Suivez, soutenez et aidez vos auteurs favoris

Inscrivez-vous à Scribay et tissez des liens avec vos futurs compagnons d'écriture.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de null

cestdoncvrai

La Roche sur Yon.
cestdoncvrai
Naola n’a que 16 ans lorsqu’elle décide de fuir la maison familiale à la suite d’un événement traumatisant. Elle va se retrouver plonger dans le monde des adultes, un monde brutal où la société est corrompue par l’Ordre, une organisation para militaire. Au gré de son voyage, elle rencontra nombre dangers, de créatures extraordinaires, de sorcières et de sorciers qui l’entraîneront bien loin de chez elle.
101
140
312
198
cestdoncvrai
Melody a huit ans et elle adorerait pouvoir jouer sous la pluie. Juste une fois. Mais la pluie est acide. La pluie fait fondre les choses et les gens. La pluie, c’est un truc de grands. Même sa mère, qui est pourtant la sorcière la plus forte du village, la craint.
Alors que se passerait-il, si, un jour, l’averse ne cessait plus ?
10
25
0
55
cestdoncvrai

L'histoire que vous avez sous les yeux prend place dans La Fédération des Enchanteurs. Cela fait presque trois ans maintenant que nous avons commencé l'esquisse de cet univers, et de coups de crayonnés en pots de peintures étalées, dans nos têtes, c'est une véritable fresque qui un jour a demandé à quitter l'intimité rassurante de nos claviers. On s'attache à ses personnages, on s'enferme dans ses propres habitudes... Il était temps de sortir voir le monde.


Quelle meilleure façon de savoir ce que c'est que d'écrire et d'être lu, même par un petit nombre d'étrangers (hors du cercle famille/amis, s'entends), si ce n'est en tentant le coup ?


Pour atteindre cet objectif, il nous semble indispensable de rendre le livre disponible, de le promouvoir, de le diffuser. Donc de le mettre en téléchargement libre. Nous avons donc placé l'ouvrage en licence CC-BY-SA-NC 4.0. Vous pouvez même télécharger le e-pub, directement sur Scribay !


Cela signifie que vous pouvez le copier, le prêter, le modifier et le diffuser à volonté, à condition de ne pas le commercialiser et de le partager sous les mêmes conditions. Tout en citant l'auteur du livre. Cloé et Tat ou cestdoncvrai, à votre convenance.



Bonne lecture !
12
28
0
466
cestdoncvrai
Pour toi qui, peut-être, ne sera jamais nommé, j’écris ces lignes, mon fils.
1
1
0
7
cestdoncvrai

Naola a repris les cours, mais n’abandonne pas le Pub du vieux vampire. La petite serveuse de Mordret y retourne pour ses vacances. Des vacances plus agitées qu’elle ne l’avait prévu.


"Les mécartificiés" est le second tome de Bienvenue au Mordret's Pub et suit "La petite serveuse".


Bienvenue au Mordret's Pub fait partie du cycle de la Fédération des Enchanteurs.


Bonne lecture !
15
4
59
66
Défi
cestdoncvrai
Damed ! Il manque le mousquetaire !
Cloé
28
17
0
4
cestdoncvrai
Chère Consoeur,

Par la présente, je sollicite l'accord officiel de la Confrérie quant aux démarches que je souhaite mettre en oeuvre concernant Amalia Elfric.
Née Hohenhoff le 13 septembre 1875, elle présente une capacité innée liée à l'empathie. Je l'ai personnellement repérée le 4 décembre 1881 lors d'une visite à la Capitale fédérale. Le recrutement de 1885 a échoué (notes consignées au N°188100006387).
Au vu des évènements à venir sur son lieu de résidence actuel (Aon - Congrégation Atlantique), j'envisage un nouveau recrutement, conformément à l'accord sur l'innovation Confrère de l'été 1894.

