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Jean-Jacques Dumonceau

Je suis est né en Europe, j'ai vécu mon adolescence en Afrique et je réside aujourd'hui au Canada. C'est le plaisir de créer et de raconter des histoires qui me pousse depuis toujours à écrire.
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œuvres
0
défis réussis
3
"J'aime" reçus

Œuvres

Jean-Jacques Dumonceau



Prologue



Une petite maison faite de planches de bois peintes en blanc avec un toit rouge, siège en haut d'une butte près de laquelle coule une rivière.  Sur les murs d’une chambre d’enfant sont projetés les images lumineuses et oniriques d’une petite veilleuse posée sur la table de nuit, Une femme est assise sur le bord du lit de sa fille. Elle gratte une allumette. La petite fille aux cheveux blonds bouclés, âgée de 4 ans environ, regarde cette flamme lancinante et hypnotique. La mère présente la flamme à l’enfant et d’une pression des doigts, éteint la flamme vacillante devant les yeux émerveillés de l’enfant qui sourit.

— Encore, dit la petite.
La mère remonte les cheveux de sa fille derrière l'oreille.
— Il faut que je garde un peu de magie ma puce.
Une maman cela raconte des histoires le soir avant de s’endormir. Une maman cela réconforte lorsqu’on est malade. Une maman est toujours là lorsqu’on a besoin d’elle. Une maman c’est magique.

La petite fille, le visage tourné vers la fenêtre, regarde les étoiles.Soudain, une étoile filante traverse le ciel et la petite fille la montre du doigt.
— Une étoile filante ! Voilà quelqu'un qui monte au ciel, dit la mère.
— Pourquoi, Maman ? Interroge la petite fille.
— C'est ce que Grand-mère disait...
La petite fille reste le regard fixé sur le ciel en serrant son "doudou", un petit chien en peluche.
Le père arrive dans l'encadrement de la porte avec, à ses pieds, un chien ressemblant au "doudou" de sa fille.
— Qu'est-ce que vous manigancez toutes les deux ?
— On regarde Grand-mère, répond l’enfant les yeux toujours tournés vers le ciel.
Le père, avec un regard d’incompréhension, s’approche de sa femme qui lui sourit.Il embrasse sa fille sur la tête et attrape la main de sa femme.
A son tour, il scrute le ciel constellé d'étoiles.



1



Quelques mois plus tard dans un appartement miteux.
Le père est assis près d'une table en bois pliante. Des bougies, posées dans de petits récipients, se consument devant lui.
Sur la table, quelques pièces de monnaie sont posées près d'une ordonnance de médecin.
Le père, le visage dans les mains, regarde d'un œil hagard la liste de médicaments.
Il a le visage défiguré par la douleur. Il lève ses yeux rougis vers la chambre pour distinguer au travers de ses larmes qui ne coulent plus, sa femme malade étendue sur son lit.
Il se passe la main sur le visage en soufflant pour se ressaisir et éviter de pleurer.

La petite fille aux cheveux blond bouclées est au chevet de sa mère.
D’une main d’enfant peu assurée mais dirigée par son cœur, elle tamponne le front de sa mère d’une compresse qu’elle trempe de temps en temps dans une bassine d'eau fraîche.
Une photo de la famille aux jours heureux près de la maison blanche au toit rouge trône sur la table de nuit, près d'un livre de contes d'Andersen. Ces jours lointains sont devenus un rêve, un songe que tout le monde semble avoir imaginé.

Par la porte ouverte de la chambre, l’enfant regarde son père assis à la table, le regard dans le vide.

Brusquement, des coups sourds retentissent à la porte.
La petite fille sursaute. Le père reste impassible.
Les coups résonnent.
La petite fille fixe la porte du regard puis son père qui ne bouge toujours pas.
Les coups redoublent.
- OUVREZ ! Ou l'on défonce la porte ! crie une voix d’homme.
La petite fille se dirige vers la porte en serrant son « doudou ».
Elle avance sa main pour ouvrir la porte.
Un dernier coup contre la porte fait sauter la poignée.

