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Orcrane

Bruxelles.
Défi
Orcrane

Je suis une enfant de la nature. J’ai grandi au son du chant des oiseaux et des cours d’eau. La douceur d‘un monde qui change au gré des saisons et du temps. Mais cette enfant insatisfaite de sa vie, se voyait vivre ailleurs, là où la vie se passe, où les gens font et accomplissent. Une vie de citadine, jeune, brillante et active. Regardant par delà l’horizon, où le soleil s’évanouit et où la Terre continue hors de ma vue. Je voulais être loin, là-bas. Il nous faut toujours faire attention aux voeux que l’on formule, car ils pourraient bien se réaliser.
Aujourd’hui, je suis dans cet autre monde, celui qui vit par delà l’horizon. Ici, où la pluie quotidienne déteint un monde triste et ne fait plus chanter les sous bois pleins de vie. Active dans cette fourmilière dépossédée, aux gestes mécaniques, à l’oeil morne. Je me suis fondue dans la masse d’un tout informe et tendu au gré des notifications. La beauté du monde me semble loin quand, un type louche m’attrape le corps d’un regard viscéral. Quand madame s’assied à mes côtés d’un corps lourd et « tant pis si je te bouscule... Après tout, faut bien que le monde profite de ma mauvaise humeur, de ma mauvaise vie ». De ces gens qui prennent l’air dans le bois d’à côté... air souillé par tant d’humains irrespectueux, qui sortent on ne sait où, bruyants, turbulents, fatiguants. Ils m’usent.
L’odeur de pisse de bière me vient aux narines alors que je n’ai pas encore pris mon petit déj. Les gens me doublent, bousculant au passage ma rêverie, la même que celle que j’avais étant enfant. Celle d’être ailleurs. La ville bourdonne sous mes fenêtres, au soleil qui brille dehors, alors que je suis enfermée dans cette vie voulue, de citadine aux grands airs. Le bureau aussi bourdonne, de sonnerie de téléphones, d‘impressions à la chaîne, de bavardages, de rires et de gens mécontents. Et la vie passe. Les jours, les semaines et me voilà, perdue avec des sentiments nouveaux. J’ai tout ce que j’ai toujours voulue. J’ai sacrifié ma solitude par amour. Dans cette ville où l’on ne peut jamais être seule, en paix, du matin au soir qui se fait attendre. Un courant d’êtres constant. Sans répit je subis les autres. Ceux que j’ai finalement appris à mépriser. Et lentement, je deviens morne à mon tour. Je souffre d’une peste moderne, qui s’attrape au fil de longues journées d’exaspération.
Je voudrais retrouver cette part de moi, sauvage et indomptable. Ma solitude sous les feuilles vertes des arbres du mois de mai. Où nul bruit de moteur, de sonnerie de téléphone, de gens qui crient, ne vient à mes oreilles. Seulement moi et la nature, le silence et sa paix. L’instinct calme qui me ressource, m’habite. Où est cet endroit, où je pourrais me retrouver avec moi-même? Cela fait longtemps que je ne me suis pas parlé à coeur ouvert, avec franchise et tendresse. Il ne me suffit pas d’ouvrir Google maps pour le trouver. Alors souvent, je ferme les yeux. Je m’arrête là où je suis et laisse le monde tourner aussi vite qu’il voudra.. il n’a qu’à tourner sans moi. Je suis trop occupée à retrouver l’odeur du bois mouillé et du pétrichor, en plein milieu d’un trottoir urbain. Malheureusement, ce n’est qu’un souvenir. Une mauvaise imitation de ma liberté d’être seule, sans yeux posés sur la longueur de ma robe, sans personne pour troubler mon corps d’une proximité étouffante. Je voudrais être loin, ailleurs, seule et libre. La solitude de ma liberté.
Je suis cette adulte insatisfaite de sa vie, se voyait vivre ailleurs, là où la vraie vie se passe, où les gens n’existent pas.
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Orcrane

