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Artiscript

Lecteur anonyme sur d'autres plateformes - D... et W... - pour ne pas les nommer - je quitte l'obscurité et vient vous rejoindre en lumière.

J'aime une forme de retenue, l'humour et le Verbe.

Tous les genres littéraires m'interpellent. J'avoue toutefois que l'Horreur et Science-fiction n'ont pas vraiment la cote...

A vos plumes, je chausse mes lunettes (en cause la brillance de vos écrits et la nécessité que l'âge impose) !

A vous rencontrer,

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œuvres
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"J'aime" reçus

Œuvres

Artiscript
Bruno, consultant en "sécurité", se voit confier une dernière mission. Celle-ci se révèle surprenante. Mais les surprises ne furent pas que pour lui...
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Défi
Artiscript


Ce matin, on est venu me chercher pour que je puisse prononcer l’éloge funèbre de Pierre qui nous a quittés dans les circonstances que vous savez. On a bien insisté pour que je ne précise pas lesquelles ; aussi évitez de poser des questions.
J’ai refusé cet éloge funèbre car éloge est grandiloquent et funèbre quelque peu tristounet.
Mais on a lourdement précisé que ceux qui auraient su ne voulaient pas et ceux qui auraient souhaité ne savaient pas. Bref, il ne restait que votre serviteur car on...était bien nombreux.
C’est un véritable défi pour moi. Une première pour l’écriture, une première pour me trouver ainsi devant vous face à vos critiques et commentaires et une première de me trouver devant un Pierre silencieux.
C’était trop pour moi aussi ai-je refusé. Mais je me suis souvenu du carnet qu’il avait oublié chez moi et c’était une bonne idée. Car j’y ai trouvé quelques notes et une enveloppe intitulée «Mon testament : essai d’un misanthrope», Je vais l’ouvrir devant vous.
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Bien cher.e Tou.te.s,
Je me doute si vous entendez ces mots c’est que je suis parti, enfin débarrassé de vos petitesses. La preuve en est que vous avez contacté ce baveux de Balthazar pour mon oraison funèbre. Je suis certain que personne d’autre que lui n’oserait s’y coller.
Que dire… Je suis venu et suis reparti. Fin de l’histoire. J’étais discret (beaucoup) et silencieux (énormément) pour vous. Pour mon épouse, j’ai été présent (omniprésent) et imbuvable (saoulant). Comme quoi, nous avons tous des perceptions différentes de la même réalité.
À tous mes amis, je ne lègue rien puisque d’amis, je n’en ai pas. «Ce sont amis que vent emporte et il ventait devant ma porte… Les emporta» (je vous laisse chercher l’auteur…)
À mes ennemis – en raccourci : tout le monde – je conseillerais de consulter chamanes et autres pourvoyeurs d’aulx et remèdes pour vous prémunir des sorts et autres maléfices qui risquent de s’abattre sur vos têtes.
À ma femme Charlotte qui s’est si bien occupée de vous - elle s’est donnée à sa tâche vous en conviendrez tous – je lègue tout et rien. Rien car tout lui appartient. Elle a acheté tous les biens que je possédais.
Toutefois, ta sœur m’ayant dit que le grain et la couleur caramel clair de sa peau étant comparables au crépi de la façade de notre villa du lac, je ne pouvais que lui vendre. Et c’était vrai ! J’ai vérifié sur toutes les surfaces ; de la maison et de ta sœur.
Quant à la cabane au Canada, je l’ai vendue à Lia pour ses dix-huit ans. C’était la soirée où tu avais mal à la tête et où tu étais partie te reposer. Je lui ai fait un prix.
J’ai pratiqué comme avec toi : paiements en nature et en plusieurs mensualités. Comme cela te convenait, je me suis dit que pour elles cela devraient être bon. C’était même très bon !
De toutes façons, cela reste dans la famille, Lia étant ta nièce, fille de ton frère avec qui tu partages tant de choses : la numismatique, la philatélie et autres langues mortes. C’est sans doute pour cela que Lia poursuit des études en langues vivantes.
Sur ce, je vous salue et vous dis : à très bientôt !!!
L'Ami Pierre
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Bon, je pense que tout a été dit…
Mais je voudrais encore prendre le temps d’une anecdote. Lorsque nous étions enfants, je prenais coups de règle et pages à noircir, à la place de Pierre, pour les «bons mots» qu’il savait lancer. «Souffre-douleur un jour, souffre-douleur toujours» me disait-il ! Et j’en riais...jaune.
Alors, je dois préciser à son épouse que j’ai réservé une table pour deux ce soir, et que j’ai posé congé toute la semaine prochaine. C’était la volonté de Pierre et on ne peut pas aller contre la volonté d’un mort ; vous en conviendrez bien tous.
Souffre-douleur toujours mais cette fois, je – pardon – nous, allons bien rire !
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Défi
Artiscript

Lettre à une personne disparue qui a marqué ma vie.

