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Adrien_Ryem

Toulouse.
Je veux participer à rendre LE MONDE MEILLEUR POUR LE PLUS DE GENS POSSIBLE.

Entre SCHIZOPHRENIE et AUTISME, j'ai des problèmes psychotiques et sensoriels mais la capacité de compenser intellectuellement avec un peu, non beaucoup d'aide (médicaments + hôpital) la plupart du temps.

La CONTRAINTE, ça favorise la CREATIVITE et j'aime écrire quand je suis en état de le faire. Ca donne des textes plus ou moins bien construits selon mes capacités du moment.

MERCI POUR VOTRE SOUTIEN ET VOTRE AIDE.

Je sais que Scribay n'est pas conçu à l'origine pour ça, j'essaie juste de communiquer du positif comme je peux. (Communiquer peut être très difficile.)

A l'écrit c'est un peu moins dur parce que je peux corriger ce que j'ai écrit plus ou moins dans un langage compréhensible pour les autres gens avant de cliquer sur le bouton "publier". A l'oral je n'ai pas cet avantage, ça sort comme c'est pensé et "comme c'est pensé" c'est pas toujours compréhensible pour tout le monde avec ma maladie.

C'est pas grave, vaut mieux parler bizarre que pas pouvoir parler du tout. Je préfère à l'écrit comme ça j'ai bien le temps de corriger comment je m'exprime avant de cliquer sur "publier". Les gens me comprennent mieux. Mais je ne vais pas corriger tout dans tous mes textes, soit c'est fait exprès pour montrer ce que la maladie fait, soit totalement involontairement (ça arrivera) parce que justement la maladie m'empêche parfois de corriger.

Le handicap psychique c'est étrange pour les gens pas malades et c'est encore plus étrange parce qu'il y a des périodes où les gens malades peuvent faire certaines choses et la minute d'après plus du tout ; c'est un handicap "fluctuant" comme disent les médecins psychiatres.
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œuvres
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Œuvres

Adrien_Ryem
Des textes rédigés indépendamment de toute religion mais dans le respect de toutes les croyances, proposant à l'ensemble des habitants du monde un socle de valeurs spirituelles et morales communes. Chacune de ces valeurs est illustrée par un poème en forme de prière, appels à l'union pour un avenir souhaité meilleur. (Droits d'auteur pour l'image de couverture : Hugo Lacasse, http://fr.123rf.com)
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Défi
Adrien_Ryem

Dans le dernier tiers de la toile, lourd et imposant, la Mort a déposé mon crâne. Ce n'est pas que je crâne mais cet ossement est d'importance : c'est devenu le paraphe - on pourrait même dire l'épitaphe - d'un des plus célèbres peintres du genre.
Pieter Claesz, dans ses vanités, a eu la magnitude de me faire passer à la postérité. Je ne sais si je lui en suis reconnaissant car toutes ces prunelles rassemblées au Musée me paraissent indécentes. Leur exposer mon squelette, complet ou incomplet, c'est pour ainsi dire me mettre à nu, renoncer à toute emprise sur Celui qui séjourne aux nues. J'éprouve le poids de la fatalité, qui pèse sur mon os occipital ainsi que dans mes yeux qui baillent.
Sans doute, mon maître a-t-il jugé opportun de convoquer sa muse par mon assassinat. Tout de même, tuer pour l'inspiration, c'est quelque chose que l'on devrait remettre en question. Mais non, les visiteurs se pressent ; leur nombre augmente sans cesse. Heureusement, peu sont de vrais connaisseurs, et les simples amateurs se détournent bien vite de moi. Je suppose que je leur donne froid. Ceux qui me passent à la loupe, aux rayons qui découvrent les brouillons dissimulés derrière les œuvres, je ne les aime pas ; et je hais aussi les pinceaux souples des restaurateurs.
Croyez-vous que j'aie faim ? Disposée en un seul brin près de ce qui reste de ma mâchoire supérieure, la fleur me tient lieu de festin. Elle est importante, elle aussi. Référence à la vie qui se fane. J'aimerais tellement humer son odeur. Parfum de la beauté d'une autre fin. Je vous invite à profiter de votre vie avant que Dieu ne la cueille. Pour moi c'est trop tard, bien qu'il me reste tous les pétales. Je prenais grand soin des trésors de mon herbier. Natures mortes déjà, si l'on veut poétiser.
La lettre cachetée, je n'ai eu le temps d'en déchiffrer que la signature. Ma mie secrète dut en être tourmentée d'un âpre refroidissement. Finalement, je crois que j'ai quelque élan de gratitude bien pesé pour le Néerlandais : il aurait pu, dans la flamme de la bougie, précipiter la missive. Ainsi je n'aurais rien su et la joie douloureuse et relative de contempler de mes orbites vides le nom de mon aimée, pris dans les pigments de l'éternité, m'aurait été épargnée.
Au pied de la flamme endormie, l'objet ovale au clapet ouvert me demeure un mystère dont je vous questionne, vous, passants pleins d'en-vie. Je brûle de découvrir tout ce qu'il m'a laissé, mon maître du siècle d'or. Si seulement il en avait tué d'autres, je me sentirais moins prisonnier de mon immortalité...
(Je réédite ce texte inspiré par les Vanités ou Natures Mortes aux Crânes de Pieter Claesz et un défi littéraire lancé par C.A.R.L. sur Scribay.)
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Adrien_Ryem