Aussi loin que je me souvienne, j'étais une chouette gamine. Malgrès les difficultés que j'avais déjà rencontrées à mon jeune âge, j'avais su garder une certaine naïveté et une légèreté de vivre. J'étais solitaire, rêveuse et j'aimais ça. J'avais construit un petit monde rien qu'à moi. Loin de la violence de ma famille, mais aussi de celle de l'école. Comme beaucoup, j'ai subit le harcèlement scolaire. Je n'étais pas cool et je voulais encore moins l'être.
Ma mère avait réussi à me sortir de ce collège, où même l'équipe pédagogique était monstrueuse. Une année dans une petite classe spéciale, où mes résultats étaient excellents et où je me sentais de mieux en mieux. Jusqu'au jour où, un ancien camarade de classe reprit contact avec moi. Je n'avais pas vraiment d'ami et cet intérêt soudain m’étais assez agréable. Lui et moi avions fini par nous mettre ensemble. Il etait sympa, attentionné et me faisait rire...
Moi, je voulais être musicienne. Depuis toujours je chantais, je dansais, c'étaient les choses les plus importantes. Je dessinais et je savais que j'avais un imaginaire sans limites. Cette adolescence difficile était adoucie par mes rêves de scène, de voyages et d'accomplissements. Alors pour moi, une relation amoureuse faisait mine d'ovni dans ma vie. Le seul modèle de couple que j’eus dans ma vie, s’était mes parents. Emprise psychologique, maltraitance, violence, il n'y avait pas de quoi bien grandir. Alors non. Je n'ai pas vu le danger arriver. Je ne me rendais pas compte que ce garçon avait la main mise sur moi. Qu'il venait chez moi de plus en plus tôt et repartait de plus en plus tard. Qu'il voulait qu'on reste enfermés dans ma chambre, les volets fermés. Qu'il reste sur mon lit, à me regarder dessiner. Je pensais que c'était... "normal". Il devenait oppressant, un peu comme l'air avant un orage d'été.
Je n'étais pas sexuellement active et entre nous, c'était le cadet de mes soucis. Ma maman m'avait bien éduqué sur le sujet "Attend d'être prête, attend la bonne personne..." mais c’était exactement ce que je voulais faire. Même si moi et ce garçon, à l'époque, nous jouions plus ou moins intimement, je ne voulais pas le faire avec lui. C'était juste fun mais sans plus. Mais un jour comme un autre, il ne m'a pas demandé mon avis. Je me souviens lui avoir dit "non". Mais il était 3x plus carré que moi et ses mains serraient mes poignets fermement. Je me suis débattue comme j'ai pu, me tordant pour qu'il ne puisse pas m'atteindre. En vain. Je me souviens encore de la douleur, du dégoût. Puis il est parti. Et il n'est jamais revenu.
Durant un an, j'ai gardé ce secret pour moi. Par honte, par peur mais surtout par déni. Je n'ai plus jamais réussi à chanter devant quelqu'un, ni même à m'exprimer sans avoir honte, sans avoir peur. Je me suis renfermée un peu plus chaque jour. Je m'habillais en noir, parce que "je voulais ne pas être remarquée..." Ce fut l'effet inverse, forcément. Les réflexions incessantes de ma famille "et pourquoi tu ne souris jamais? Pourquoi tu t'habilles en noir, c'est pas beau pour une fille" eh blah et blah... Je n’ai jamais su leur dire.
J'étais en école de mode à l'époque et en plus de mon mal-être, j'étais en train de revivre le harcèlement scolaire. Jusqu'au jour où ma classe devait défiler devant les gens de ma petite ville. Gens de petit village, que je ne pouvais pas voir en peinture et c'était réciproque. Le jour même, je ne me suis pas rendue aux répétitions. Je n'y arrivais pas. Tout le monde s'en est pris à moi, ma mère, mes profs, mes camarades de classe. Ma mère était venue me délogée de ma chambre en hurlant, me demandant pourquoi je ne voulais pas y aller. Ma réaction fut assez simple. J'ai remonté les manches de mon pull, qui cachait de vilaines cicatrices. Le regard effaré de ma mère, je ne me souviens pas de ce que je lui ai dit exactement, juste d'un mot. Viol. Après un presque un an, j'avais réussi à mettre un mot sur mon mal-être. Et la réaction de ma mère... Je l'ai vue s'effondrer littéralement, devant moi. Sa façon de hurler et de lutter face à ce qui se passait, jamais j'oublierais. J'arrive encore à entendre son cri, sa voix qui se brise dans sa gorge...