Frère,
Les années ont passé.
Voilà déjà longtemps que vous nous avez quittés pour rejoindre Saint Pierre et vous asseoir à sa Droite. De cela, je n’ai jamais douté. Cette place est la vôtre.
Nous nous sommes rencontrés un dimanche soir vers 18h dans les derniers jours d’août.
Cette année-là, Paris venait de se soulever et de découvrir « Sous les pavés, la plage ».
Moi, j’étais là pour autre chose que des vacances…
Je venais d’intégrer l’internat du Collège et l’on m’avait mené à votre bureau. Mes parents étaient déjà repartis me laissant seul devant cette porte où je pouvais lire « Bureau du Préfet de Discipline ».
J’étais en nage, le cœur affolé. Une voix sèche me pria d’entrer ; cette voix qui m’accompagnera durant de si nombreuses années… Notre première rencontre.
L’atmosphère de votre bureau – qui ne changera jamais – était glaciale. Ma sudation se changea en suée froide et finit par me faire grelotter. Je m'en souviens.
Sur votre table de travail, une plaque de cuivre où je pouvais lire « Fr. MARTIAL » et dans un sens d’équilibre un livre que j’ai supposé être votre Bible puisqu'une croix y reposait dessus. Et enfin vos mains, parcheminées, aux longs doigts fins qui reposaient à plat. Une posture…
Votre regard m’a accroché, enveloppé, capturé. Je me suis senti évalué, mesuré, soupesé… Aucune parole n’a été échangée et jamais plus je ne ressentirai le poids d’un silence si dense.
Vous m’avez laissé trembler devant votre bureau… Et ce n’est qu’après un temps certain, que vous m’avez dit – comme à chaque fin de nos rencontres - « Va en paix ». Je ne pense pas vous avoir répondu, tellement pressé de sortir…
Je venais de croiser la Veuve Noire. C’était ainsi que le millier d’enfants que nous étions vous surnommaient en rappel de votre longue soutane noire et de votre rencontre si fatale. Et vous le saviez mais jamais vous n'avez abusé de votre pouvoir. Vos sanctions étaient redoutées, sévères mais pourtant toujours justes.
Cette première semaine fut horrible pour moi. Lever à 06h, la messe, les corvées (appelées tâches communautaires), les études et le coucher à 22h. Mais de cela vous vous en doutiez.
Il était interdit de se trouver dans les blocs dortoirs durant la journée. Vous m’y avez trouvé, les premiers jours, réfugié sur un radiateur dans la cage d’escalier. Je croyais ainsi pouvoir m’isoler, à l’affût du moindre bruit.
Vous m’y avez surpris. Comment avez-vous fait ? Votre regard m’a épinglé au mur et vos seules paroles résonnent encore en moi : « Ce n’est pas bien !». Je me suis senti envahi d’une telle honte d’avoir déçu… Indescriptible. Votre charisme était ainsi.
Encore une anecdote. La dernière nuit de l’année scolaire était "la nuit de tous les débordements". Vous la tolériez. Mais une année, ce fut trop. Literies, chaises et autres livres ont été jetés par les fenêtres des dortoirs pour se retrouver dans la cour de récréation ; un carnage de matériel.
L’année suivante, vous êtes resté debout dans la cour - devant le bloc ; toute la nuit. Et rien n’a été jeté alors que dans les couloirs le silence s’était installé, inquiet de nos réactions ou de nos non-réactions. Je – mais je n’étais pas le seul – me suis levé plusieurs fois pour vous observer. Vous n’avez pas bougé de toute la nuit et ce n’est qu’à l’appel de la cloche de la chapelle que vous nous avez rejoints. Impressionnant.
Bien des années plus tard, ayant quitté votre établissement pour continuer d’autres études, il m’a pris l’envie, le besoin, de reprendre contact avec vous. Vous aviez pris votre retraite et étiez rentré dans un couvent. Nous avons échangé un courrier où vous me citiez une autre anecdote de nos rencontres. Votre réponse, je l’ai toujours. Malgré les aléas et autres tourments de la Vie, je l’ai gardée ; un peu comme un ancrage.
À cette époque, se trouver à l’aube de l’adolescence dans ce type de pensionnat catholique n’était pas vraiment une partie de plaisir. Mes passages dans des écoles militaires, par après, m’ont presque parues comme des camps de vacances. Et pourtant, nos rencontres ont marqué mon chemin de vie.
Merci .
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

Par irrépressible envie

Listes

Avec Correspondances, Dangereuses tentations, Passage initiatique, Les nuits dérobées, À la découverte de soi, Œuvre d’art – La muse, PRS Les porteurs de la marque, Le Gamin du Monastère [TERMINE], La rencontre (TERMINÉE), Fiammetta...
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