Avec tout mon respect,
Maître Kentigern, Officiel de Rang Trois

-----------------

Cette histoire fait partie du cycle Confrérie. Il peut être lu séparément de La Fédération des Enchanteurs, mais se déroule dans le même univers :)
1
0
0
82
cestdoncvrai
La défaite de Maison Haute ne représente rien. L'Ordre se relèvera. L'Ordre poursuivra les plans de Leuthar. L'Ordre soumettra la Fédération, quoiqu'il en coûte. Il le faut. Avant qu'il ne soit trop tard, avant que les humains ne détruisent de nouveau la Terre. Sorciers, prenez vos responsabilités.
0
0
0
115
Défi
cestdoncvrai
Damed ! Il manque toujours un mousquetaire !
Tat
6
8
0
3
Défi
cestdoncvrai

L'espace, foi de circonvolution, ça n'a pas l'air bien passionnant. Pas au point de délaisser le jeu le plus passionnant du monde au profit de greluches aliens aux fines jambes.
J'l'ai dit à Timmy, mais tu parles, il m'a pas écouté. Pourtant ma baudruche, cette fois, franchement, il aurait dû !
Quinze jours qu'il est en vacances, le mioche. À son arrivée, les grands-parents me l'ont présenté. Parfait petit compagnon de jeu. Le matin levé à l'aube, il court sur la plage, il joue toute la journée. Moi je clapote au gré des vaguelettes azur quand il se lasse de ma ronde personne. Je l'observe, je médite sur la vacuité du monde. Moi qui ne suis fait que d'air, j'aime l'ironie de la chose.
Non d'une épingle, ç'aurait pu demeurer ainsi l'éternité, mais il a fallu que les extra-terrestres débarquent ! Ah ! Il faut admettre qu'ils savent ménager leur entrée, les étranges étrangers... étrangères en fait ! Un bruit à faire péter les membranes, du feu dans le ciel et une comète incandescente qui fonce sur la place, ricoche contre les rochers, joue au flipper sur le récif et finit par amerer dans la crique. Un mètre de fond pour un engin de cinq de haut. Vapeurs d'eau salée, fumée des engins, brouillard et vacarme sifflant de la mer en ébullition.
Je peux pas lui reprocher, au mioche qu'a assisté à tout ça depuis la terrasse sur pilotis de la cahute de vacances... je peux pas lui reprocher de courir droit sur la plage, moi sous le bras, voir de plus près ce que c'est que ce foutoir. À la rigueur, j'peux en vouloir aux deux vieux de l'avoir laissé tout seul ce matin.
Timmy arrive au bord de l'eau et de surprise voilà qu'il me lâche. Je roule sur le sable, jusqu'aux vaguelettes qui m'enveloppent et hop. Activité clapotage pendant l'invasion de la Terre. Veinard que je suis !
Il faudrait pas croire que j'ai pas tenté de le sauver, le petit. Depuis le début je lui fais genre « Mauvaise idée mon gars... » ou « Ohh la curiosité est un vilain défaut le mioche » ou « Barre toi, putain, barre toi ! ». On n'a pas idée de faire des petits d'homme aussi cons. Et l'instinct de survie gamin ? Darwin s'est assis dessus ?!
Bon v'là que les naufragés du ciel s'extirpent du module de vol. Au passage, classe le module de vol. La forme de la capsule, cela dit, témoigne du raffinement de ses hôtes. C'est une sphère. Elle est presque sexy, me dis-je avec sur plaques de métal argenté. Enfin vu la taille du bousin, je vais même pas chercher à l'aborder. Cinq mètres de circonférence, c'est définitivement trop gros pour moi.
Timmy, timide, m'a abandonné au clapotis des vagues et il se cache. Le con. Quand tu te caches, sauf si t'es très bon, ce qu'est pas ton cas, tu peux plus voir ce que t'étais venu observer.
Il loupe un truc. Les aliennes sont chaudasses. Deux nanas en toge blanche-mouillée-on-voit-tout-mesdemoiselles. Humanéïforme (bien sûr. Des shpériformes ne se seraient pas plantés comme ça dans leur pilotage) et charnues aux hanches et aux seins. J'aime les charnues, celles qui tendent vers le ballon.