Elle m'a pris dans ses bras, puis appela mon grand-père. Il était allé voir le directeur de mon école pour lui parler. Quand mon père rentra du boulot ce soir là, ma mère et lui eurent une discussion mouvementée. Je n'oublierais jamais les mots qui sortirent de la bouche nauséabonde de mon père: " Elle n'a pas trouvé autre chose pour se rendre intéressante?!" Cette phrase est à l'origine de ma non-plainte. Si mon père ne me croyait pas, qui pourrait? J'en ai toujours voulu à mon père. Parce qu'il ne m'a pas protégé, parce qu'il n'a jamais été là. Il y a encore peu il m'a dit: "Si ça t'es arrivé, c'est que tu l'avais bien cherché..." So cliché.
L’année dernière, je suis rentrée chez moi en France. J'étais devant la tv, je regardais l'eurovision. Le programme venait juste de finir quand j'ai reçus une notif Facebook. Il venait de me demander en ami. J'ai passé plus de 10 mins, à regarder mon écran, devant ce visage qui me donnait la nausée. J'ai eu un réflexe de petite fille. J'ai couru dans la chambre de ma mère et je me suis mise à coté d'elle, en attendant que je me calme et que les pleurs s'arrêtent. Peu de temps après, alors que j'étais en voiture sur le parking du carrefour, mon fiancé à mes côtés, il est passé devant moi... J'ai eu une crise d'angoisse, crispée, je ne pouvais plus de bouger. J'ai dû, tant bien que mal, conduire jusqu'au parking de la gare un peu plus loin, pour me calmer. Ce type me répugne. Son visage, ses mains, ses fringues, je m’en souvient comme d’un instantané avec lequel je suis obligé de vivre au quotidien. Je me cherche. M ’envois des mails, des invitations sur LinedIn, sur IG... Je vis avec l’angoisse que, malgrés mon éloignement, il se retrouve devant moi.
Et aujourd’hui je me rencontre que ce type, il ne sait pas ce qu'il a fait. Il ne ce doute pas une seconde que ce qu'il à fait, s'apelle un viol. C’était un sale gamin d’un famille brisée, sans repères etc...
Après toutes ces années, je ne me suis toujours pas reconstruite, ou alors, de travers. Personne ne sait ce que c’est qu‘est de vivre une agression tant qu’on ne l’a pas vécu sois même. Et toutes ces choses qui en découlent. Je ne suis pas mon viol, ni les autres abus que j'ai subis par la suite, mais je vis avec et c’est une sentence à vie. Je suis condamnée a vie. Et toujours à cause d'un compagnon. Relations sexuelles non voulues, nymphomanie, la drogue, l'alcool, le stress post traumatique, les angoisses au quotidien... Mon propore esprit n’a plus de sens parfois. Et... Non ça ne c'est pas passé dans une sombre ruelle, non je n'étais pas habillée "sexy", (à cet age, je dormais encore avec un doudou, alors le "sexy", hmm, voilà...) Là est le vice. C'est la personne en qui j'avais confiance, dans ma chambre, dans mon lit. C’est trop souvent le cas: un conjoint, un père, un oncle, voisin, collégue...
On a tous une histoires et nous, victimes de violences, avont une vérité en nous. Aujourd’hui, petit à petit, c’est vérité tend à exploser à la gueule des gens et de la société, qui n’est pas prète pour ça. Pourtant, va bien falloir que les choses changent. On ne peux plus victimiser les agresseurs et condamner les plaingnants. Beaucoup blâment les victimes sans jamais avoir prit le temps de discuter avec. et ceux sont les mêmes qui parlent de « justice »...
Il est dur de ses reconstruire dans un monde qui te rapelle constament qui tu es, ce qu’il s’est passé et qui juge (te juge, sans le savoir), haut et fort. La main des agresseurs sur nos bouches est une vérité qui va au délà de l’agression, parce qu’on vit dans le silence qu’on nous impose. Quotidienement j’encaisse le graveleux, sans mots. Sentir les larmes monter mais ne rien dire, pour ne pas être jugée, encore, ou pire... Voir les gens continué à tenir leurs propos dégueulasses.
Aujourd'hui, j'en parle non pas pour cultiver la pitié, j'en ai que rien à foutre. Non, j'en parle pour témoigner, que ça arrive plus qu'on ne le croit. Pour aider d’autres, peut-être à parler aussi. Malheureusement oui, tout le monde connaît une victime de viol, d'agressions sexuelles, physiques, psychologiques, de maltraitances, ou de négligences. Ne pas parler, accuser les victimes, ne pas intervenir, faire comme si de rien n'était, vous rend dans un sens, complice. Si vous savez quelque chose, si vous pouvez faire quelque chose, faites! Mais surtout, réfléchissez avant de blâmer qui que ce soit et arrêtez d'êtres cons. Merci.
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Défi
Orcrane