"On me dit schizophrène ;
Moi je freine cette idée,
Car si j'aime flâner sous les frênes,
Je ne suis pourtant pas fêlé."
Mon âme d'éternel enfant relit ces quatre vers que ma main a jetés sur le papier. Oui, c'est bien le mot juste, je les ai "jetés", comme on se débarrasse d'un nouveau-né un cheveu trop encombrant. Cela fait deux nuits qu'ils tournent et virevoltent dans mon esprit, refusant de me laisser en paix. Bourdonnant comme un essaim d'abeilles prêtes à piquer de leurs dards envenimés. Et deux nuits blanches, pour un psychotique, c'est le début d'un grand feu d'artifice. Je sens déjà que mon comportement m'échappe : depuis combien de temps suis-je penché sur ce que j'ai écrit, relisant, m'enlisant en me balançant d'avant en arrière et d'arrière en avant ? Une heure, deux heures ? Peut-être même davantage. L'avantage et l'inconvénient de la sidération obsessionnelle, c'est qu'elle efface les aiguilles de mon petit réveil. Lorsqu'elles ne sont pas gommées comme à présent, elles me torturent par leur lenteur. Celle des secondes, surtout. Son trot régulier me passe sur le corps comme mille sabots de cavaliers. Car en hôpital psychiatrique, l'ennui est roi, et ce monarque autoproclamé a tôt fait de vous guillotiner.
C'est pour échapper au couperet du désœuvrement que j'ai demandé le carnet. J'y écris, non pas tout ce qui me passe par la tête parce que c'est impossible - cela va trop vite et puis c'est trop extravagant - mais j'y couche au moins tout ce qui me semble important. De temps à autre, j'en lis des extraits choisis à ma psychiatre. Elle aussi court après le temps, si bien qu'elle semble en oublier la singularité de ses patients. La mesure est la même pour tous : cinq minutes de causerie chaque matin hormis le dimanche, les jours fériés et ceux de congés ; pas une de plus mais parfois encore moins, facturées le prix fort de la consultation spécialisée. La note est salée et on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon. C'est qu'ils ont, pour renforcer notre prison, tout un jargon compliqué. Schizophrénie, bipolarité, borderline et anorexie-boulimie, autant de diagnostics disposés en quartiers sur la grande roue que l'infortune fait tourner. "Et le grand gagnant est..."
Franchement, j'en ai assez de voir tous ces pauvres gens. Moi, moins je vois de malades, mieux je me porte. Pourtant, ensemble, on se comprend mieux que dans la société normalisée. "Surefficience elliptique" m'a encore dit ce matin mon ami, Ludo. Comme moi, il est psychotique. Je suppose que vous, vous ne le comprenez pas. C'est pourtant un grand trait de génie qu'il a décoché là. "Surefficience elliptique", mais bien sûr ! Comment n'y ai-je pas pensé avant ? Il faut que je le grave en dur dans mon carnet, même si je suis sûr de ne pas oublier ces mots de si tôt. Ils ont tellement plus de sens que ce que les spécialistes à l'esprit aseptique nous ont diagnostiqué.
"Schizophrénie", en grec antique, cela veut dire "esprit fendu". Dans la tête des gens ignorants mais sains, cette maladie recouvre le phénoménal phénomène des personnalités multiples. Ce que cela peut m'agacer : je ne suis pas douze bêtes de foire ! Tandis que "surefficience elliptique"... Voilà qui explique bien mieux mon état : je suis trop efficient dans un domaine intellectuel, ce vieux processus nommé Imagination ; de là naissent délires et hallucinations, et cela tourne en boucle, tout le temps, tous les jours et même jusque dans mes rêves saccadés la nuit. Pardon Ludo, pas en boucle mais en ellipse. Notre intelligence voilée ne saurait confondre ces deux géométries. Est-ce que ma confusion veut dire que, une fois de plus, je suis en train de dévier ? Je me sens comme cet ours polaire que la télé m'a montré, piégé par le réchauffement climatique qui accélère la fonte des glaces, dérivant sur son îlot de trois pas au carré, dérivant vers l'éternité.