Deux jambes, deux bras, une tête, des fesses, pour l'instant je dirais des cousines de Timmy. Avec des seins, une coiffe bleue qui doit être des cheveux (Timmy change de coiffe souvent, des fois c'est des poils des fois c'est du tissu rouge. J'avoue qu'en tant que balle glabre, ça me laisse perplexe, la capillarité des humanoïdes) et des ailes de libellules, je dirais que finalement, y'a pas grande différence avec la morpho du mioche. Même si comme le mioche est sec et plat comme un bâton, j'aurais tendance à dire que les aliennes sont quand même plus chaudasses que lui. D'avis de baudruche, en tout cas.
Je clapote, je clapote, mais v'là qu'une des deux nanaliennes se rapproche du gamin qui concaché comme il l'est la voit pas venir (Faudra qu'on m'explique pourquoi il a couru jusqu'à la plage si c'est pour tout manquer du spectacle !). Elle lui tombe dessus. Au sens littéral. Elle s'abat sur lui et le plaque sur le sol. Timmy se débat un peu. Elle plonge ses deux mains dans sa poitrine. Il a l'air de crier sa mère de douleur, mais y'a pas un son qui sort. Il se tord, il fait bouger ses jambes, il repousse l'alienne, tout ça dans le silence. Pourtant, Timmy je le connais, dès qu'il peut faire du bruit, il le fait. Je suis un peu blasé. En deux minutes, cette fille a trouvé son bouton « mute » alors que moi ça fait deux semaines que je le cherche.
Timmy bouge plus et l'alienne donne l'impression qu'elle s'engouffre dans lui. Elle fond, elle fusionne et elle disparaît. Puis Timmy bouge à nouveau, mais ça n'est pas lui. Ma membrane qu'il s'est fait buter. J'l'ai dit à Timmy, d'être prudent, mais tu parles, il m'a pas écouté. Pourtant ma baudruche, cette fois, franchement, il aurait dû !
— T'es genre hyper bruyant...
J'suis arraché à l'eau par deux mains d'aliennes qui ressemblent fort à des mains de pas aliennes. La deuxième, je l'avais perdue de vue. Elle s'est rapprochée et v'là qu'elle me monte à hauteur de ses yeux. Elle détaille mes rayures avec tellement d'intensité que je sens ma membrane se rétracter. Elle fait les yeux ronds, elle me retourne dans tous les sens. Ça fait drôle de se faire tripoter par une nanalienne. Je crois que je kiffe.
— T'es dégueulasse !
Qu'elle dit en me jetant en l'air. Elle me fait faire des petits bonds en l'air. Ma baudruche crisse de plaisir. Je kiffe. Merci nanalienne, tu va prendre ma vie comme ta chaude consœur a pris Timmy, mais au moins toi quand tu le fais, c'est plaisant.
— De rien. Et rassure-toi, je ne vais pas t'absorber. Ça serait bête, t'as l'air trop vide.
Alors déjà je t'emmerde, répliquais-je, outré de l'insulte. Ensuite l'air c'est pas du vide. Ensuite si on en croit les dernières études physiques, l'univers est constitué de plus de vide que de plein, par conséquent toi aussi t'es bien vide, grognasse.
— Reste polie, baudruche.
Bordel, mais t'entends quand je pense !
— Bha... ouais.
...
— DXIosTkpl, tu t'en sors ?
Demande-t-elle à sa compagne, vu que je réponds pas. L'autre arrive dans le corps de Timmy qu'est bien mort et qui aborde maintenant un regard bleu azure des plus effrayants. Elle était bien plus chaussage en mode elfes des étoiles, DXIosTjpl.
— C'est un jeune. Il n'a aucune idée d'où on pourrait trouver un inverseur à stephen tripolarisé d'omniuml fermenté à l'acidatruciole binaire.
Réponds Timmalienne avec une moue dépitée.
— Nan, mais sérieux, baudruche t'es obligé de commenter tout ce qui se passe sous tes yeux ? Tu te crois où là ?
S'énerve la fille qui me tient toujours dans les mains.
— Arrête !
Ho hé hein ! Faudrait pas que tu commences à me pomper l'air nanalienne ! Si ça te fait chier de m'entendre penser t'as qu'à pas écouter. Et me faites pas chier parce que moi je sais où trouver votre inverseur à stephen tripolarisé d'omniuml fermenté à l'acidatruciole binaire, tentais-je à tout hasard.
— Tu mens, fit Timmalienne.
— Non, je mens pas, mentis-je.
— Adieu baudruche !
Une sentence de mort. Les mains me compressent et j'explose. Le milliard de mes molécules d'air se dispersent, s'envolent et s'élèvent vers les astres. Et dans un dernier effort, je souffle :
— Adieux humains... et bon courage avec les Nanaliennes...
Fin
4
11
0
5
Défi
cestdoncvrai