L’enfant lâche son "doudou" de surprise, le regard paniquée sur la porte.
Elle ramasse son "doudou" avec ses mains mouillées, laissant une trace au sol et elle court se cacher dans la cuisine.
La porte s'ouvre brutalement.
Trois secouristes entrent dans la pièce.
Le père sort à peine de sa torpeur.
— Où se trouve votre femme ? demande un secouriste.
Le père ne répond pas.
Les doigts de l'urgentiste claquent deux fois devant les yeux du père qui reste imperturbable.
Dans  le claquement de doigts le père voit sa femme souriante.
C’est fini. La connexion avec le monde est rompue. Le père ne reviendra jamais.
— Laisse-le, il est HS... et on l'a trouvée de toute façon, dit un des secouristes.
— Ok, on y va, alors. On l'emmène aussi !
La mère est emmenée sur une civière et le père soutenu sous les bras.
Avant de sortir définitivement de l’appartement, un des médecins remarque quelque chose au sol.
L'empreinte mouillée d'une petite main finit de disparaître doucement. Une vision éphémère qui sème le doute dans son esprit.
L’homme revient un instant au centre de la pièce.
Il scrute l'appartement. Il écoute attentivement.


Silence.


La petite fille, cachée dans la cuisine,  le regarde au travers des gonds de la porte.
Le souffle de la petite fille s'accélère.
Le secouriste fait le tour de l'appartement en regardant dans chaque pièce. Il s'avance vers la cuisine.
La petite fille ne bouge pas. Son souffle s'intensifie.
Le secouriste pousse la porte de la cuisine.
Une petite main disparaît rapidement dans un meuble bas.
Le secouriste regarde la cuisine. Vide.
Il a un instant d'hésitation.
Il regarde derrière la porte de la cuisine. Rien.
Il attrape sa radio
— J’écoute.
— On t’attend. Y’a un problème ?
L’homme a un instant d’hésitation.
Il regarde une nouvelle fois derrière la porte de la cuisine. Toujours rien.
Ses yeux se portent vers ses chaussures, qu’il secoue pour en faire tomber la neige qui fond en faisant des petites flaques.
Il hoche la tête en se dirigeant vers la sortie de l'appartement.
— Non. J'arrive !
Il éteint avec son gant la flamme de la dernière bougie sur la table.

Silence.

Dans le meuble bas de la cuisine, la petite fille aux cheveux blond bouclées est recroquevillée sur elle-même. Elle serre ses jambes contre elle sans bouger.
Des sons étranges et inquiétants résonnent dans ce compartiment.
Soudain, une araignée saute sur elle. Elle hurle en sortant précipitamment de sa cachette.
La petite fille est debout près de sa cachette en gesticulant dans tous les sens pour faire tomber une araignée invisible.
Elle regarde autour d'elle, apeurée. Son souffle est rapide et non contrôlé.
Les phares des voitures créent des ombres étranges et terrifiantes.
Elle recule dans la pièce, là où se trouvait son père. Personne.
Elle court vers la chambre voir sa mère. Personne.
L'appartement est désert. Elle regarde autour d'elle. Elle est seule.

Silence.

Elle serre son "doudou" contre elle.
Une ombre semble glisser le long du mur comme un serpent pour disparaître sous la table.
La petite fille aux cheveux blond bouclées sursaute en regardant autour d'elle.
Rien.
L’enfant sent sa respiration s’arrêter un instant.
Ses yeux cherchent un réconfort.
Elle voit la boite d'allumettes près de la gazinière dans la cuisine.
Des ombres semblent tourner autour de la boite d'allumettes.
Les phares d'une voiture glissent sur les murs en tournant autour de la petite fille et illuminent un instant la cuisine.
Elle court dans la cuisine, profitant de cette brève luminosité dans ce monde de noirceur.
La frêle petite main attrape rapidement la boite d'allumettes. 
Elle ouvre la boite. Il ne reste que deux allumettes.
Elle craque l’allumette.
La flamme vacille.La petite fille regarde la flamme vaciller.
Elle met ses mains devant pour protéger la flamme et allume la petite bougie sur la table éteinte par l’arrivée des secouristes.
La flamme vacille de plus en plus.
Elle regarde autour d'elle et voit la porte d'entrée s'ouvrir avec un courant d'air qui entre dans l'appartement.
Les mains de la petite fille se posent sur une chaise pour la pousser.
Le dossier de la chaise claque contre la porte qui se referme brutalement créant un dernier courant d'air fatale.
La petite fille, fière de sa trouvaille, se tourne vers sa bougie. Sur son visage son sourire s'efface.
La bougie est éteinte.
Elle prend la dernière allumette. Elle la gratte. L'allumette se casse.
La petite fille ouvre de grands yeux de surprise et de panique.
Elle reste un instant à regarder le bout de bois qui lui reste entre les doigts et la boite d'allumettes vide qu'elle tient dans la main.

Puis, elle prend les quelques pièces sur la table et, d'un pas décidé, se dirige vers la porte de sortie.



2



La ville brille de mille lumières sous les flocons de neige qui tombent en planant dans les rues multicolores.