J’ouvre péniblement les yeux, comme tous les matins. La pluie m’a réveillée. Le bruit incessant de l’eau sur mes volets me sorti d’un rêve sans intérêt. La faim fini par me sortir de mon mutisme matinal. Je marche péniblement vers la cuisine, téléphone à la main. Les mêmes gestes quotidiens. Café, twitter, mail, Instagram. Les yeux encore pantouflés, je n’arrive pas à me connecter.  Ahh, je verrais plus tard. Je prends mon pc et me met en chasse d’un job. Je n’arrive toujours pas à me loger. Bon. Café fini, toilette rapide, je sors.
Malgré la pluie, j’ai besoin de sentir l’air frais dans mes poumons. Je marche cacher sous mon vieux parapluie cassé. Je croise Alex, mon pote depuis le lycée -Hey, Salut Alex !
Ses yeux, vides, se posent sur moi, avant de m’ignorer. Il ne m’a pas reconnue sous mon parapluie ? Vexée, je continue mon chemin vers nulle part. Les rues sont silencieuses, mais je sens quelque chose de palpable dans l’air. Je sors mon téléphone de ma poche. Je n’arrive toujours pas à connecter à twitter. Je pense à toutes ses blagues à deux balles que je loupe, toutes ces photos de chats trop minions. Mince ! Je décide alors d’appeler maman. Mon père décroche
-          Bonjour Papa ! Maman est là s’il te plait ?
-          Bonjour, vous avez dù vous trompez de numéro.
-          Papa… C’est moi, c’est Emy !
-          Je ne connais personne de ce nom la…
-          Papa…
Le bip du téléphone me laisse le cœur baigné d’effroi et ce rythme cardiaque m’indique que quelque chose ne tourne pas rond. Je m’assois et tente de respirer du mieux possible. Je respire 4, je bloque 2, j’expire 5. Calmée, je rentre chez moi. La porte de mon appart est grande ouverte… et cet appart, mon appart… est vide ! Le proprio est à l’intérieur. Il me voit est me gueule de dégager, que ce n’est pas un squat à clodos ! Je n’arrive plus à réfléchir. J’ai besoin d’air. La pluie a cessée et le soleil revient paresseusement. Sur un banc, je tente de nouveau de me loguer sur twitter. Rien. Mail, rien. J’ai faim. Je m’aperçois avec soulagement que mon portefeuille est dans la poche de ma veste. Il me reste assez d’argent pour manger, en espérant que la monnaie n’a pas changé elle aussi ! Et pour une nuit d’hôtel dans un endroit piteux. Je remarque que je n’ai plus de carte d’identité, ni de passeport, de carte de fidélité, de sécu, rien. Mais qu’est-ce qui m’arrive bon sang !
Nerveuse, je rentre au supermarché. Je vise le rayon snacks. Je prends un sandwich et un peu d’eau. Mes yeux vagabondes dans les rayons et tombent sur les caméras de sécurité. Ma tête, mon nom, je n’existe pas ! Une idée me traverse l’esprit. Une idée folle, interdite… Intrépide !
Je sors, sans payer et me met à courir. Loin et sans relâche, je cours. Nerveusement, je lâche un rire, puis un fou rire ! Une pointe de liberté née en moi. Déjà fatigué de cette vie vide de chômeuse, mal vue par la société qui ne m’a jamais tendue la main, je commence à voir ce qui m’arrive comme une chance. Le fil de mes pensées, limpide, me donne une réponse, un espoir. Un sourire naquit sur mon visage, alors que je croise Mr Bron, un sans-abri avec qui j’ai souvent discuté et à qui je donnais un peu d’argent, dès que je le pouvais.
-          Mr Bron, Bonjour ! Tenez, c’est pour vous !
-          Oh merci madame ! Mais il ne faut pas ! Vous avez l’air plus affamée que moi, rigola le vieil homme, à qui il ne restait plus beaucoup de dents.
-          Non, j’insiste. C’est de la part de votre amie, Emy.
-          Oh… je ne connais pas de Emy, dit-il avant d’ouvrir le paquet et de renifler l’odeur du pain.
 