Jestak respirait fort. La pente était plus raide que ce qu’elle avait imaginé. Le chemin était peu praticable, elle calait sa marche sur le rythme de son souffle. L’air s’engouffrait dans sa gorge, gonflait ses poumons, sifflait : un pas. Ses tissus se contractaient, expiraient le flux : le pas suivant.
Le nez sur ses grosses chaussures, elle regardait à deux ou trois mètres devant elle, pas plus. La pierraille laissait des rayures claires sur le cuir brut parsemé d’une fine poussière ocre. Un brin de verdure, une petite plante recroquevillée sur elle-même pour protéger un éclat de mauve, vif. Le bord escarpé du passage, un virage, encore un. Il ne lui restait que quelques heures de marche. Un virage, encore un. Un caillou poussé par les crampons de ses galoches fit un plongeon dans le vide, ricocha contre plus grand que lui et entraina le sentier dans un modeste éboulement. Le tonnerre de la chute la fit sursauter, son pied ripa, elle glissa, se raccrocha à la paroi, à sa gauche et enfin, releva la tête.
« Wow ! »
Sous ses yeux, en contre bas, il y avait la capitale qu’elle avait quittée au point du jour. La ville en elle-même ressemblait à toutes les autres, enchevêtrement de béton, d’acier, de verre et de vert. Les arbres, ici comme ailleurs, avaient repris leur droit sur l’urbanisme aseptisé de la cité. On devinait ici et là des vestiges d’anciennes autoroutes, à flanc de montagne.
L’herbe courrait dans les rues, le lierre escaladait les structures qui défiaient toujours le ciel et l’apesanteur, même après des siècles d’abandon. Spectacle commun, mais ce qui le rendait poignant c’était le lac.
Les flots, tout le long des rives et jusqu’à des kilomètres du bord, étaient d’une profonde couleur ambre. L’acide avait rongé les berges, le port de plaisance dont les bateaux avaient été dévorés il y a fort longtemps ressemblait à un bijou en or fin. Les quais, couverts de souffre, sertissaient le liquide bakélite d’un savant entrelacs de lignes sculptées par le vent. Vers le centre du Léman, l’acide draguait l’eau bleue pour former de larges volutes que les courants faisaient danser, ombres jaunes sur une toile de turquoise.
Autrefois, le lac avait été bleu. Il servait à la pêche, aux sports d’eau, aux transports. Des plages avaient été aménagées sur plusieurs berges. Et la montagne, juste à côté, avait été déboisée pour permettre de la recouvrir de neige et skier été comme hiver. Il régnait alors dans la région frontalière une activité incessante. Mais tout cela, aucune créature vivant actuellement l’avait connu. L’agitation de cette humanité s’était éteinte avec les famines et les guerres civiles, deux cent cinquante ans plus tôt, à cause des Cataclysmes.
Jestak était très loin de penser à tout cela pour l’instant. La femme, le sourire aux lèvres, s’assit, les pieds calés sur les saillies de la paroi en dessous d’elle. Le temps de reprendre son souffle suffirait à ce qu’elle s’enivre du balai lymphatique qui s’offrait à son regard. Il y avait dans le mouvement extasié de sa bouche la satisfaction dérisoire de penser que peu d’humains contempleraient un jour cette merveille. Affronter les Alpes, ses pentes, ses neiges et ses cols, peu s’y risquaient, désormais.
« Jestak ! »
Elle releva la tête vers son nom et aperçut Malaka, à une cinquantaine de mètres de dénivelé au-dessus d’elle. Peut-être avait-elle finalement mésestimé le chemin parcouru. Peut-être avait-il finalement décidé de rapprocher leur campement. C’était possible. Les sentiers qu’elle avait suivis à l’aller étaient bien plus praticables que ce qu’ils avaient imaginé. Elle les avait laissés trois jours. Un demi pour descendre, un et demi pour explorer le complexe scientifique et presque la journée pour quitter la vallée.
« Belle vue, hein ? répondit-elle, tête en arrière pour lui offrir un sourire en demi-lune.
— Tu montes nous rejoindre ?
— J’arrive ! »
Ce qu’elle aurait mis une heure à grimper au rythme de son souffle, elle l’expédia en moitié moins de temps. Arrivée sous la corniche, elle envoya son sac à dos au-dessus d’elle avant de se hisser à leur niveau. Malaka lui saisit le bras et la tira vers lui. L’enlaça, l’embrassa. Et ils rirent, ivres de se retrouver, et ivres du spectacle grandiose que seuls leurs yeux, à des kilomètres, contemplaient.
« Jestak ! s’écria la gamine qui dévala la pente douce vers sa mère et le vide pour se jeter dans ses bras.
— Faï. » souffla la femme en refermant son étreinte autour de son enfant, heureuse de ces retrouvailles sur les toits du monde connu.
Il ne leur fallut qu’une dizaine de minutes pour plier le campement sommaire que Malaka avait établi, à l’ombre d’un promontoire rocheux, à l’abri du vent. Faï, à quatre ans, ne portait pas grand-chose, mais courrait, petit chamois infatigable, devant, derrière, au-dessus de ses parents. Ils avaient depuis longtemps cessé d’avoir peur pour elle. Sur la rocaille, elle avançait à l’instinct. Lorsqu’elle en avait marre de gambader à fleur de précipice, elle revenait. Sa mère la hissait contre sa hanche et la famille marchait moins vite. Cela avait peu d’importance, ils n’étaient pas pressés.
« Tu as trouvé des trucs intéressants en bas ? » demanda Malaka.
