ai toujours refusé de mouiller dans ses magouilles, alors il m’a catalogué comme une personne faible et sans ambition ». « De quels genres de magouilles parlez-vous ? ». « Un riche industriel stockait illégalement des déchets toxiques dans un hangar près de la ville. Les autorités lui ont demandé de vider les lieux
le plus vite possible. L’enlèvement et le traitement de ses produits allaient lui coûter une fortune. Mon père lui a proposé de faire disparaître sa marchandise dans l’incinérateur de la ville contre un joli dessous de table de deux cent mille euros. Il a voulu m’intéresser à cette affaire, ce que j’ai refusé bien entendu. Je l’ai alors menacé de tout raconter s’il mettait son plan à exécution. Je lui disais qu’il allait empoisonner la moitié de la ville avec les retombées chimiques, sans parler de la corruption dont il faisait l’objet ». « Vous avez tenté de dénoncer ses agissements ? ». « Je ne suis pas du tout d’accord avec ses pratiques mafieuses, mais d’ici à envoyer mon père en prison, c’est une autre affaire, et puis il est malin, on ne le coince pas aussi facilement que ça. C’est toujours votre parole contre la sienne ». « Lui connaissez-vous d’autres affaires dans lesquelles il serait mouillé ? ». « Non, mais je suis certain que vous n’avez pas fini d’être surprise par les affaires le concernant ». « En tout cas je vous remercie pour m’avoir parlé quelques minutes, ça va me permettre d’avancer dans mon enquête. Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps » conclu Marie avant de saluer le gendarme Delibrecourt et de retourner à sa voiture afin de reprendre la route en direction de Reims. Pendant ce temps, la berline transportant Delibrecourt et son assistant arriva dans la cour de la société Colini où le patron les accueillit avant de leur demander de le suivre jusqu’à son bureau se trouvant au premier étage d’un bâtiment jouxtant un grand hangar. En s’approchant de la fenêtre, Delibrecourt pouvait admirer l’ensemble de l’entreprise et les dizaines d’engins de chantiers parfaitement alignés. Les trois hommes prirent place autour d’une grande table de travail sur laquelle était posé un plan provisoire concernant le futur centre équestre voulu par le Maire. Un quatrième homme pénétra dans la pièce et vint saluer de la main les personnes déjà présentes.
 « Voici Monsieur Lebrun, c’est l’architecte qui a travaillé sur le projet » précisa Colini en s’adressant à Delibrecourt. « Je suis enchanté Monsieur Lebrun, j’aimerais que vous nous fassiez part de votre travail concernant le centre équestre de la ville de Reims ». 
« Bien sûr, veillez tout d’abord excuser mon léger retard. Vous pouvez voir sur la table de travail le plan sur lequel j’ai travaillé. Bien entendu, l’accent a été mis sur le manège fermé qui sera la partie autour de la qu’elle viendra se greffer le bar-restaurant, permettant d’avoir une vue sur les cavaliers qui s’entraîneront tout en déjeunant, ce qui rendra les lieux très conviviaux. Viendront s’ajouter tout autour du manège une cinquantaine de box destinés aux pensions des chevaux des propriétaires, ainsi que deux manèges extérieurs et une carrière. Lorsque vous quitterez le bar-restaurant pour rejoindre le parking, vous passerez inévitablement devant la piscine d’une dimension de 16 x 6, ce qui permet d’avoir un bassin suffisamment grand sans pour autant faire exploser le prix de l’ensemble ». « Très beau projet, mais qu’en est-il du prix global de ce centre » demanda Delibrecourt. « Hors terrain, nous en sommes à deux millions d’euros ». « Deux millions ! J’avais espéré un million et demi tout au plus » s’exclama Delibrecourt qui faillit s’étouffer de stupeur. « Vous oubliez le travail du terrain, les fondations, l’eau et l’électricité. De combien d’hectares disposez-vous pour ce projet ? » interrogea l’architecte. « Vingt hectares, cinq sont destinés au centre lui-même et quinze sont réservés aux pâturages pour les chevaux, ça va très vite ». « Vingt hectares ! Comptez environ trois cent mille euros
supplémentaires pour votre projet » « Puis-je parler librement ? » demanda Delibrecourt en se tournant vers Colini. « Oh bien entendu, Monsieur Lebrun travaille avec moi depuis plus de dix ans, il a l’habitude des petits arrangements. Vous pouvez parler sans aucune crainte Monsieur Delibrecourt ». 
Le député-maire sortit une petite calculette de sa poche et commença à effectuer quelques petites vérifications « Le projet va tourner autour de 2 300 000 euros. En surfacturant de 6 %, nous arrivons à un total de 2 438 000 euros, soit une petite commission de 46 000 euros chacun ». 
« Mais nous sommes quatre » répondit Colini. « Vous parlez sans doute de Perchon » répondit Delibrecourt avant de poursuivre « Il participe à toutes mes petites affaires, mais se refuse totalement d’y participer. C’est un homme de principes, que voulezvous ! » ironisa le Maire. « Et pour ce qui est de l’appel d’offres, comment être sûr que nous décrocherons le contrat ? » interrogea Colini. « Rien de bien compliqué, j’y travaille depuis plusieurs jours et je pense avoir trouvé deux clauses qui nous aideront à vous faire décrocher le contrat ». « Et quelles sont-elles ? » demanda Colini, impatient. « Pour commencer, je ferais valoir une clause environnementale, pour cela je mettrais en avant votre proximité, et ensuite, vous devrez faire travailler un certain pourcentage de travailleurs handicapés sur le chantier ». 
« Je ne vais tout de même pas embaucher des handicapés juste pour votre centre équestre ! » « Il n’en est pas question, il vous suffit de sous-traiter le centre de réinsertion des handicapés de la ville de Reims pour des petits travaux, comme de la peinture par exemple. Par contre pour la piscine, j’aurais une petite faveur à vous demander ». « Et de quoi s’agit-il » demanda Colini. « Serait-il possible d’en construire la moitié au centre et l’autre partie dans ma propriété ? » « Deux fois huit mètres ! Vous ne craignez pas que certaines personnes s’en rendent compte ? » « Personne n’ira s’amuser à mesurer la longueur de la piscine du centre équestre » répondit Delibrecourt, sûr de lui. « Alors ça doit être faisable » répondit Colini. « Le prochain conseil municipal devait avoir lieu jeudi prochain, mais je vais en convoquer un pour demain soir, cela nous permettra de gagner du temps. Pour le moment je vais vous abandonner, il se fait tard et je ne voudrais pas abuser de votre temps ». 
Delibrecourt salua Colini et Lebrun avant de prendre place dans sa voiture avec Perchon à ses côtés. Tandis que la berline prenait la direction de la propriété du maire, son assistant tenta de le mettre en garde. 
« Pardonnez-moi Monsieur Delibrecourt, mais je pense qu’il serait bon d’arrêter vos petites affaires le temps que nous soyons certain que cette fouille tout de journaliste ne traîne plus dans nos jambes ». « Je pense que son patron a dû la mettre au pas après notre visite à
son journal ». « Que son patron l’est mise en garde est une chose, mais laissera-telle tomber pour autant, rien n’est moins sûr avec les journalistes. Certains sont de véritables possédés » « Ne vous en faites pas Perchon, si elle continue à me tourner autour, je m’occuperai d’elle personnellement ». 
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Avec Politique : Le pouvoir est ailleurs....
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