6 Mois plus tard.


Je suis adossée au mur, à l’accueil de la gendarmerie. Je me déguise en femme de ménage, écoutant les inspecteurs se casser les dents sur une affaire qui date depuis 6 mois.
-          Jeanne Doe a recommencée, avant-hier ! Encore une banque ! Personne ne peut me faire un putain de portrait de cette femme ! Pas d’empreintes, ni de nom ! Pas le moindre indice ! Personne ne sait qui elle est, où elle vit, pas de traces aux impôts, a la sécu ! Rien ! L’inspecteur Stors était visiblement à cran et la pale couleur violette sous ses yeux marquaient son manque de sommeil. Je vais devenir fou…
-          On a reçu un appel de médecins sans frontières ce matin, elle leur a versée la totalité de la somme qu’elle a volé. La semaine dernière c’était pour la recherche pour le cancer et encore avant, c’était pour le Japon. Je ne sais pas, dit son collègue, on dirait une robin de bois des temps modernes. Je trouve ça plutôt culotté et au fond, elle n’a pas tort…
-          Non mais tu entends ce que tu radotes ! La loi, c’est la loi ! Et je finirais par la coincée !
-          T’es bien parti pour Stors!  Le collègue de l’inspecteur rigola, avant de me dire poliment bonjour dans le couloir où je passais le balai, satisfaite et amusée de la situation. 
 
 
 