Il suivait l’enfant évoluer quelques mètres devant eux. Il portait la tente, les fins matelas en laine, le réchaud et son matériel de peintre. Jestak avait leurs vêtements, les provisions et tout le fatras qu’elle avait rapporté de son expédition. Ils avaient laissé le poney dans la vallée précédente. Il y avait là bas un petit village où ils avaient passé quelques jours. Leur marche allait les y ramener.
« Ouaip » répondit-elle en faisant tinter le métal récupéré dans sa besace. Des composants. Beaucoup de machine dans le labo. La bibliothèque et les archives ont brûlé, mais j’ai trouvé certains postes protégés. C’était une sacrée installation là dessous.
« T’as réussi à reconnecter les ordinateurs ?
— Non, leur réseau était HS, mais j’ai ça… »
Elle sortit un petit porte clés de sa poche et elle agita les cinq fines tablettes aux allures de granite qu’elle fit s’entrechoquer entre elles. Des réserves de cellules qui conservaient des exaoctets de données.
« Des bases de données. Ils bossaient sur du quantique, entre autres trucs amusants. Trois tablettes pour les Yasards, une demi pour moi. Le reste… ça devrait bien se revendre. »
Malaka rit et applaudit, enthousiaste. Sa voix se répercuta sur les flancs de la montagne et Faï rit à son tour, juchée sur un rocher, les mains en entonnoir, pour faire de l’écho.
« On devrait avancer, au labo, avec ça, » poursuivit Jestak avec un petit sourire.
L’homme s’arrêta net, incrédule :
« Ça veut dire qu’on prend le chemin du retour ça ?
— J’en ai bien peur » répondit-elle, radieuse, en avançant.
Il se remit en marche, gagna son niveau et passa une main sur sa hanche et ils marchèrent ainsi, côte à côte. En descente, ça n’avait rien de pratique, mais ils s’en moquaient. C’était une bonne nouvelle, leur errance durait depuis plus d’un an. Malaka avait des carnets pleins de couleurs des paysages qu’ils avaient traversés. Sa mission à elle était de chasser les connaissances perdues, son travail à lui c’était de capturer ce qu’aucun de ses contemporains ne pourrait jamais voir. La lumière, le vivant, là où il y a des siècles, ils avaient semé la mort. L’un comme l’autre œuvrait pour la Confiance, une organisation dédiée à la diffusion d’un climat optimiste envers l’humanité. C’était la raison de leur longue marche vers le Nord-Ouest. Ce soir-là, quand la petite se fut endormie, lovée dans son hamac garni de lin, ils firent l’amour, pour fêter ça.
La journée et la suivante ne furent qu’une succession de pas vers le zénith. Se lever, manger, plier le camp, marcher, trouver un endroit pour que Faï puisse faire la sieste et repartir, en montée, en descente, dans le cours à sec d’une source… Il n’y avait qu’eux pour braver la magie minérale des défilés qu’ils parcouraient.
À la fin du troisième jour, la pénombre, précoce à cette altitude, leur tomba dessus plus tôt qu’ils ne l’avaient escompté et elle s’accompagna d’une pluie fine qui les innonda en un temps record. S’ils n’avaient pas aperçu, en contre bas, les lumières de la bourgade où ils devaient faire étape, ils auraient dressé la tente dès les premiers signes de mauvais temps. Mais ils avaient hâte de retrouver un peu de confort et Faï, surexcitée, les pressait de se dépêcher. Comment une enfant pouvait-elle, de ses frêles et petites jambes, distancer aussi facilement deux adultes pourtant en très bonne condition physique ?
Finalement, ils passèrent le seuil du préau des Communs, au centre du village. Enfin au sec, Jestak laissa tomber son chargement sur le sol avec un soupir satisfait. Elle défit la tresse de ses longs cheveux détrempés pour les débarrasser de l’eau qui les alourdissait, elle retira son vêtement de pluie. Malaka l’observait, à l’orée du cercle de lumière tremblotante qu’émettait la lanterne des Communs, seul, mais indispensable éclairage public du bourg. Il se régalait de tous ses mouvements et se disait que, ce soir aussi, il fêterait bien cela. La fin de leur marche. Il savait qu’à l’intérieur du bâtiment ils trouveraient des lits secs, de quoi se restaurer. L’installation auto mécanique s’assurait que l’accueil de tous les voyageurs soit agréable. D’autre part, on attendait leur retour. Faï s’était déjà engouffrée dans l’ouverture, à la recherche des gosses du village avec qui elle avait sympathisé. Elle revint, sur la pointe des pieds, et passa la tête dans l’embrasure de la porte :
«Maman, y’a des messieurdames qui te cherchent… »
Jestak fronça le nez, intriguée. Malaka et elle entrèrent pour se retrouver face à un homme et deux femmes installés à l’imposante table à manger. L’une des deux se leva et vint à leur rencontre.
« Jestak Kahina ?
— C’est moi. » répondit l’intéressée. Mais elle n’observait déjà plus son interlocutrice, car toute son attention s’était portée sur l’homme. Un géant à la peau très noire qui lui rendit son regard accompagné d’un sourire blanc que seul le contraste entre sa pigmentation et sa dentition rendait possible. Il se redressa à son tour, lui tendit une main amicale. Elle n’avait pas besoin qu’il se présente pour savoir ce qu’il était. Son vêtement, un pantalon en lin brut sous une robe cérémoniale en soie claire, parlait pour lui.
« Je suis Herslay Bramm-Ha, madame, et je suis honoré de vous annoncer que le sort vous a désigné comme mon successeur Yasard à l’assemblée Quintal d’Égée. »