Dans une rue enneigée est stationné un camion avec sur ses flancs le logo TV 12.
A l'intérieur de celui-ci, des écrans diffusent des images de sans-abris dans la neige.
— Mais qu'est-ce qu'on fout là ? ... soupire une jeune femme.
Elle plonge sa main dans un petit sac de cuir noir estampillé Saint-Laurent pour en sortir un étui à cigarettes.
— Ils n'avaient rien d'autre à faire que de vouloir ce genre de sujet pour le nouvel an..., marmonne-t-elle.
— C'est bien de penser à eux, de temps en temps… répond un homme près d’elle.
Elle prend une cigarette. Longue et fine.
— Mouais, ben ! Je pense à moi en ce moment et je préférerais être ailleurs... !
La jeune femme, plutôt jolie, s'appelle Audrey. Elle jette son étui négligemment dans son sac et attrape son mini téléphone portable.
Elle regarde le cadran éteint de son cellulaire avant de le laisser tomber au fond de son sac.
L'homme a 25 - 30 ans et s'appelle Richard. Il gratte une allumette pour  allumer la cigarette avec un sourire.
Audrey le toise du regard et elle expire la fumée de sa cigarette pour éteindre la flamme.
Elle se retourne vers la petite fenêtre de la porte arrière et regarde l'extérieur.
— Et on n'a même pas l'ombre d'un sujet, dit-elle dans un soupir.
— Oh ! On doit pouvoir s'en sortir avec ce que l'on a. Tu broderas autour et ça fera l'affaire, répond Richard.
Audrey se lève et s'approche de la fenêtre. Le regard fixe.
Elle regarde la petite fille aux cheveux blonds bouclées, pauvrement vêtue qui marche doucement sur le trottoir.


Derrière la fillette, un chasse-neige arrive à toute vitesse. La silhouette de l’enfant se découpe sur la neige dans les phares du véhicule.
L’enfant se retourne de justesse pour éviter l’engin à moitié caché dans un nuage de poudreuse causé par les chenilles.
Elle tombe contre un monticule de neige en perdant une de ses chaussures.
La chaussure roule jusqu'aux pieds de trois jeunes garçons qui l’observent.
La petite fille les fixe en se relevant.
L'un des garçons pousse la chaussure du pied dans une bouche d'égout.
La petite fille reste immobile à les regarder. Les cheveux ballottés par le vent glacial.
Les enfants restent là, à s'observer un instant, puis font demi-tour et s'éloignent dans la rue.
Un couple arrive et emmène les trois garçons qui partent sans se retourner.
— Non, je crois que l'on tient autre chose. De beaucoup mieux ! Murmure Audrey pour elle-même. PREND TA CAMÉRA. GROUILLE ! Lance-t-elle à richard.



3


Coincé entre les façades des immeubles, l'ombre de la petite fille s’étend doucement sur la blancheur du sol.
La petite fille marche avec un pied nu. Elle tient son « doudou » à la main.
Elle regarde les lumières des vitrines. Les gens, les familles qui passent près d'elle sans la voir en riant et en s'enlaçant.

Elle s'arrête devant la vitrine d’un traiteur. Le nez contre la vitre, elle mange du regard un plateau sur lequel une oie rôtie est préparée. Un couple enlacé sort du magasin sans faire attention à la petite grelottant de froid. Celle-ci hume le parfum que dégagent les paquets que tient l'homme et les regarde partir.

Lasse, la petite fille s'éloigne de la vitrine si alléchante avec ses plats préparés et sa lumière chaude qui fait comme un îlot d'or sur le trottoir enneigé.

L'œil rivé à sa caméra, Richard la regarde s'éloigner.
Audrey, près de lui, jette sa cigarette dans la neige qu’elle écrase machinalement avec sa botte de fourrure.
Le regard d'Audrey s'arrête sur ses bottes fourrées, puis sur celles de Richard pour terminer sur les pieds nus de la petite fille qui avance dans la neige.


4


Le vent souffle fort en soulevant des tourbillons de flocons de neige.
La petite fille traverse un pont sous lequel une femme est recroquevillée de froid.
Les reflets déformés de Richard et d'Audrey, sur l'eau de la rivière, suivent l’enfant pas à pas.
La silhouette de la petite fille s'insinue entre deux immeubles et se recroqueville dans l'angle d'un immeuble pour se protéger un instant.
Elle regarde la neige tomber.
Elle replie ses jambes vers elle en grelottant.
Une petite boite d'allumettes tombe de sa poche.
Elle la ramasse aussitôt, va pour la remettre dans sa poche mais retient son geste.
Elle regarde la boite en la tapotant de son doigt machinalement d’un air perplexe.