 
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Défi
Orcrane

J’entre dans cet entre-monde. Le bleu de l’infini, qui m’entoure, qui m’apaise, où le temps s’écoule si lentement, doucement, avec grâce. Les rayons du soleil se dispersent au travers du prisme de la surface, réchauffant ma peau rugueuse. Je reviens à mon monde originel, là où je suis née, là où j’ai évolué. Et perdue dans la beauté, je me laisse sombrer, toujours un peu plus profond. Plus rien ne compte, plus rien n’a d’importance, je ne pèse pas plus d’une pensée, je ne vaut pas plus que le vent. Je m’enfonce dans les profondeurs sombres, les yeux fermés, j’abandonne. Onirique est ta présence, je sens ta main dans la mienne, ta voix dans la tête. Toujours aux plus profonds, je ne vois plus rien que la noirceur du vide, dans mon corps sans volonté, je ressens cette seconde. Celle qui emporte avec elle, ma dernière conscience, mon dernier souffle et le doux souvenir de ton visage. 
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Défi
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Le choc est violent. Je peux sentir la ceinture de sécurité qui retient mon corps lourd à mon siège mais ma tête, dans un geste brutal, percute le pare-brise. Quelques secondes encore de conscience, je sens certains de mes os broyés, mon sang qui coule. Puis plus rien.
Je trouve le temps long dans cet entre monde. Je n'ai plus de repaires ici, il fait étonnamment chaud et je me sens effroyablement seule. Doucement, la brume de mes yeux se dissipe.
À l'est, le soleil pointe doucement le bout de son nez. Je me retrouve dans un endroit somptueux, bordé d'une rivière qui s’entend paresseusement entre de majestueux arbres verts émeraude. Une prairie s’étend jusqu’à l’ouest et un peu plus au sud. Le calme y est presque parfait, seulement rompu par le bruit de l'eau et de la douce brise qui me rafraichit le visage fatigué.
Le ciel avait pris une teinte rose orangée alors que le soleil continuait son ascension. Au loin, je vis une silhouette se mouvoir en ma direction. Plus elle se rapprochait de moi, plus je distinguais son visage. Elle n'avait pas changé. J'ai du mal à y croire, mais alors qu'elle se tient devant moi! Le sourire aux lèvres, mon cœur saute un battement et je me retrouve dans ses bras. Je la sers tout contre moi, pour m'imprégner de sa présence. Mes larmes s'écoulent dans un flot intense, elle me rassure, me disant que la mort n'est pas si terrible, qu'elle n'a pas souffert et qu'on lui manque. 
« Tu nous manques aussi, si tu savais… » Mes mots sortent de ma bouche de façon incertaine. « Je suis désolée pour tout, désolé de ne pas avoir été là dans tes derniers instants. Je t'aime si fort… C'est tellement dur sans toi…»Alors qu'elle s'apprêtait à me dire quelque chose, je sentais une sensation désagréable dans mon corps. La seconde d'après, mes yeux s'ouvraient péniblement.
Elle n'est plus là. Je cherche son visage dans la myriade d'yeux appartenant secouristes qui me fixent alors qu'ils me déplacent péniblement sur un brancard. 

Elle n'est plus là. Sa présence a disparue, dissipée dans une autre brume d'un autre crépuscule.  