*

« Yasard à l’assemblée Quintal d’Égée » répéta Malaka, beaucoup plus tard, alors qu’ils étaient couchés l’un contre l’autre. Elle, blottie au creux de son épaule, lui, les bras passés derrière la nuque. Le Yasard, le représentant d’une région, était désigné par tirage au sort. Ils avaient discuté toute la soirée avec la délégation. Ils avaient quelque peu peiné à trouver leur trace. Jestak avait trois mois pour prendre sa décision. Dès le lendemain, ils harnacheraient le poney et ils repartiraient, avec eux, vers la mer. Une barge les y attendait. Même si elle refusait, ils ne pouvaient pas négliger l’énorme gain de temps que leur permettrait ce moyen de transport. Malaka insista :
« Tu vas accepter ?
— J’ai trois mois pour me décider… soupira la femme. Je vais suivre Herslay dans ses fonctions, voir si ça peut fonctionner… puis j’aviserais… »
Il sourit à demi. Une chance comme celle-ci, ça ne se refusait pas. Ça allait les éloigner l’un de l’autre. Ce serait dur, pour lui, pour Faï et pour elle, mais il croyait en elle et il était persuadé que Jestak ferait une excellente dirigeante. Il conclut, d’une voix pâteuse de sommeil :
« Dans tous les cas, demain, on se remet en marche. »
1
0
0
8
Défi
cestdoncvrai
Le défit « Repentance », se prêtait très bien au développement d'une scène entre deux personnages réguliers du livre "Les résistants" en cours de publication sur Scribay. Attention la scène ci décrite se déroule bien après ce qui a été mis en ligne ici, il y a donc un peu de spoiler...
En espérant que ce couple vous intrigue et que cette lecture vous plaise !
3
4
0
6

Chargement...

0