Elle ouvre fébrilement la petite boite en carton.
Elle reste l'œil fixé sur les petits bouts de bois à bouts rouges, son doigt courant sur les allumettes.
Elle en prend une qu'elle fait tourner entre ses petits doigts bleuis par le froid.

Elle remet l’allumette et referme la boite, puis elle lève les yeux au ciel en soupirant.
Son regard se fige sur les stalactites dégoulinant d’une gouttière.

Elle ouvre la boite d'allumettes rapidement et en gratte une.

Une flamme jaillit, illuminant la petite fille qui, les yeux remplis de joie, voit disparaître la neige et la rue pour laisser place...

... à un intérieur de maison en bois avec l'âtre d'une cheminée noyé sous un feu bienveillant.

La petite fille ferme les yeux pour mieux savourer ce moment de bienveillance.
La chaleur entoure la petite fille qui étend ses pieds vers ce foyer imaginaire, mais l'âtre disparaît doucement et...

... la rue froide et enneigée revient.


La petite tient dans son poing fermé, le restant d'une allumette calcinée et encore fumante.
Rapidement, la main tremblante de froid, elle prend une nouvelle allumette.
La flamme vient effacer les murs gris des immeubles pour laisser apparaître...


... une salle à manger où la table est dressée pour trois personnes. Un festin de Noël y est préparé avec, au centre, une oie farcie et rôtie entourée de pommes et de pruneaux.


La petite fille ferme les yeux pour mieux sentir les fumets délicats que l'on voit flotter au-dessus de la table, puis rouvre les yeux.

Elle voit la dinde se dresser sur ses pattes et courir vers elle pour souffler la flamme de l'allumette au premier plan.


Brutalement, la petite fille se réveille giflée par un vent froid.

Le visage couché sur la neige. Elle se redresse.
Ses mains attrapent une nouvelle allumette. Elle la fixe avec dans le regard une dernière lueur d’espoir.

Elle est transie par le froid, elle peut à peine bouger, elle arrive à gratter cette soufrante. Ses yeux fixent la flamme qui danse dans le vent.

Derrière la flamme apparaît un magnifique arbre de Noël, illuminé de mille lumières.


Elle se rapproche de l'arbre qui lui semble immense en abaissant sa main qui tient l'allumette.

Elle la lâche.
L’allumette s'éteint dans sa chute.

Les lumières du sapin de Noël semblent s'animer doucement.
Elles forment une gigantesque corolle lumineuse qui s'enroule autour du sapin et monte vers le ciel.
La petite fille regarde les lumières s'élever.

Une flamme blanche semble danser sur la cime du sapin.

Les yeux de la petite fille scintillent sous la lumière.

La lumière du sommet de l'arbre s'intensifie.

La petite fille regarde cette lumière qui l'envahit.

Une silhouette ouvre ses bras pour envelopper la petite fille.

La petite fille, les larmes aux yeux, a un sourire timide aux lèvres.

— Ma, ... Maman ! ..., murmure-t-elle, la lèvre inférieure tremblotante.

Sa mère se rapproche d'elle, lumineuse et radieuse.
Elle attrape sa fille dans ses bras.
Elles se serrent fort, très fort.
Elles se serrent si fort que la lumière les engloutit.


5


— Merde ! MERDE, MERDE ! crie Richard.

Audrey se précipite sur la petite fille.
Elle met son oreille contre sa bouche.
Les larmes lui montent aux yeux.

— HÉ ! GAMIINE ! ... Me fais pas ça ! Tu m'entends, dis..., Hurle Audrey en lui donnant des gifles.

Audrey pleure, les mains jointent sur l’enfant.

— Putain, qu'est-ce qu'on a fait ! ?... répète Richard sur un ton monocorde.

Audrey se retourne vers lui le visage défiguré par la honte, les yeux rouges de larmes.

— RIEN. Justement ! On n'a RIEN fait !

Elle prend la petite fille dans ses bras tout en sortant son téléphone cellulaire. Elle compose un numéro.

— Putain, qu'est-ce qu'on a fait ! ? ! ? continue de répéter Richard.

Audrey se dandine avec la petite fille dans les bras, le téléphone collé à l’oreille.

Autour, les gens heureux passent sans les voir.

Le "doudou" gisant sur le sol est progressivement recouvert par les flocons de neige qui s’intensifient.

Une étoile filante traverse le ciel.

FIN


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Jean-Jacques Dumonceau
Désolé ! mais cette nouvelle va être publié aussi, je dois retirer cette version selon les dires de l'éditeur.
Merci à ceux qui l'on déjà lu.
Quand aux autres... Vous devrez attendre le mois d'octobre pour la trouver dans les bacs.
Merci à tous !
A bientôt.
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