J'ai peur. Peur du temps, peur des gens, peur des choses, peur de moi-même surtout. Ne pas contrôler son cerveau, c'est comme s'embarquer sur un vol bon marché sans connaître la compagnie ni la destination. L'avion peut à tout instant se poser en région inhospitalière ou, pire encore, exploser dans les airs. "Nous traversons une zone de perturbation, veuillez accrocher vos ceintures." "SOS, Mayday, Mayday !" Et voilà, ça recommence ! Ne pas écouter les voix qui me poussent vers l'ours qui gronde. Mais ne pas écouter, c'est difficile lorsqu'on ne peut même pas se boucher les oreilles. Le son ne vient pas de mon tympan mais, plus vicieux encore, directement de l'émetteur-décodeur. Même si je me mutilais les oreilles, cela reviendrait du pareil au même. "L'ours a volé le miel des abeilles, l'essaim le poursuivra lui et tous ses frères." "Elles vont geler sur place." "Comme tes pensées, de la gelée royale." "Le roi a ordonné une nouvelle exécution." Je vois le sang, l’écartèlement, la pendaison. "Oh non, oh non, oh non, pas cette vision !"
Le cadavre de l'ours gît dans le coin de ma chambre. On dirait un grand tas de viande juste sorti du congélateur. "Congeler les vers du nouveau-né." L'impression de froid qui me pénètre m'épargne aussi, bonheur, le supplice de la puanteur. Mais la carcasse va quand même se dégrader, lentement mais sûrement, et je serai obligé de regarder. Un hoquet me soulève le cœur, je vais vomir. Me vider jusqu'à en mourir. Vite, j'appuie sur l'interrupteur d'urgence. Comme personne ne vient, ni le docteur House ni Doug Ross, je me rue sur la porte. Fermée à clef. Oh, les plombs ont donc bien sauté ! "Tu vas te noyer dans tes rejets émétiques, comme l'ours s'est noyé après une infinité de nage frénétique." "Il l'a bien cherché, le salaud !" "Allez, rincez-moi ça à grands seaux d'eau !" "Je suis le fils de Sodome." Mais c'est qu'en plus, ils se paient ma pomme ! Incapable de tarir le flot de mes pensées, je tambourine sur la porte à serrure.
Un quart d'heure passe, ce qui me semble une éternité - je n'ai plus mon réveil pour le vérifier. Dans ma gorge, le serpent se tortille. J'ai tout un zoo sous mes méninges qui vrillent. Des pas dans le couloir, non pas erratiques mais décidés, des pas d'infirmier. - C'est vous qui avez sonné ? Evidemment abruti, je suis seul ici avec la carcasse dégelée - et mes voix éthérées. En fait de "oui", je m'écrie : "Je vais mourir !" Le verbe vomir est depuis longtemps passé à la trappe, dans la volée des plumes de l'oiseau que le ch'attrape. Je sens son petit cœur pressé palpiter dans ma bouche. Le mien a explosé, ne m'a laissé qu'un trou béant que mes propres vers explorent. - Doucement, vous vous paniquez tout seul. Et comment donc ! Le cadavre n'est plus ours. Son visage, son visage... Mon visage... Ma mort.
Comme je ruais dans les brancards, l'infirmier a appelé des renforts. J'en ai maintenant quatre sur le dos, quatre comme ces vers qui grouillent partout sous ma peau. Il paraît que je suis blessé. A m'être obstiné à cogner comme un cinglé, j'ai les jointures du poing tout éraflées. Cela ne me fait pas mal ; seul, je ne l'aurais pas remarqué. Cette douleur est trop infime face à l'abîme où mon esprit s'est fracassé. Le corps mort, le corps mort... Mon corps. "C'est ça, rince-toi l’œil !" "Jetez le linceul !" "Les abeilles ont gagné." "La Reine pondra ses œufs dans ta chair." "Vive le Roi, le Roi a perdu la tête !" Je sens à peine le dard me percer la fesse, et je devine bien plus que je ne la vois l'ampoule d'Haldol. Rapidement, ma fureur ramollit. Je regarde à travers le trou de ma poitrine, vision floue qui lentement décline.
Réveillé dans la lueur blanche d'un autre après-midi. La carcasse a été emportée mais pas entière : reste une main, ma main qui se met à ramper vers le lit où je ne vais cesser de me contorsionner, en butte aux contentions dont on a jugé bon de me plomber. "Du plomb dans la cervelle." "Va chercher la carabine." Vouloir tirer sur des œufs d'abeilles, c'est le propre de ceux que la réalité a rejetés.
Lorsque les larves éclosent, mon propre cri implose.
Personne pour m'entendre gueuler.
"Mais si ! Moi, l'ours, je vais t'écou(r)ter !"
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

J'écris pour communiquer et essayer de rendre le monde meilleur pour le plus de gens possible, communiquer c'est compliqué quand la maladie est forte mais l'union fait la force alors si les gens et moi on s'entraide c'est possible d'améliorer le monde. Je veux que ma vie serve à ça aussi.

Listes

Avec Le Vaisseau de Fer, Malou dit vrai, Désintégrée...
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