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Orcrane
Je brille d'une lueur millénaire, aux couleurs uniques, aux émotions anciennes comme le monde, mais au visage neuf de la vie nouvelle. J'ai entendu beaucoup et appris davantage, au travers de mes yeux fatigués. J'ai foulé cette terre d'un pas lourd, mais toujours la tête dans les nuages et entre les deux, le silence d'un cœur à l'arrêt. Je me suis noyée dans le courant de la vie, abandonnant tout espoir, j'ai baissé les bras devant tant d'horreurs. J'ai couru après le temps et les rêves avant que ma vie ne m'échappe. Mais rien, jamais ne dure, pas même la force et le courage. Et pourtant...  nul besoin de courage quand tu as tout perdu. Nul besoin de courage quand l'instinct animal prend le dessus. Nul besoin de courage quand, brisé, le corps se lève. Quand nous sommes à l'orée de toutes choses, quand le monde change... Quand le temps passe et les gens délaissent, quand le chaos règne en maître et qu'il ne reste plus rien de nous... C'est à ce moment, quand nous passons entre les voiles du rêve et de la réalité et que nous sommes les courageux sans courage. Nous faisons preuve de force alors que l'on ne tient plus debout. Nous ne lâchons rien quand bien même, plus rien ne nous retient. C'est à ce moment-là que nous comprenons que nous sommes en vie par amour. Cet amour primaire qui se cache de nous. Le plus cruel de tous, qui un jour, viendra reposer nos corps sans vie aux portes de la mort. Cet amour est l'amour de la vie elle-même.
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Nightwish - The Greatest Show on Earth:
La beauté et la grandeur de notre monde sont incomparables. La force invisible frappe, étend et disperse la vie. Elle s’emballe, brille et ne cesse de croitre. Du confins de notre univers jusqu’à l’arbre de nos gènes, elle est autour de nous, vibrante. Paisiblement, elle fait son chemin dans l’histoire. La perfection de son origine, elle est fille des étoiles. Poussière de magie, elle fait vibrer nos cœurs depuis toujours. Les premiers pas sur la Pangée, les premiers rayons du feu et la fièvre de la physique quantique, tout est là. Le plus grand spectacle au monde enfantera notre futur aux yeux du ciel, qui jura protection de nos terres. Nous ne sommes rien, insignifiants et pourtant, joyaux de l’univers. L’unique soubresaut, caprice de la logique, que nous ne pourrions comprendre. Il faut prendre le temps et chercher en soi l’animal, parmi ceux qui nous entourent. Primaire et sauvage, nous avons grandi. Assoiffé de pouvoir, vénal humain, la destruction est bien là, notre maître mot. À quand le grand final ? Quand nous ne chercherons plus à comprendre, à s’émouvoir ? Quand nous aurons fini par perdre la vision de la beauté dûment créé, quand toute la poésie du monde s’effacera ? Que deviendrons-nous ? La race pittoresque capable, mais apeurée et affaiblie. On tuera l’absolue qui nous a fait, le hasard de notre chance. Les grands noms, les découvertes, tous rendrons leur dernier souffle. Nous étions là. Mais nous n’avons pas pris le temps. C’est lui qui nous a attrapés. Il nous a mis à genoux et notre monde nous a survécus. Nous étions une seconde dans l’immensité, rien de plus. L’étincelle vibrante n’est plus, étouffée par les mers. Nous avons rendu sa liberté à notre monde, qui lui, vit enfin sereinement...
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Défi
Orcrane


Je me souviens encore de ce matin-là. Planté fièrement depuis des années dans la cour d’une jolie maison, mon propriétaire me regardait. Nous sommes amis d’enfance lui et moi. J’ai tant de souvenirs, de ces premiers pas, de ces jeux d’enfants où, fièrement, il grimpait dans mes branches à la recherche d’autres navires pirates ! Quel casse coup aha ! Nous avons grandi ensemble, lui et moi. J’ai vu grandir ses enfants, qui eux aussi, jouaient avec moi. Je leur donne de l’ombre l’été et pour Noël, ils me décorent de mille babioles farfelues ! Je suis leur arbre.

Je me souviens encore de ce matin-là. J’ai senti son regard triste se poser sur mes feuilles bientôt jaunies par l’automne. Toutes ces émotions, je les sentais bouillir dans ma sève. Puis il partis. Me laissant là, seul et inutile. Tant de mois on passés… Mon pauvre cœur d’arbre n’avait que le vent et les oiseaux pour lui tenir compagnie. Ce fut à nouveau l’été quand deux enfants accoururent dans mon jardin. Quelle surprise ! Mon cœur fut en joie, de tant de rires et de vacarme !

Cette famille, était bien différente de la mienne, de celle qui m’avait planté là. Je n’ai jamais vu la femme, mais l’homme… Il était grossier et n’aimait rien. Il passait son temps à râler sur ces pauvres enfants qui ne demandaient qu’à jouer ! Il leur avaient même interdit de me toucher ! Moi ! Arbre centenaire ! J’en ai vu passer des enfants mais c’est la première fois que je voyais ça. Quelle tristesse.

Cette homme n’aimait rien et surtout pas moi. Je l’ai compris le matin où un bruit métallique et funeste me réveilla. J’étais horrifié. Il avait tout changé dans mon jardin, j’aurais dû me douter que mon tour viendrait. Oh cette lame si froide m’arracha à mes racines. À plusieurs reprises, elle me réduisit en petit bois. Pendant très longtemps, mes restes furent entreposés à la vue de tous, mes anneaux à l’air. Quelle humiliation.

Et puis vint l’hiver.

Ce sont mes derniers instants, posé sans vergogne dans l’âtre et câliné par les flammes, je m’endors.. J’ai réchauffé tant de fois le cœur de ma famille que j’aimais tant… et aujourd’hui… Je réchauffe les mains de ces gens au cœur de bois...

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Orcrane

Tous ces rêves dénudés
Ses nuits sans sommeil,
Et le visage salit de larmes
Du vide à côté.


Une vague emporte mes pensées
Dans un royaume sans soleil,
Face à ce présent, je n'ai aucune arme
Et tant bien que mal, je veux oublier.


De cette vie qui ne sait où aller
Tapis dans l'ombre, la bête veille,
Enivrante, blindée de tous ses charmes
Attendant le jour qui ne viendra jamais.

 
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Défi
Orcrane

Maman vient me réveiller... C’est l’heure d’aller à l’école! Encore endormie, je me roule dans mon lit encore tout chaud, d’une nuit pleine de rêves. Péniblement, j’ouvre les yeux. Le visage de maman me sourit. Son visage me remplit de bonheur. Je me lève et file d'un pas trottinant vers le canapé. Devant mes dessins animés préférés, je prends mon petit déjeuner avec appétit. Il fait bon à la maison et mes petits petons nus, dépassent joyeusement du bord du canap'. Concentrée sur la tv, maman coiffe mes cheveux, avec douceur, dans un rituel silencieux. Ce moment me semble d’une éternité magnifique. Figé dans le temps, je peux encore entendre le son de la tv, la sensation du soleil de printemps, ses mains dans mes cheveux. Précieusement, je garde ce souvenir, comme pour garder ma mère près de moi. Cet instant que j’aimerais revivre, une dernière fois. Sans le passé derrière, juste le futur devant et l’espoir d’une vie, aussi belle que cette minute au soleil.
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Orcrane

Un vide incertain, qui s'emplit d'eau salée, oubliant d'oublier le corps alourdit. L'heure pèse sur l'âme meurtrie, que seul les pleurs libèrent, que seul son âme erre, tous ces mots dont on fait fi. Un jour l'espoir revivra dans l'aurore, comme une larme qui s'efface. De ce corps toujours las, un jour l'espoir, comme une fleur, qui vient d'éclore. De l'intérieur vient un écho. Et l'heure, toujours se poursuit, comme une larme qui luit, avant le jour de nos yeux clos. La fin est proche et les larmes ce sont enfuies. Je n'entends plus rien, plus un cri. Toi, l'espoir auquel je me raccroche.
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Orcrane

Regardant le ciel et l’étoile, je pense à toi.
Le temps, faisant son office,  m’a recouverte de ton impertinente absence.   
Même si la pluie continue à tomber et que l’automne recouvre ton visage,
Je sens encore le contour de ta main dans la mienne.
Aujourd’hui, je n’ai que le passé, pour être avec toi, à tes côtés.
Comment faire pour vivre, alors que tu as pris l’autre chemin ?
De mes bonheurs, tu n’en serras rien. Ni du monde à l’aube des nouveaux jours.
Maintenant, il fait froid et ton ombre se languît de toi.
Et dans mes yeux enfin, l’hiver s’installe. Mon amour pour toi, veille à présent sur moi.
J’en suis sûre, on se reverra un jour. Entre deux secondes, quelques larmes.

Allonge-toi, repose-toi pour toujours, dans les jardins de mon coeur.  
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